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Régionales en PACA : les chances de Marion Maréchal-Le Pen face à Christian Estrosi

ÉCLAIRAGE - Un sondage Ifop place la benjamine de l'Assemblée nationale au coude à coude avec le maire de Nice dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Quelles sont les chances de la candidate FN de 26 ans ?

tête de liste FN pour les régionales en Provence Alpes-Côte d'Azur (Paca), Marion Maréchal-Le Pen a lancé ce dimanche 5 juillet 2015 au Pontet sa campagne électorale.
tête de liste FN pour les régionales en Provence Alpes-Côte d'Azur (Paca), Marion Maréchal-Le Pen a lancé ce dimanche 5 juillet 2015 au Pontet sa campagne électorale.
Crédit : BORIS HORVAT / AFP
Mathilde Cesbron
Mathilde Cesbron

La bataille pour la région Provence-Alpes-Côte d'Azur est définitivement lancée. À en croire le sondage Ifop pour Paris Match- iTélé- Sud Radio -, Christian Estrosi ne l'emportera pas si facilement lors des élections régionales de décembre. Selon les chiffres publiés mercredi, la frontiste Marion Maréchal-Le Pen serait en tête au premier tour avec 32% des voix contre 29% face à Christian Estrosi. Au second tour, le candidat des Républicains remporterait finalement une courte victoire avec 35% contre 33% pour la petite-fille de Jean-Marie Le Pen. À 26 ans, la jeune femme est bien décidée à batailler ferme, comme elle l'a prouvé lors de son premier discours de campagne dimanche 5 juillet dans le Vaucluse. Elle dispose de 3 atouts pour se faire sa place au soleil en Paca.

1 - Elle mise sur les thèmes traditionnels frontistes

Durant son discours au Pontet (Vaucluse), Marion Maréchal-Le Pen a usé et abusé de formules et thématiques chères aux yeux des sympathisants du Front national. Crise, immigration dans la région, identité ... La candidate a égrené son chapelet frontiste devant 2.000 personnes. "Nous ne voulons pas de la Paca black-blanc-beur, mais de la Paca bleu-blanc-rouge", a-t-elle asséné dans ce fief historique du Lepenisme. Ou encore : "Il est hors de question que notre région passe de la Riviera à la favela." Dans cette région qui connaît le plus d'immigration, elle a dénoncé le "remplacement d'une population par une autre qui importe avec elle ses valeurs, sa culture et sa religion". Les bases du front National posées, Marion Maréchal s'est permis une fantaisie très traditionaliste se souvenant de la Provence comme une "terre de résistance", sous l'occupation sarrasine ou allemande..."La Provence est une terre d’identité et de résistance. Résistance des princes provençaux face à l’invasion sarrasine!" 

2 - Elle est aidée par un fin connaisseur de la région

Jean-Marie Le Pen disait récemment de sa petite fille qu'elle n'avait pas "la carrure" pour diriger une région aussi importante que la Paca. Elle s'est donc entourée d'épaules sur lesquelles s'appuyer. Son plus beau coup de filet s'appelle Olivier Bettati, ancien membre de l’UMP qui mènera la liste FN dans les Alpes-Maritimes. L’ancien adjoint de Christian Estrosi à la mairie de Nice constitue un précieux conseiller pour déstabiliser le candidat des Républicains et lui voler la victoire. "Avec Bettati, j’essaie de mettre un peu de difficultés dans une UMP déjà très fracturéea indiqué Marion Maréchal-Le Pen à Libération. Bettati a du réseau, il n’a perdu aux sénatoriales que de trois voix. Or, les Alpes-Maritimes seront un département décisif, où il nous faudra récupérer les voix des patriotes UMP."

Dans son discours du 5 juillet, se faisait déjà sentir l'envie de malmener son adversaire. "Nos adversaires s’autoproclament bons gestionnaires, a déclaré Marion Maréchal-Le Pen dimanche. Mais en cinq ans, Christian Estrosi a multiplié la dette de Nice par sept. Ils n’ont rien à envier à leurs amis socialistes, qui ont eux creusé la dette régionale. Marcel Pagnol n’aurait pas dit qu’ils sont bons à rien, mais mauvais en tout." En Paca, la jeune femme espère pouvoir rassembler très largement à droite et estime que d'autres changements de camp à la Bettati sont envisageables.

3 - Estrosi doit convaincre au-delà de son département

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Maire de Nice depuis 7 ans et député des Alpes-Maritimes depuis 5 ans, Christian Estrosi est populaire dans son département mais doit désormais conquérir toute la région. Il est pour cela aidé d'une armada d'experts allant de Maud Fontenoy (la navigatrice) à Bernard Squarcini. Mais sera-ce suffisant ? L'ancien ministre jouit d'une influence départementale forte. Il a d'ailleurs été président du Conseil général des Alpes-Maritimes, entre 2003 et 2008. Reste à savoir s'il  sera capable d'obtenir le même crédit auprès des électorats du Vaucluse et du Var, plus enclins à pencher du côté du Front national. 

L'autre point faible de Christian Estrosi est la multiplicité de ses fonctions. L'élu a promis de renoncer à l'Assemblée nationale et a quitté la mairie de Nice s'il est élu mais quid de sa candidature à la primaire UMP de 2016 ? L'homme politique y participera, ce qui offre un excellent angle d'attaque à ses adversaires. Pourra-t-il concilier ses ambitions nationales à un engagement durable dans la région ?

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