6 min de lecture Présidentielle 2017

"Élysée 2017" : ce qu'il faut retenir du passage de Marine Le Pen sur TF1

ÉCLAIRAGE - La candidate du Front national a été la première des deux finalistes de l'élection présidentielle à être reçue sur le plateau de l'émission de TF1, ce mardi 25 avril.

Marine Le Pen sur le plateau de TF1, mardi 25 avril.
Marine Le Pen sur le plateau de TF1, mardi 25 avril. Crédit : Martin BUREAU / AFP
Philippe Peyre
Philippe Peyre

60 minutes. C'est le temps pendant lequel Marine Le Pen a pu s'exprimer mardi 25 avril sur TF1. La Une a organisé à la dernière minute une émission baptisée Élysée 2017 destinée à cuisiner pendant une heure chacun des deux finalistes présents au second tour de l'élection présidentielle. C'est donc la candidate du Front national qui a ouvert le bal tandis qu'Emmanuel Macron est invité jeudi 27 avril. 

Marine Le Pen a profité de cette émission pour revenir sur les mesures fortes de son programme. Économie, Europe, sécurité, immigration... Les principaux sujets importants aux yeux des Français ont été évoqués et la candidate a pu expliquer dans le fond les propositions qu'elle a développé tout au long sa campagne.

En plein entre-deux tours, la candidate frontiste a également été interrogée sur la façon dont elle voulait parler aux électeurs déçus de Jean-Luc Mélenchon et n'a pas manqué d'attaquer le programme de son adversaire, Emmanuel Macron.

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La candidate "soutenue" par le FN

Interrogée sur son score lors du premier tour (7,6 millions de voix), Marine Le Pen a d'abord tenu à rappeler qu'elle n'était pas présente en qualité de présidente du Front national. "Je ne suis pas la candidate du Front national, je suis la candidate soutenue par le Front national. Il est très important de revenir aux fondements de notre république. (...) Je le redis, particulièrement aujourd’hui où l'on voit s'agiter beaucoup de manœuvre et de négociations entre les partis".

Il a également été demandé à la candidate si elle était déçue de ne pas être arrivée en tête au premier tour ? "Je ne suis pas déçue, je suis très heureuse pour une raison simple : pour la première fois depuis longtemps, les Français ont deux visions politiques qui, incontestablement, sont très différentes l'une de l'autre. Je porte le choix de la nation, de la patrie, de la protection des Français, le choix du pouvoir d'achat que l'on rend aux Français, de la maîtrise de nos frontières", a-t-elle rétorqué.

Française avant d'être européenne

Marine Le Pen est la candidate qui propose une sortie de l'Union européenne, contrairement à Emmanuel Macron qui lui veut plus d'Europe. La candidate souhaite sortir de l'euro et revenir au franc mais il lui a été demandé comment assurer aux 66 millions de Français que leur épargne ne sera pas dévaluée ? "L'euro a été un boulet, les Français le savent, a-t-elle balayé. Ça ruine notre compétitivité que l'on cherche à récupérer. Cette monnaie a été un boulet pour nos entreprises, elle est accompagnée de toute une politique qui vise à sauver l'euro. Je défends la souveraineté de la nation", a martelé Marine Le Pen. 

Alors que les journalistes lui ont apporté des éléments chiffrés de l'INSEE et d'Eurostat sur le fait que le passage à l'euro a permis une baisse des prix, la candidate a balayé ses arguments : "Tous les Français ont constaté l'explosion des prix au moment du passage à l'euro (...) Les chiffres se plantent", a rétorqué la candidate.

"Tous les pays se protègent, sauf nous", a ensuite déploré la candidate du Front national, en lien avec le protectionnisme économique qu'elle défend. "Je ne suis pas une adversaire de l’Europe. Je me sens européenne, française d'abord mais européenne", a-t-elle insisté. Je veux des accords entre les nations librement consentis. C'est cette Europe là que je veux voir émerger et que la France soit à la pointe de ce beau projet".

Macron, "la France soumise"

Placée dans un duel face à Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle, Marine Le Pen n'a pas manqué d'égratigner son adversaire. Son jeu de mot favori le temps de cette soirée a été de le traiter de candidat de "la France soumise", en référence au nom du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise. 

