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Economie : Sarkozy fait les comptes du Grand Emprunt

Une table, des micros, des journalistes et des questions. C'était devenu très rare pour Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat a tenu, lundi à l'Elysée, sa quatrième grande conférence de presse depuis son accession à l'Elysée. L'occasion pour lui de faire un premier bilan de l'emprunt de 35 milliards d'euros lancé pour doper les "investissements d'avenir", mais aussi de valoriser l'action du gouvernement dans le domaine économique. Il a indiqué qu'une "vingtaine de milliards d'euros", sur un total de 35 milliards, "auront été engagés" d'ici fin 2011, ajoutant que "près de 1.500 projets" avaient été déposés en un an et demi. La France "va consacrer un milliard d'euros au programme nucléaire du futur". Le Président a insisté sur la gravité de la crise économique traversée, qui a, selon lui, été "sous-estimée" alors que le monde n'est "pas passé loin de la catastrophe", et a prévenu que le risque persistait de connaître un nouvel "enchaînement aussi grave".

Nicolas Sarkozy au Barp, en Gironde,sur le site du futur laser mégajoule, le 14 octobre 2010
Nicolas Sarkozy au Barp, en Gironde,sur le site du futur laser mégajoule, le 14 octobre 2010 Crédit : AFP
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La rédaction de RTL et Serge Pueyo

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Le président Nicolas Sarkozy a confirmé lundi que le gouvernement et les banques françaises allaient proposer un nouveau plan en faveur de la Grèce, auquel prendront part des créanciers privés, et qu'il "espérait" qu'il serait adopté par l'Union européenne.

Il a fustigé la sortie de l'euro prônée par Marine Le Pen, une "folie" dont il a affirmé qu'elle aboutirait à un doublement ou à un triplement de la dette. Assurant que "nous ne laisserons pas tomber la Grèce" et que "nous défendrons l'euro", le chef de l'Etat, menacé par le parti d'extrême droite dans les sondages, a voulu répondre "à ceux qui proposent cette folie que serait la sortie de l'euro". "Si la France ou tel autre pays sort de l'euro, sa monnaie se dévaluera mais la dette que nous devons reste libellée en euros. Donc la sortie de l'euro consiste à doubler ou à tripler la dette du pays qui sort de l'euro", a-t-il fait valoir.
Les chiffres du Grand Emprunt

Ambitions

Lorsqu'il avait présenté les grandes lignes du "Grand Emprunt", déjà devant la presse, en décembre 2009, le chef de l'Etat avait clairement défini ses ambitions. Il ne s'agit pas d'en faire un plan de relance "bis" mais de "remettre du carburant dans l'économie" pour "renouer avec la croissance" et "rattraper le retard" de la France dans les secteurs stratégiques.

Cinq ont été retenus après les travaux préparatoires des anciens Premiers ministres Alain Juppé et Michel Rocard et crédités chacun d'une partie du pactole de 35 milliards d'euros, constitué de 22 milliards levés sur les marchés et 13 issus du remboursement des prêts consentis aux banques en 2008.

Une enveloppe de 11 milliards doit ainsi être affectée à l'enseignement supérieur et à la formation, dont 8 pour la seule création de huit "campus d'excellence", une autre de 8 milliards à la recherche, en mettant l'accent sur la santé, les biotechnologies et la capitalisation des "start-up".

Les PME des filières aéronautiques, spatiales automobiles, ferroviaires et navales doivent pour leur part récolter 6,5 milliards, le secteur numérique 4,5 pour généraliser l'internet haut-débit, et le développement durable 5 milliards, entre autres pour le développement d'un nouveau réacteur nucléaire.

Un an et demi plus tard, tous les appels d'offres ont été lancés, les premiers projets retenus et les premiers chèques tirés.

"Les décisions ont été prises, c'est le moment propice pour faire un bilan", explique-t-on à l'Elysée. Il y a quelques jours, Nicolas Sarkozy a lui-même annoncé qu'il détaillerait lundi les affectations de "quelque 20 milliards d'euros de dépenses" prévues par le Grand Emprunt.

"Relever le défi de la mondialisation"

Depuis plusieurs mois, le chef de l'Etat répète inlassablement son même message à chacune de ses visites de terrain. En inaugurant lundi dernier le salon aéronautique du Bourget, il a défendu à nouveau "la seule stratégie possible, relever le défi de la mondialisation en étant plus innovant, plus imaginatif et plus compétitif". "Refuser la mondialisation n'a pas de sens, on resterait seul dans notre coin, à bouder. Mais qui le paierait ? Les Français, qui perdraient des emplois", a-t-il poursuivi en référence au thème de campagne lancé par le député Arnaud Montebourg, un des candidats à la primaire socialiste.

Alors que la patronne du PS Martine Aubry s'apprête à entrer dans la course à la présidentielle, Nicolas Sarkozy n'a pas manqué l'occasion, même s'il n'est pas encore candidat, d'égratigner ses futurs rivaux, qui ont vu dans son grand emprunt un facteur d'aggravation de la dette.

Sur le thème de la lutte contre les déficits, le président en a donné un avant-goût dès vendredi à Bruxelles. Sans se démonter, il a assuré que le récent rapport du président socialiste de la Cour des comptes dénonçant le déficit "beaucoup trop élevé" du pays visait en fait... le projet de ses amis du PS "qui n'ont pas intégré les contraintes européennes".

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