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"Ségolène Royal a besoin d'exister, peut-être un peu trop parfois", juge Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Le temps d'un instant avec le couple royal espagnol, Ségolène Royal a joué avec beaucoup de naturel la première dame mardi 2 juin. le protocole n'explique pas tout, décrypte la journaliste.

Alba Ventura
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Crédit : Elodie Grégoire
"Ségolène Royal a besoin d'exister, peut-être un peu trop parfois", juge Alba Ventura
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"Ségolène Royal a besoin d'exister, peut-être un peu trop parfois", juge Alba Ventura
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L'invité de RTL - Alba Ventura
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Image incroyable mardi 2 juin : François hollande et Ségolène Royal, ont accueilli ensemble, sur le perron de l'Élysée, le roi et la reine d'Espagne, en visite d'État de trois jours en France. C'est sans précédent. C'est même surréaliste.

Voir le chef de l'État avec son ancienne compagne, la mère de ses quatre enfants, accueillir Felipe VI et Letizia, certains trouveront cela choquant. D'autres trouveront que c'est plutôt moderne comme conception de la vie politique. Mais avouez que ce n'est pas banal comme image.
Certes, ce n'est pas la première fois que Ségolène Royal accompagne le Président. Elle était présente à ses côtés aux Antilles en mai dernier. Mais c'était pour le climat, en tant que ministre de l'Écologie.

Ségolène Royal veut compter

Là, pour le roi et la reine, que fait-elle là ? À l'Elysée, on nous explique qu'il s'agit d'une question de protocole. Manuel Valls, pour des raisons d'agenda, n'était pas disponible. Par ailleurs, une visite d'État d'un couple royal n'exige pas la présence du Premier ministre.

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, présidait  la réunion de la coalition contre Daesch. Bref, en l'absence du numéro un et du numéro deux du gouvernement, on a fait appel à la numéro trois. Sauf qu'en mars dernier, lorsque le roi et la reine étaient venus à Paris (ils avaient dû écourter leur visite en raison du crash de la Germanwings), François Hollande les avait accueillis tout seul !

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Tout cela va apporter de l'eau au moulin de ceux qui expliquent que Ségolène Royal est la vice-présidente. Sauf qu'elle n'est pas la vice-présidente. Elle ne dicte pas sa politique à François Hollande. Elle aimerait bien peut-être. En tout cas, elle cherche toujours à peser. Elle veut compter.

Ségolène Royal ne dicte pas sa politique à François Hollande. Elle aimerait bien peut-être.

Alba Ventura

Cela s'est bien vu sur les autoroutes. Début janvier, au micro de RTL, elle voulait geler le tarif des autoroutes. On a bien vu que ce n'était pas aussi simple qu'elle le disait, et le gouvernement ne l'a pas suivie. Elle voulait aussi trouver une compensation à la suppression de l'écotaxe. Là non plus, elle n'a pas obtenu gain de cause.

Parfois, en revanche, elle tombe bien. Regardez sur Alstom. Elle met les pieds dans le plat en soutenant l'offre de General Electric contre celle de Siemens, alors qu'Arnaud Montebourg soutient l'inverse. Le Président a du mal à trancher. C'est elle qui a raison.

Elle est utile pour Hollande

Ségolène Royal elle a besoin d'exister, peut-être un peu trop parfois. Quelqu'un a calculé qu'elle avait envoyé plus de 300 communiqués en un an. On le voit en ce moment sur le dossier de la Conférence Climat de décembre prochain.

Alors que Laurent Fabius prend les rennes des discussions - c'est lui qui va présider les négociations, comme le lui a demandé le chef de l'État -, elle donne une interview dans le journal Le Monde pour dire que les négociations avec l'ONU sont"totalement inadaptées, qu'il faut changer de méthode". Quel culot !

Elle n'a sans doute pas tort. Mais la France ne peut pas se permettre ces dissonances en public, alors que François Hollande a fait de la COP21 l'un des enjeux de sa présidence.

Si François Hollande lui confère une pareille importance, c'est parce qu'il considère qu'elle est un atout, qu'elle lui est utile. Le Président peut paraître ambigu. Mais aujourd'hui, il estime surtout que c'est une professionnelle, qu'avec elle c'est du solide.

Deux partenaires politiques

Ségolène Royal jouit d'une popularité exceptionnelle : 75% de bonnes opinions auprès des sympathisants PS, selon le dernier baromètre Ipsos - Le Point. Elle retrouve les scores qu'elle affichait au moment de la présidentielle de 2007.

Ils ont une complicité politique de quarante ans, sans parler de la vie qu'ils ont partagée. Ils ont commencé à l'Elysée ensemble. Ils se comprennent. Ça, pour un président "isolé", c'est inestimable. Aujourd'hui, ils sont deux partenaires politiques.
Bon évidemment au gouvernement, certains ne manquent pas de pointer un statut privilégié. D'autres expliquent qu'elle a une place à part. Mais elle n'est ni vice-présidente, ni première same. Elle est "Royal", tout simplement.

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