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Sarkozy dénonce le "FNPS" : "Un argument peu efficace", analyse Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - À moins de trois semaines des élections départementales, le président de l'UMP a mis au goût du jour la notion de "FNPS". Un argument de campagne pas très original, et surtout peu efficace.

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Sarkozy dénonce le "FNPS" : "Un argument peu efficace", analyse Alba Ventura Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura Journaliste RTL

Selon Nicolas Sarkozy, qui a accordé lundi 2 mars une interview au journal Le Figaro, le parti socialiste ferait monter le Front national. C'est ce que le président de l'UMP appelle le "FNPS".

C'est une vieille histoire de plus de trente ans. Nicolas Sarkozy nous refait le coup du RPR des années 80, qui accusait François Mitterrand d'avoir fait la courte échelle au FN pour conserver le pouvoir en instillant une dose de proportionnelle, qui avait d'ailleurs permis au Front national de faire une entrée en force à l'Assemblée.
Mais cette accusation n'a aucun sens aujourd'hui. On ne peut pas accuser François Hollande d'avoir mis le FN dans les pattes de Nicolas Sarkozy. Il y était déjà. Ce n'est pas non plus très original de détourner le slogan frontiste "UMPS" en "FNPS" pour dire que le Front national et le Parti socialiste c'est du pareil au même.

Sarkozy se sent en danger

La réalité c'est que ce qui fait monter le FN, ce sont les échecs répétés, les allers-retours, les promesses non tenues des partis traditionnels et les comportements de leurs leaders. Si le Front national monte en puissance, ce n'est pas parce que le Parti socialiste s'arrange pour le faire monter. Ça n'arrange personne d'ailleurs. C'est bien le problème de Nicolas Sarkozy.

Si l'ancien chef de l'État dit cela, c'est parce qu'il se sent en danger. N'oubliez pas qu'en 2007, il est le premier à faire reculer le parti de Marine Le Pen. C'est un titre de gloire pour lui. En 2012, c'est l'inverse. Le problème de Nicolas Sarkozy est là : il a construit sa réputation sur sa capacité à faire rempart au FN. Il a réussi en 2007, mais il a échoué en 2012.

Nicolas Sarkozy a construit sa réputation sur sa capacité à faire rempart au FN

Alba Ventura
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Il voit bien le danger face à un électorat UMP de plus en plus décomplexé. Une bonne partie des électeurs n'a pas envie de s'interdire quelques infidélités. Ils trouvent même normal de s'aventurer vers le Front national. L'institut Ifop a calculé qu'en 2012, à la présidentielle, sur 100 électeurs de Marine Le Pen au premier tour, 54% ont voté Nicolas Sarkozy au second tour et 21% François Hollande.

Regardez aussi dans le Doubs, lors de la législative partielle le mois dernier : quasiment la moitié des électeurs du candidat UMP (qui a été éliminé au premier tour) ont voté FN au second.

Ne pas se faire voler la victoire

Nicolas Sarkozy cherche d'abord à montrer qu'il a une ligne face au FN. Il faut dire que ça a drôlement flotté au moment de l'entre-deux tours de la législative du Doubs. On se souvient du fiasco du "ni-ni", "ni mais", "ni oui, ni non". On se souvient surtout de ce triple lutz piqué du président de l'UMP qui s'était emmêlé les patins en tentant de proposer une formule entre ni "ni-ni", ni "front républicain". Il fallait comprendre : faire barrage au FN, sans vraiment appeler à voter PS.

Personne n'avait rien compris. L'UMP en était resté au classique "ni-ni" (ni FN,ni PS), qui en aucun cas n'empêche le FN de progresser. 

Ce que Nicolas Sarkozy cherche surtout aux prochaines élections départementales des 22 et 29 mars prochain, c'est que l'on dise qu'il y a eu une vague bleue, et pas une énième progression du Front national. Son but, c'est de ne pas se faire voler la victoire.

Comme le confie l'un de ses proches : "Le FN c'est le sparadrap du capitaine Sarko".

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