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Élections régionales 2015 : qui est Jean-Pierre Masseret, le candidat PS qui refuse de se retirer ?

PORTRAIT - Alors que le Parti socialiste a donné pour consigne à ses candidats arrivés en troisième position de se retirer, la tête de liste PS dans le Grand Est fait de la résistance en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne.

Jean-Pierre Masseret refuse de se retirer en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, comme le réclame pourtant le parti socialiste.
Jean-Pierre Masseret refuse de se retirer en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, comme le réclame pourtant le parti socialiste. Crédit : Fred MARVAUX / AFP
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Geoffroy Lang

"C'est con, ça !" Non, il ne s'agit pas de la réaction de Jean-Pierre Masseret devant l'embarras du Parti socialiste après son refus de retirer sa candidature en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne (ALCA), mais simplement de son juron préféré, rapporte France Bleu. "Nous pensons que c'est la meilleure façon de nous opposer au Front national, en occupant la place, dans l'opposition"s'est expliquée la tête de liste socialiste dans le Grand Est. Alors que le FN, emmené par Florian Philippot, engrange 36,06% des voix au premier tour, le modeste score de Jean-Pierre Masseret (16,11%) n'a pas découragé le président sortant de la région Lorraine. Mardi 8 décembre, il a déclaré pouvoir revenir sur sa décision en cas de désistements massifs de ses colistiers. "Sur moi, ça sera sans effet. Sur les colistiers, ça pourrait produire un effet. On attend 18h (mardi 8 décembre à 18h est la date butoir pour déposer sa liste, NDLR), voilà, on est sûr de rien encore", a-t-il déclaré à France Bleu Lorraine.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a pourtant été clair, dès le lundi 7 décembre, soit le lendemain du premier tour. Le Parti socialiste devait se retirer dans les trois régions où il arrive en troisième position alors que le Front national possède de réelles chances de l'emporter : Nord-Pas-de-Calais-PicardieProvence-Alpes-Côte-d'Azur et donc Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne.

36 ans de carrière politique

Celui qui enregistre le pire score de toutes les listes socialistes en France métropolitaine est loin d'être un novice. Ce fils de mineur, né en 1954 à Cusset (Allier), a débuté sa carrière en 1979 comme conseiller général dans le canton de Montigny-lès-Metz (Moselle). En 1983, il devient le plus jeune sénateur à siéger au Palais du Luxembourg à 39 ans tout juste. Un poste qu'il n'a quitté qu'entre 1997 et 2001. Après avoir remporté la mairie d'Hayange en 1995, il poursuit son ascension et entre au gouvernement Jospin en tant que secrétaire d'État à la Défense en charge des Anciens combattants.

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Derrière ses lunettes noires et sa chevelure grise, l'austère Jean-Pierre Masseret avait eu le nez creux jusque-là. En 2006, il soutient la candidature de Ségolène Royal à la primaire socialiste, en 2012 celle de François Hollande. Mais force est de constater que le sénateur avait sous-estimé le candidat frontiste dans sa région, auquel il déclarait encore le 10 novembre : "Rassure-toi, rassure-toi Philippot, je n'ai pas de crainte à ton endroit", à l'occasion d'une conférence de presse.

Un admirateur de Vercingétorix

Tout comme dans son ancienne ville d'Hayange, municipalité FN depuis 2014, Jean-Pierre Masseret pourrait bien voir le Front national prendre possession de son fauteuil de président de région le 13 décembre. Mais le candidat qui embarrasse aujourd'hui le Parti socialiste n'a pas pour habitude de changer d'avis. Il faut remarquer que le sénateur de Moselle a pour coutume de mettre en avant la détermination comme son principal trait de caractère et d'ériger Vercingétorix comme son héros historique favori.

Sur le dossier de la gare de Vandières, serpent de mer des polémiques politiques dans l'est, Jean-Pierre Masseret avait déjà fait étale de sa ténacité. Cette gare routière, qui devait permettre l'émergence de la LGV Est depuis 2000, demeure un vœux pieux en raison de la division de la classe politique locale sur le sujet. Partisan déclaré du projet, Jean-Pierre Masseret organise une consultation publique pour que les habitants de sa région se prononcent sur ce dossier en 2015.

Le président du Conseil régional de Lorraine se heurte à un double désaveu : le non l'emporte et la participation est extrêmement faible. Qu'à cela ne tienne, Jean-Pierre Masseret promet de construire la gare s'il est élu en décembre 2015. Les tendances qui se dessinent pour le second tour des élections régionales devraient finalement permettre à la forte de tête du PS de ne pas avoir à se dédire sur le sujet.

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2015-12-07 16:57:00
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