2 min de lecture La République En Marche

Pourquoi La République En Marche n'a pas de "président" mais un "délégué général"

INTERVIEW - Dans un peu plus de dix jours, Christophe Castaner sera officiellement nommé "délégué général de La République En Marche". Une sémiologue décrypte ce titre.

Christophe Castaner, le 11 octobre 2017
Crédit Image : PDN/SIPA

C'était attendu et c'est désormais officiel : la candidature de Christphe Castaner a été validée par le bureau exécutif de la République En Marche, ce lundi 6 novembre. Dans un communiqué, le mouvement politique fondé par Emmanuel Macron indique que "le conseil d'administration de La République En Marche a validé la candidature de Christophe Castaner à la fonction de délégué général. Celle-ci remplit les conditions de parrainages fixées par le règlement d'installation des nouvelles instances". 

Ainsi, le porte-parole du gouvernement a présenté 395 parrainages. Pour rappel, 60 étaient nécessaires pour pouvoir se présenter. Parmi ces parrainages, "au moins 30 députés, 3 sénateurs, 10 référents territoriaux et 5 élus locaux non parlementaires" lui ont apporté leur soutien. 

À noter aussi que même si Christophe Castaner est le seul candidat au poste de délégué général de La République En Marche, "le conseil d'administration a également validé la candidature de quatre listes au titre de l'élection de 20 membres du bureau exécutif". Il faudra attendre le 18 novembre pour que Christophe Castaner devienne "officiellement" délégué général de La République En Marche. L'intitulé du poste du chef du parti de la majorité marque une volonté de se démarquer des autres partis. 

Un rôle de diplomate... mais secondaire ?

Joint par RTL.fr, la sémiologue Mariette Darrigrand souligne que "délégué général n'est pas un terme commun pour les partis politiques. Il y a une référence claire à la diplomatie et à l'idée que l'on envoie une délégation quelque part. Il y a donc l'idée de mouvement et plus précisément un mouvement qui va de l'intérieur vers l'extérieur. C'est d'ailleurs un dynamisme que l'on retrouve depuis la création d'En Marche !, car il s'agit d'un mouvement politique et non d'un parti. C'est aussi un mouvement centrifuge qui ne parle pas de lui mais qui s'adresse aux Français".

Ainsi le terme de "délégué général" correspond-il à la philosophie du mouvement politique, selon la sémiologue : "Cela renforce le côté jupitérien d'Emmanuel Macron. Il envoie son délégué vers les Français. Il reste le chef". Il existe toutefois un aspect négatif à l'utilisation de ce terme. "Il y a un risque d'infantilisation du délégué avec des notions qui évoquent le délégué de classe, le délégué syndical... Cela fait référence à un personnage secondaire. 'Délégué', c'est un mot banal, enfantin, plat". 

Mariette Darrigrand estime aussi que l'expression de "délégué général" apparaît comme "faible et pas au niveau des enjeux actuels. Même si les mots se différencient de ceux des autres partis politiques, ce choix n'est qu'un pas de côté, il manque d'innovation. On reste dans l'idée de la tradition régalienne de la démocratie".

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