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Sécurité sociale : 5 mesures qui risquent de faire polémique

ÉCLAIRAGE - Agnès Buzyn défend son PLFSS (Projet de loi de financement 2018 de la Sécurité sociale) mardi 24 octobre devant les députés. Il prévoit de ramener le déficit de la Sécu à 2,2 milliards d'euros, contre plus de 4 milliards actuellement.

Agnès Buzyn sur le parvis de l'Élysée, le 28 juillet 2017
Agnès Buzyn sur le parvis de l'Élysée, le 28 juillet 2017 Crédit : bertrand GUAY / AFP
Cécile De Sèze
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Réformer est compliqué en France selon Emmanuel Macron. Le projet de loi sur le budget de la Sécurité sociale devrait être douloureux. Présenté par la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, à l'Assemblée nationale mardi 24 octobre, le texte comporte beaucoup de changements annoncés, dont certains risquent d'engendrer des débats houleux.

L'objectif du PLFSS (Projet de loi de financement 2018 de la Sécurité sociale) est de ramener le déficit de la Sécurité sociale à 2,2 milliards d'euros, contre plus de 4 milliards actuellement. Faire des économies se traduit forcément par diminuer des aides et augmenter les prix, ce qui ne va pas plaire à tout le monde. À commencer par les familles des classes moyennes, particulièrement touchées par les économies voulues par le gouvernement d'Édouard Philippe.

1. Les prestations familiales remodelées

Concernant les prestations familiales, les familles monoparentales s'en sortiront bien. Par exemple avec la hausse du CMG (complément de libre choix du mode de garde) et de la PAJE (Prestation d'accueil du jeune enfant). Il s'agit d'une prestation versée par la CAF pour la garde des enfants de moins de 6 ans. Elle sera augmentée de 30% au 1er octobre 2018 pour les familles monoparentales. 

En revanche, pour les autres familles, le plafond va baisser : jusqu'à 15 euros de moins par mois. Celui des ressources aussi sera réévalué à la baisse. Résultat : environ 10% des familles actuellement éligibles devraient sortir des critères d'attribution. Tous les groupes de l'Assemblée ont déjà déposé un amendement de suspension contre cette mesure, à l'exception de La République En Marche. 

2. Hausse de la CSG

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L'augmentation de la Contribution sociale généralisée (CSG) vise à compenser la suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du privé. La CSG devrait augmenter de 1,7 point. Particulièrement visés, les fonctionnaires et les retraités devraient voir rouge. La CSG est utilisée pour financer la protection sociale en France. 

Toutefois, le Premier ministre s'est montré rassurant. Au début du mois, Édouard Philippe a annoncé que cette hausse sera "totalement neutralisée de deux façons différentes. D'abord, en diminuant les cotisations calquées sur les cotisations salariales et ensuite par un versement de primes. Il y aura donc une neutralisation complète de l'augmentation de la CSG".

3. Augmentation du prix du tabac

Autre point de friction : le prix du tabac. Agnès Buzyn n'a jamais caché sa volonté de franchir le seuil symbolique du paquet de cigarettes à 10 euros d'ici 2020. Aujourd'hui, il coûte environ 7 euros. Mais la ministre souhaite faire de la génération qui naît aujourd'hui "la première génération sans tabac". Dès mars 2018, le gouvernement espère alors pouvoir augmenter d'un euro le tarif du paquet. 

Il se heurtera certainement aux lobbies de l'industrie du tabac et aux buralistes qui subissent de plein fouet chaque hausse du paquet qui fait fleurir le marché noir. Ils étaient déjà dans la rue le 4 octobre dernier pour manifester contre ce projet d'Agnès Buzyn.

4. Des vaccins obligatoires pour les enfants

Le vaccin est souvent sujet à des polémiques. Pour mettre tout le monde à égalité, la ministre des Solidarités et de la Santé souhaite rendre obligatoires 11 vaccins d'ici janvier prochain pour les écoliers, sans quoi, ils "ne rentreront pas à l'école", prévient-elle sur RTL dimanche 22 octobre. Aujourd'hui, seulement trois sont imposés par la loi. 

Agnès Buzyn défend cette idée afin de limiter les épidémies, mais se heurte à des parents peu enclin à faire onze vaccins à leurs enfants de moins de trois ansBeaucoup sont méfiants de cette pratique. 

5. Des économie dans les hôpitaux

Pour parvenir à son objectif de 3 milliards d'euros de déficit dans la branche maladie, l'ancienne médecin désormais En Marche prévoit de faire des économies sur les hôpitaux. La restructuration de l'offre de soins (optimisation des achats, économies dans les services) doit permettre aux établissements de santé de dégager 1,46 milliard d'euros. 

Dès lundi 23 octobre, la Fédération hospitalière de France (FHF) a réagi en estimant que "l'hôpital ne doit pas porter seul tous les efforts d'économie". "Le gouvernement doit comprendre que les efforts d'économie ne seront acceptés par les hospitaliers que s'ils sont partagés par tous (...) L'heure est venue pour un partage plus équitable des efforts, notamment entre la ville et l'hôpital", poursuit le représentant des hôpitaux.

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