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Régionales 2015 : "Une mini-présidentielle en forme de tour de chauffe pour Marine Le Pen", dit Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - La présidente du FN a enfin annoncé sa candidature pour les régionales en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Qu'elle gagne ou qu'elle perde, ce ne sera pas un combat pour rien.

Alba Ventura
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Crédit : Alba Ventura
Régionales 2015 : "Une mini-présidentielle en forme de tour de chauffe pour Marine Le Pen", dit Alba Ventura
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Régionales 2015 : "Une mini-présidentielle en forme de tour de chauffe pour Marine Le Pen", dit Alba Ventura
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L'invité de RTL - Alba Ventura
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Marine Le Pen l'a annoncé officiellement mardi 30 juin : elle va se lancer dans la bataille pour les régionales dans la future région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. C'était un vrai secret de Polichinelle (RTL vous l'avait annoncé il y a un mois). Mais elle a beaucoup tergiversé. On n'est pas habitué à voir les Le Pen tourner autour du pot. On a eu Marion Maréchal-Le Pen, la nièce, qui ne savait pas trop si elle devait se présenter en PACA ; elle a dit "oui", puis "non", puis "oui". On a eu chez la tante une valse hésitation qui a duré des semaines : "j'y vais, j'y vais pas, j'y vais, j'y vais pas..."

Le principal obstacle, c'était de pouvoir mener deux campagnes de front (les régionales et la présidentielle), même si c'est à un an et demi d'écart. Marine Le Pen voulait très tôt pouvoir se consacrer uniquement à son rendez-vous de 2017. Elle nous avait d'ailleurs confié qu'elle voulait voyager, rencontrer du monde et organiser ses réseaux.

La présidentielle, c'est son objectif. Elle ne voulait pas se laisser détourner par un autre combat.

Marine Le Pen vante la valeur "courage"

Si elle a failli caler, c'est aussi en raison de la violente bagarre qui l'a opposée à son père. Elle a vécu un moment de fragilité. Ça l'a vraiment entamée. Sans doute les forces qu'elle a mises dans cette bataille familiale, elle ne les a pas mises dans sa réflexion sur les régionales. C'est pour cela qu'il lui a fallu du temps pour prendre sa décision.

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Ce qui l'a sans doute poussée à y aller finalement, c'est le côté "courageux" de l'affaire. La "valeur courage", c'est très important aux yeux de Marine Le Pen. D'autant que dans les études sur les qualités de la patronne du FN, c'est sur le courage qu'elle est le mieux noté. Dans l'idée du "courage", il y a une part sacrificielle : "Pour vous, je donnerai  ma vie". C'est la fille qui ose tout, qui se dit qu'elle ne peut pas faire l'impasse, surtout dans une région que le FN peut gagner. Une région de 6 millions d'habitants.
Voilà comment elle a fini par se faire à l'idée d'être candidate. Mais en réalité, ce n'est pas son option prioritaire. Certes, elle est très décidée à présent. Sa réflexion a été mûrie. Mais il n'empêche que Marine Le Pen est fabriquée pour la présidentielle. Cela fait des années qu'elle s'est mise dans une écurie de course pour la présidentielle, pas pour courir sur des circuits de province. 

En pôle position, mais...

Elle a peur d'y perdre des forces. Tout le temps qu'elle va passer à s'occuper de la Région, elle ne le passera pas à préparer 2017. C'est pour ça qu'elle colle à l'actualité en ce moment, en essayant de répondre au plus juste à son électorat. Sur la Grèce, par exemple. Le FN soutient les Grecs. "Mais attention Syriza n'a pas la même vision que nous sur l'immigration", dit la patronne du parti. Il y a quelques mois pourtant, c'était "Forza Syriza !"

Sur la politique sociale du Front national, on fait attention aussi à ne pas verser dans l'utopie. Madame Taubira rêve de32 heures de travail par semaine ? Marine Le Pen dit qu'il faut revenir aux 39 heures. Elle en profite pour recadrer son discours. Car ce qui est fait n'est plus à faire. 

Ce qui peut lui arriver de pire : arriver en tête, mais ne pas prendre la région

Alba Ventura

A-t-elle des chances de remporter la région ? C'est très difficile à dire. Sur le papier, dans les sondages, elle est en pôle position. Elle est dix points devant tout le monde, avec un PS laminé, en troisième position. Mais dans la dernière ligne droite, le PS peut très bien se désister et appeler à voter Xavier Bertrand, le candidat des Républicains.

C'est ce qui peut lui arriver de pire : arriver en tête mais ne pas prendre la région. Alors bien sûr, elle pourra toujours l'utiliser et dire qu'on lui a volé la victoire. Mais elle ne sera pas présidente de région. Marine Le Pen sait bien tout cela. Mais elle a fini par se convaincre que c'était, au fond, une mini-présidentielle et que le tour de chauffe valait le coup.

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