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Sécurité : ce qu'il faut retenir du discours d'Emmanuel Macron

Le chef de l'État s'est adressé ce mercredi 18 octobre aux forces de sécurité intérieure, à moins de deux semaines de l'entrée en vigueur de la loi sur le renfort de la sécurité intérieure, laquelle succédera à l'état d'urgence qui persiste depuis novembre 2015.

Emmanuel Macron prononce un discours devant les représentants des forces de sécurité intérieure mercredi 18 octobre 2017
Emmanuel Macron prononce un discours devant les représentants des forces de sécurité intérieure mercredi 18 octobre 2017 Crédit : PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin
Journaliste

Emmanuel Macron s'est adressé ce mercredi 18 octobre aux forces de police et de gendarmerie. Le chef de l'État a tenu ce discours à moins de deux semaines de l'entrée en vigueur de la loi sur le renfort de la sécurité intérieure, laquelle inscrira dans le droit commun des mesures de l'état d'urgence qui persiste depuis novembre 2015. À ce titre, et dans un contexte terroriste tendu, Emmanuel Macron a placé la lutte contre le terrorisme comme l'"engagement premier" de l'État et des forces de sécurité françaises.

Ce long discours - d'une durée de plus d'1h20 - a été l'occasion pour le chef de l'État de préciser les nouvelles mesures de lutte contre le terrorisme, mais également d'aborder d'autres sujets afférents à un climat sécuritaire difficile depuis deux ans. A ainsi été abordée la question de la prise en charge psychologique des agents de police et de gendarmerie qui veillent au maintien de l'ordre en France et auxquelles le chef de l'État a rappelé son entier soutien.

Amélioration du renseignement français

Confirmant que 13 attentats ont été déjoués depuis le 1er janvier 2017, le chef de l'État a insisté sur la nécessité d'accentuer le travail de renseignement entre les différentes instances dédiées, pour mieux recouper les informations. "Sept décrets relatifs au renseignement ont été publiés", a-t-il annoncé. "La première bataille a été et demeure celle du partage de l'information", a poursuivi Emmanuel Macron, revenant sur la mise en place au début de son mandat de la coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, "task force" menée par Pierre de Bousquet de Florian." Pour améliorer son fonctionnement, Emmanuel Macron a annoncé qu'il comptait "simplifier notre dispositif de renseignement" en parvenant à une "fusion des différentes structures qui travaillent à la coordination" et ce "d'ici à la fin de l'année". 

Un ancrage des mesures de sécurité dans la loi

Exigeant des forces de sécurité une "excellence opérationnelle pour protéger les Français de manière permanente", Emmanuel Macron a justifié l'importance selon lui d'ancrer la sécurité "dans le droit commun". Ainsi, le projet de loi qui vise à renforcer la sécurité intérieure, vivement critiqué pour sa potentielle nuisance aux libertés individuelles, rentrera en vigueur le mercredi 1er novembre, au moment de la sortie officielle de l'état d'urgence. Le président de la République défend là un dispositif législatif "solide, beaucoup plus ciblé sur la menace, la nature de cette menace".

Une conférence européenne prévue au mois d'avril

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"Nous sommes aujourd'hui trop lents à apporter une réponse adaptée à la menace" contre le terrorisme à l'échelle européenne, a estimé Emmanuel Macron lors de son discours. Celui-ci a par conséquent annoncé la tenue, en avril 2018, d'une conférence de lutte contre le financement du terrorisme liée aux activités de Daesh et Al-Qaeda. Cette conférence, organisée à l'initiative de la France, réunira les acteurs européens.

Une politique d'expulsion "intraitable"

Le président de la République a également plaidé pour une politique "intraitable" d'expulsion des étrangers en situation irrégulière, tout en accueillant les réfugiés "de manière exigeante" et "conforme à nos valeurs". "Nous accueillons mal, nous avons des procédures trop longues, nous intégrons approximativement et nous ne reconduisions plus", a affirmé Emmanuel Macron, qui a vu là "la pire des situations".

Un comité interministériel contre la radicalisation

Le président a annoncé pour décembre la réunion d'un comité interministériel qui devra "arrêter un nouveau plan national" contre la radicalisation, en dressant une "liste des territoires" qui feront l'objet d'une surveillance spécifique. "Des plans d'action seront établis par les préfets dans leur département" impliquant "de nombreux autres services de l'État" pour "prévenir les menaces et mettre en place des organisations pour identifier les comportements les plus à risques", en coopération "étroite avec les magistrats", a précisé le chef de l'État.

Des précisions sur la police de sécurité

La police de sécurité du quotidien (PSQ) qu'il entend mettre en place "n'est pas le retour à la police de proximité" instaurée par Lionel Jospin puis supprimée par Nicolas Sarkozy, a assuré Emmanuel Macron. "Dès lundi prochain, un large cycle de consultations sera engagé par le ministre" de l'Intérieur, Gérard Collomb, sur ce thème, a-t-il précisé. Cette PSQ doit être expérimentée dans une quinzaine de sites début 2018. La police de sécurité du quotidien dispose déjà d'un calendrier, mais les contours essentiels de la réforme restent flous. En novembre et décembre, les territoires retenus pour l'expérimentation doivent ensuite mettre en place l'organisation du dispositif. Plusieurs villes dont Lille, Toulouse ou encore Aulnay-sous-Bois se sont portées candidates.

Soutien et accompagnement des forces de l'ordre

Dans un contexte pesant pour les agents, Emmanuel Macron a consacré une partie de son allocution à la thématique du mal-être des policiers et militaires. Il a également mis l'accent sur la nécessité de prévenir les suicides chez ces derniers.

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