6 min de lecture Élections régionales

Élections régionales 2015 : ce qu'il faut retenir du second tour

Victoire de la droite, zéro pointé du FN et net recul de la gauche... Le dernier scrutin avant la présidentielle de 2017 a livré son verdict, dimanche 13 décembre.

Générique 1 3 minutes pour comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
>
Élections régionales 2015 : ce qu'il faut retenir du second tour Crédit Image : AFP | Crédit Média : Élizabeth Martichoux | Durée : | Date : La page de l'émission
245_MARTICHOUX
Elizabeth Martichoux et Benjamin Hue

Le séisme annoncé n'a pas eu lieu. En pôle position dans plusieurs régions de France après le premier tour des élections régionales, le Front national n'a remporté aucun exécutif régional à l'issue du second tour, dimanche 13 décembre. Le scrutin a très fortement mobilisé les électeurs. Près de 60% des inscrits sur les listes électorales se sont déplacés dans un bureau de vote dimanche, soit près de 9 points de plus qu'au premier tour. Un regain de mobilisation inédit depuis 2002. La dernière élection avant la présidentielle de 2017 a largement souri à la droite, qui remporte sept régions, dont l'Île-de-France, qui bascule après 17 ans de gouvernance socialiste. Promise à la débâcle, la gauche sauve les meubles et remporte cinq régions, dont deux où elle était donnée perdante.

>> La carte des résultats du second tour, région par région
>> Revivez la soirée électorale minute par minute

Marine Le Pen rate son pari

Malgré ses très bons scores au premier tour, le Front national ne remporte aucune région et confirme ses difficultés à traduire ses coups de force du premier tour en progression dans l'exercice du pouvoir. Le parti de Marine Le Pen avait franchi le cap du premier tour dans les treize régions métropolitaines en récoltant plus de 6 millions de voix, l'une de ses meilleures performances électorales. Il a souffert dimanche du sursaut de mobilisation de l'électorat et du retrait des candidats socialistes dans les régions où il faisait face à la droite. 

À lire aussi
Alain Duhamel corse
Alain Duhamel : "La spécificité corse est une réalité et la violence corse est une calamité"
Marine Le Pen à l'annonce des résultats des régionales dimanche 13 décembre 2015
Marine Le Pen à l'annonce des résultats des régionales dimanche 13 décembre 2015 Crédit : AFP

Le Front national reste aux portes du pouvoir en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, où sa présidente Marine Le Pen n'a pas pesé bien lourd face à Xavier Bertrand malgré son excellent score du premier tour. Même scénario en Provence-Alpes-Côte d'Azur, où sa nièce Marion Maréchal-Le Pen a été nettement battue par Christian Estrosi malgré le coup de tonnerre du premier tour. En Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, le numéro 2 du parti n'a pas réussi à tirer profit du maintien de la candidature de l'ex-socialiste Jean-Pierre Masseret. 

>> Le Front national ne remporte aucune région

À l'annonce des résultats, les cadres du FN se sont attachés à positiver, à l'instar de Marine Le Pen qui insiste sur "la montée inexorable du courant national" dans son discours depuis son QG de campagne à Hénin-Beaumont. À défaut d'exécutif régional, le FN peut tout de même se targuer d'avoir gagné plus de 300 sièges de conseillers régionaux. Marine Le Pen n'a d'ailleurs pas manqué de proclamer le FN "premier parti d'opposition de France". Le FN a également dépassé dimanche son record historique de voix de la présidentielle de 2012.

La droite remporte le scrutin

La droite a retrouvé le sourire. L'union de la droite et du centre, conduite par Les Républicains, l'a emporté dans sept régions métropolitaines, dont les plus peuplées : Nord-Pas-de-Calais-Picardie et PACA, Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes, Auvergne-Rhône-Alpes,  Pays-de-la-Loire, Normandie et Île-de-France. Elle a aussi conservé la Réunion. L'alliance LR-UDI-MoDem a surtout réussi à accrocher la première région de l'Hexagone à son tableau de chasse, l'Île-de-France, gérée par la gauche depuis dix-sept ans, où Valérie Pécresse a battu de peu son rival socialiste Claude Bartolone à l'issue d'une campagne électrique. La dernière photographie électorale du quinquennat consacre l'union de la droite et du centre comme la première force politique du pays, loin devant l'union de la gauche et le Front national. 

