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Ségolène Royal, une ex-ministre "vigilante" qui veut "aider" Nicolas Hulot

DÉCRYPTAGE - Ségolène Royal multiplie les déclarations, les commentaires et les avis à propos de la politique écologique mise en place par son successeur, Nicolas Hulot.

Nicolas Hulot et Ségolène Royal, le 17 mai 2017
Nicolas Hulot et Ségolène Royal, le 17 mai 2017
Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Marie-Pierre Haddad & AFP

D'ancien ministre de l'Écologie à ministre de la Transition écologique et solidaire. Ségolène Royal suit de près les agissements de son successeur. Ministre de l'Écologie sous François Hollande, d'avril 2014 à mai 2017, elle n'hésite pas à adresser à Nicolas Hulot des conseils sur la politique à adopter en matière d'écologie. Depuis le 1er septembre, elle occupe le poste d'ambassadrice des pôles Arctique et Antarctique.

En octobre dernier sur Franceinfo, Ségolène Royal a estimé que Nicolas Hulot était "un très bon ministre parce que sa vie a été consacrée à la défense de l'environnement donc il est en phase avec sa mission". Mais... elle a poursuivi : "On est là à la charnière, au moment où se nouent un certain nombre de décisions politiques, sur lesquelles je tire une petite sonnette d'alarme, pour l'aider". 

Des "points positifs" et des "points de vigilance"

"Pour lui rendre service, il faut que je sois non complaisante et exigeante". Dans la liste des "points positifs", Ségolène Royal a retenu l'augmentation de 3% du budget du ministère de la Transition écologique, mais aussi "des décisions qui sont prises pour faciliter le raccordement des énergies renouvelables" et aussi "la généralisation du chèque pour personnes vulnérables". 

De l'autre côté, elle a soulevé des "points de vigilance extrême" : hydrocarbures, énergies fossiles. Concernant le glyphosate, elle déclarait sur CNews, le 23 octobre dernier : "Il n'y a pas de raison que la France ramollisse sa position parce que sinon ça sera le château de carte, tout va s'écrouler (...) Si la France qui a reçu la COP21, qui est exemplaire dans le domaine environnemental, passe de l'opposition à l'autorisation, même sur une période très courte, c'est un très mauvais signal et les pollueurs chimiques vont en profiter".

Hulot serre la vis des "territoires à énergie positive"

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Nicolas Hulot a quant à lui demandé un suivi plus strict des projets du dispositif "territoires à énergie positive", qui finance les actions de transition énergétique des collectivités, faute de moyens suffisants pour les financer, a regretté une association de collectivités. Le dispositif, lancé en 2014 par l'ex-ministre de l'Écologie, permettait aux territoires sélectionnés de bénéficier d'aides financières pour des projets visant à réduire la consommation d'énergie, à développer des sources d'énergies renouvelables ou des pratiques d'économie circulaire

Plus de 500 territoires lauréats avaient été désignés en plusieurs temps. Dans une circulaire envoyée aux préfets de région le 26 septembre dernier et mise en ligne par l'association Amorce, Nicolas Hulot appelle les préfets à "appliquer strictement" de nouvelles règles de gestion "destinées à recentrer le dispositif" et l'attribution des aides correspondantes. Faute de moyens, le ministre demande concrètement aux préfets de "vérifier" la "régularité des signatures de conventions" et de les considérer comme "nulles" en cas de défaut dans la procédure, ou encore de refuser "systématiquement" toute demande d'avenant ou de délais dans le démarrage effectif des actions. 

Hulot, une "caution environnementale de gauche"

Ségolène Royal confiait dans un entretien au Parisien avoir "des échanges réguliers" avec Nicolas Hulot. "Il ne me sollicite pas particulièrement, mais on a encore souvent l'occasion de se croiser. Et il m'arrive de l'alerter par texto sur certains sujets, le glyphosate par exemple, ou sur le crédit d'impôt sur la transition énergétique. Sur ce dossier, j'avais vu Bercy venir ! J'ai vu qu'il allait se faire avoir par le ministère du Budget, dont le seul objectif était de réaliser des économies", ajoutait-elle.

L'ancienne ministre raconte également : "Certaines choses m'ont agréablement surprise. Il y a quelques mois, il m'a dit : 'Si j'avais su à l'époque ce que c'est le travail de ministre, j'aurais été moins méchant avec toi' (rires). C'est vrai que, tant qu'on n'a pas été à ce poste, on ne sait pas à quel point c'est difficile. Et combien les critiques peuvent être violentes parfois (...) C'est un poids lourd. Parce qu'il est populaire, qu'il n'est pas du sérail et qu'il représente une caution environnementale de gauche, dans un gouvernement souvent accusé d'être trop à droite. Il apporte un certain équilibre, avec un rapport de force en sa faveur qu'il doit absolument utiliser. Tout ce que je peux faire pour l'aider, je le ferai". 

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