"Je vais juste expliquer aux Français que le choix est entre la mondialisation sauvage et la nation", a déclaré Marine Le Pen lorsqu'il lui a été demandé comment elle pouvait s'adresser aux Français qui sont partagés entre deux visions de la France en Europe.

"Fratricide". C'est ainsi qu'elle a qualifié le projet du candidat de "En Marche !". "C'est un projet fratricide qui vise à jeter les communautés les unes contre les autres, les travailleurs les uns contre les autres et les entreprises les unes contre les autres", a-t-elle dénoncé en allusion à la négociation du temps de travail au sein des entreprises voulue par le candidat "En Marche !". Les journalistes sont même allé jusqu'à lui demander ce qu'elle admirait chez son adversaire : "Je n'ai pas d’admiration pour quelqu'un qui veut déconstruire la France, a rétorqué la candidate. Il a une vision utilitaire des Français, une vision très radicale de l'Union européenne, la vision d'une France soumise". 

Séduire les électeurs de Jean-Luc Mélenchon

Alors que le candidat de la France insoumise n'a pas réussi à se hisser au second tour malgré un score élevé (19,58%), Marine Le Pen a tenté de s'adresser à ses électeurs.

Les journalistes de TF1 lui ont demandé ce qu'elle voulait exprimer aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon, ce à quoi elle répondu : "Est-ce que sérieusement vous allez voter pour Monsieur Macron ? Voter pour quelqu'un qui va faire une loi El Khomri multipliée par 1.000, dont l'objectif principal est l'ubérisation de la société", a-t-elle égrainé. 

Un peu plus tard dans l'émission, Marine Le Pen n'a pas perdu une occasion de replacer sa petite phrase de France soumise. "Je vois mal des gens qui ont voté la France insoumise aller voter pour la France soumise, car c'est le projet d'Emmanuel Macron", a lancé la candidate en s'adressant aux électeurs du candidat malheureux.

L'hypothèse d'une victoire le 7 mai

Élysée 2017 a également été l'occasion pour les journalistes de poser des questions à Marine Le Pen sur son attitude et ses premiers pas à l'Élysée si elle était élue le dimanche 7 mai. 

Il a d'abord été demandé à la candidate frontiste les relations qu'elle compte entretenir avec les nations du monde. "Je suis la candidate capable d'avoir des relations apaisées avec l’ensemble des nations, a assuré Marine Le Pen. Les nations veulent être respectées dans leur mode de vie, dans leur choix, dans leur identité. C'est exactement la ligne qui sera la mienne". 

Marine Le Pen a également beaucoup parlé de l'Afrique : "La France est attendue par le monde, a-t-elle estimé. Il faut mettre en oeuvre un Erasmus francophone. Il faut que les jeunes africains aient la possibilité de venir étudier en France. Je pense qu'il faut relancer la coopération avec l'Afrique particulièrement dans les domaines de l'agriculture, de la sécurité et de la défense". 

L'élection n'est pas faite

Marine Le Pen
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Si la candidate n'est pas élue le 7 mai, elle a assuré qu'elle reconnaîtra les résultats. "Ça fait des décennies que nous nous présentons et nous avons toujours reconnu les résultats", a lancé Marine Le Pen. Mais si elle est élue, la première personne à qui elle téléphonera sera sa mère, a-t-elle assuré sans hésité. En revanche, concernant le chef d'État qu'elle compte rencontrer en premier, la candidate n'a pas réellement répondu : "Je verrai l'ensemble des chefs d'États européens pour leur dire ce que souhaite la France", a-t-elle rétorqué sans préciser qui elle verrait en premier.

Enfin, Melissa Bell, correspondante de la chaîne américaine CNN en France, a quelque peu provoqué Marine Le Pen en lui rappelant que son score au premier tour n'était pas réellement la vague frontiste qu'elle avait anticipé. Après le Brexit et l'élection de Donald Trump, la vague populiste s'arrête-t-elle en France ? Telle a été la question de Melissa Bell. "L'élection n'est pas faite, a balayé Marine Le Pen d'un trait. L'oligarchie a déjà installé Emmanuel Macron dans le fauteuil du président mais le peuple ne l'a pas fait. Le peuple réserve une grande surprise à l'oligarchie". 

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