Valérie Pécresse a réussi son pari de faire basculer l'Île-de-France à droite après 17 ans de gestion par la gauche
Valérie Pécresse a réussi son pari de faire basculer l'Île-de-France à droite après 17 ans de gestion par la gauche Crédit : AFP

Malgré ce succès, la moisson est moins bonne qu'espérée au début de la campagne. Chez Les Républicains, les premières contestations de la stratégie de Nicolas Sarkozy se sont rapidement faites jour dimanche. Pour Bruno Le Maire, les Français attendent "une autre politique" et "des visages nouveaux, y compris à droite". La numéro 2 du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet, a de nouveau critiqué le "ni PS ni FN" porté par l'ancien chef de l'Etat. Le chef des Républicains Nicolas Sarkozy a promis dimanche soir de prendre en compte "les avertissements" lancés aux régionales et accepté de lancer le débat sur la ligne du parti avant la primaire de 2016.

Alliés des Républicains, les centristes ont fait une maigre récolte dimanche soir : deux têtes de liste centristes sur trois ont été battues. Seul l'ancien ministre Hervé Morin a remporté sur le fil la Normandie. L'union de la droite et du centre a limité la casse mais pas dans les régions où des centristes étaient tête de liste. Le président des députés UDI, Philippe Vigier, a échoué de justesse devant le socialiste François Bonneau en Centre Val-de-Loire. François Sauvadet s'incline d'une courte tête, presque à égalité avec le FN, en Bourgogne-Franche-Comté face à Marie-Guite Dufay (PS).

La gauche limite les dégâts

La gauche échappe à la débâcle promise par les résultats du premier tour et conserve au moins cinq régions à l'issue du second tour. En Bretagne, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian réalise le meilleur score de son camp en recueillant plus de 51% des voix. En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Carole Delga remporte l'adhésion de plus de 40% des suffrages, loin devant Louis Aliot (FN). En Aquitaine-Limousin-Poitou-Charente, Alain Rousset l'emporte haut la main devant Virginie Calmels. Les scrutins étaient plus serrés en Centre-Val de Loire, où François Bonneau devance de peu la droite et le centre, et en Bourgogne-Franche-Compté, où Marie-Guite Dufay l'emporte devant François Sauvadet. Malgré le report des voix, l'union de la gauche n'est pas parvenue à passer devant la droite au niveau national.

>> Score décevant pour l'union de la gauche

Le PS et ses alliés essuient au passage un net recul par rapport au scrutin régional de 2010, à l'issue duquel ils présidaient 21 des 22 régions, et laissent échapper plusieurs de leurs bastions. L'Île-de-France, l'Auvergne-Rhône-Alpes, l'Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, les Pays de la Loire, le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et la Provence-Alpes-Côte d'Azur sont désormais dans le giron de la droite pour cinq ans. Autre coup dur, sur le plan de la représentativité cette fois, le PS ne comptera aucun conseiller régional dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en PACA, où il a retiré ses listes après le premier tour pour faire barrage au Front national.

Jean-Christophe Cambadélis a appelé le gouvernement à une "inflexion" de sa politique en vue de 2017
Jean-Christophe Cambadélis a appelé le gouvernement à une "inflexion" de sa politique en vue de 2017 Crédit : AFP

À l'annonce des premiers résultats, les cadres du gouvernement et du PS ont salué l'union de la gauche et le sursaut républicain. "Les électeurs ont répondu à l'appel courageux et net de la gauche à faire barrage au FN qui n'obtient aucune région", a affirmé Manuel Valls. Le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis a parlé "d'un succès sans joie", en insistant sur le fait que la gauche "n'a pas eu la déroute annoncée", et demandé au gouvernement une "inflexion" à gauche pour "agir contre la précarité et pour l'activité" dans la perspective de la présidentielle de 2017.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Élections régionales Infographie Front national
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7780842231
Élections régionales 2015 : ce qu'il faut retenir du second tour
Élections régionales 2015 : ce qu'il faut retenir du second tour
Victoire de la droite, zéro pointé du FN et net recul de la gauche... Le dernier scrutin avant la présidentielle de 2017 a livré son verdict, dimanche 13 décembre.
https://www.rtl.fr/actu/politique/resultats-elections-regionales-2015-ce-qu-il-faut-retenir-du-second-tour-front-national-les-republicains-parti-socialiste-7780842231
2015-12-13 23:55:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/7wA5lf4t1jz_mPvoPutBTQ/330v220-2/online/image/2015/1213/7780843170_xavier-bertrand-a-largement-domine-marine-le-pen-au-deuxieme-tour-des-elections-regionales.jpg