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Retraites : le projet du gouvernement se précise

DÉCRYPTAGE - Le Premier ministre termine ses consultations mais les déclarations de différents syndicalistes permettent d'ores et déjà d'esquisser le projet de réforme du gouvernement.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault arrivé à Matignon pour une concertation sur la réforme des retraites.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault arrivé à Matignon pour une concertation sur la réforme des retraites. Crédit : Lionel Bonaventure - AFP
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Les consultations des partenaires sociaux sur les retraites s'achèvent ce mardi 27 août. Lundi, Jean-Marc Ayrault a semblé rechercher l'adhésion de tous, en tentant de donner à chacun des gages sur ce dossier à haut risque pour le gouvernement.

Les déclarations des représentants des diverses organisations syndicales reçus par le Premier ministre permettent d'imaginer l'esquisse du futur projet du gouvernement. RTL.fr récapitule ce que l'on sait des principaux points.

Le niveau des retraites : "Pas de baisse"

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, l'assure. Il n'y aura "pas de baisse des pensions, pas de modification des calculs des retraites d'ici 2020, pas d'accélération massive de la durée de cotisation, pas de modifications des règles de calcul pour les fonctionnaires ou les régimes spéciaux".

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"Nous avons eu des assurances là-dessus", affirme le syndicaliste, qui ajoute par ailleurs avoir demandé au Premier ministre "la prise en compte de la pénibilité [à hauteur] d'une année de réparation pour dix années d'exposition".

La CSG : vers un alignement entre actifs et retraités ?

"Nous sommes tout à fait opposés à une augmentation des cotisations sociales pour les retraites parce que nos entreprises aujourd'hui n'en ont pas les moyens", a de son côté lancé le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), Jean-François Roubaud.

"J'ai accepté, contre toute augmentation, y compris de la CSG, que si on alignait la CSG entre les actifs (7,5%, NDLR) et les retraités (6,6%, NDLR), je pouvais l'accepter. C'est une concession que je pouvais faire", précise-t-il.

La durée de cotisation : pas de consensus

"Sur l'allongement des durées de cotisations j'ai donné l'accord sur le fait d'un trimestre tous les 2 ou 3 ans. Ça me parait totalement acceptable. En fait c'est le prolongement de la loi Fillon", assure par ailleurs Jean-François Roubaud.

43 ans [de cotisation] en 2035, ce n'est pas acceptable

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière
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Inacceptable en revanche pour le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly : "L'idée se serait 43 ans [de cotisation, NDLR] en 2035, donc ça je lui ai dit [au Premier ministre, NDLR] que ce n'était pas acceptable pour nous, que ce n'était pas donner un espoir aux jeunes générations que de leur dire 'Vous allez bosser jusque 67 ou 68 ans'. Ça c'est le point de désaccord de fond."

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Pour FO, l'allongement de la durée de cotisation n'est "pas acceptable" Crédit Média : RTL | Durée : | Date :

Les années d'études : vers une prise en compte ?

Selon le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, le gouvernement pourrait prendre en compte les années d'études des jeunes dans le calcul de leur retraite : "Il y a moyen, sans doute, d'intervenir auprès du gouvernement pour que soient véritablement prises en compte ces années qui aujourd'hui font (…) que le jeune qui a fait des études (…) a une retraite ou incomplète, ou très tardive."

La compensation pour les patrons : une possible baisse du coût du travail

Le président du Medef, Pierre Gattaz, affirme enfin que la hausse redoutée des cotisations sociales pourrait être compensée par une baisse du coût du travail pour les entreprises.

"Le Premier ministre nous a fait une ouverture (...) : en parallèle de cette réforme des retraites nous pourrions baisser le coût du travail de manière significative." Selon le patron des patrons, "il y a 5,4% des cotisations qui sont liés aux allocations familiales". "Ces 5,4% correspondent à 34 milliards d'euros."

"Nous pourrions imaginer réfléchir avec le gouvernement comment transférer, baisser, ces 34 milliards du coût du travail", explique-t-il. "Les enlever de telle façon à redonner de l'air aux entreprises et financer par d'autres moyens ces allocations familiales qui n'ont rien à voir avec le coût du travail."

Les arbitrages du Premier ministre concernant cette réforme, qui vise à combler le déficit des régimes de retraite (évalué à 20 milliards d'euros en 2020), devraient être connus d'ici début septembre, avant d'être examinés en Conseil de ministres le 18 septembre.

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