3 min de lecture Terrorisme

Sécurité dans les trains : Alain Vidalies "préfère qu'on discrimine" pour éviter un attentat

Après l'attaque déjouée dans un Thalys, le secrétaire d'État aux Transports propose des contrôles aléatoires et assume le risque de contrôle au faciès.

Le ministre des Transports Alain Vidalies le 30 juin 2015 à l'Assemblée nationale.
Le ministre des Transports Alain Vidalies le 30 juin 2015 à l'Assemblée nationale. Crédit : MARTIN BUREAU / AFP
Julie Coste
Journaliste

Le ministre des Transports, Alain Vidalies, a annoncé un arsenal de mesures pour améliorer la sécurité dans les trains, ce lundi 24 août, après l'attaque déjouée dans un Thalys Amsterdam-Paris vendredi. Le secrétaire d'État était l'invité d'Europe 1 ce lundi matin, pour présenter ses pistes pour lutter contre le risque terroriste dans les transports. 

Il promet "des moyens humains, militaires et policiers" renforcés. Alain Vidalies annonce aussi un "contrôle aléatoire des bagages avec du personnel spécialisé" qui existe déjà mais qui va être renforcé. Selon lui, c'est "l'une des mesures les plus efficaces". Interrogé sur les discriminations que cela risque d'entraîner, le ministre assume : "je préfère qu'on discrimine pour être efficace plutôt que rester spectateurs", répond-il. 

Alain Vidalies compte sur le professionnalisme des policiers

Le secrétaire d'État souligne que "deux milliards" de personnes prennent le train chaque année en France, c'est "20 fois plus" que l'avion. Par conséquent, le contrôle des bagages ne peut être que "ponctuel". Les gares, elles, sont déjà surveillées et "30.000" fonctionnaires de police et militaires surveillent les sites sensibles en France, rappelle Alain Vidalies. Il fait appel "à l'esprit du 11 janvier", à "la résistance" et à "la vigilance" des citoyens qui veulent être "libres dans la République". 

Interrogé sur le numéro d'appel qui va être mis en place par la SNCF pour signaler les "situations anormales", Alain Vidalies avertit que ça n'est "pas un remède miracle". Là encore, sur le risque de délit de faciès, il tempère : les personnes répondant au 3117 sont "des professionnels, des policiers, des militaires", et ils sauront faire leur travail.

"Consternation" de SOS Racisme

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Les propos d'Alain Vidalies inquiètent certains, qui craignent une flambée des contrôles au faciès. Pour le député PS du Cher Yann Galut, "on ne peut accepter qu'un ministre se résigne à anticiper des discriminations. Manuel Valls doit rétablir ce qu'est la République", demande-t-il sur Twitter

SOS Racisme dénonce des "propos consternants". "Un ministre de la République doit lutter contre les discriminations à tous les niveaux, et non donner l’impression de les approuver", estime l'association dans un communiqué. Et de "rappeler que l’incitation à la discrimination par une personne dépositaire de l’autorité publique est une circonstance aggravante, punie de 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende". SOS Racisme souligne aussi "qu’un des objectifs du terrorisme est d’amener les démocraties à se renier elles-mêmes et à enclencher le cycle de la méfiance, de la suspicion et de la confrontation au sein de leurs populations. Il n’est jamais très intelligent de sauter à pieds joints dans le piège tendu par les forces terroristes".

Un débat "ridicule" pour Éric Ciotti

Mais Alain Vidalies peut compter sur le soutien de l'ancien ministre de l'Intérieur PS Daniel Vaillant. "S'il s'agit de contrôles préventifs, dissuasifs (...), ça n'est pas discriminatoire, a-t-il jugé sur RTL. Subir un contrôle d'identité, ce n'est pas un problème. Une mère de famille, sur un quai de gare avec ses deux enfants à la main, je ne vois pas pourquoi on irait l'embêter. Si les gens se présentent avec un accoutrement et un style qui peut faire penser qu'il y a quelque chose à cacher, pourquoi ne pas les contrôler ?", interroge l'ex-ministre. 

De son côté, Éric Ciotti, secrétaire général chargé de la sécurité chez les Républicains, interrogé par RTL, "trouve ce débat ridicule et grotesque". "On est face à une menace terroriste et certains n'ont rien d'autre à faire qu'ouvrir ce débat", regrette le député des Alpes-Maritimes, qui approuve l'idée de renforcer les contrôles dans les gares et les trains.

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2015-08-24 12:46:00
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