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Régionales 2015 : "Entre la droite et le centre, c'est 'quand on compte, on aime beaucoup'", analyse Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - La journaliste nous explique pourquoi Nicolas Sarkozy a été très généreux avec les centristes de l'UDI en négociant l'accord électoral pour les régionales de décembre prochain.

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Régionales 2015 : "Entre la droite et le centre, c'est 'quand on compte, on aime beaucoup'", analyse Alba Ventura Crédit Média : RTL | Date :
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L'invite´ de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura Journaliste RTL

Un accord a été conclu cette semaine entre Les Républicains et l'UDI. La droite et le centre partiront donc unis aux prochaines élections régionales. Entre Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe Lagarde, on a fait de la realpolitik électorale. Les Républicains n'ont pas intérêt à perdre des voix. L'UDI ne peuvent pas gagner tout seul. Il y a donc une forme de réalisme politique. Même si  tout le monde n'y trouve pas son compte. Ça grince notamment du côté de certains Républicains, comme Jean-Pierre Raffarin ou Jean-François Copé, qui estiment que les parts du gâteau sont un peu grosses pour un parti qui ne pèse pas grand-chose.

C'est vrai que l'UDI, ce n'est pas un centre indépendant. L'UDI n'existe pas tout seul. On est loin du centre incarné par Jean-Louis Borloo ou par François Bayrou. Pourtant dans l'accord, l'UDI obtient quand même trois têtes de liste pour trois présidences de régions et 30% des sièges. Ce n'est pas mal quand on sait que Les Républicains espèrent remporter entre sept et neuf régions sur treize. C'est un beau cadeau fait aux centristes, même si en échange l'UDI se rangera partout ailleurs derrière Les Républicains.
Entre la droite et le centre ce n'est pas "quand on aime on ne compte pas", c'est plutôt "quand on compte, on aime beaucoup".

Marchandage politique

Centristes et Républicains sur la même longueur d'onde ? Attendez, c'est un accord électoral. On n'est pas sur un programme commun, là. C'est de la négociation pour des places, pour des sièges. On n'est pas obligé de nous prendre pour des gogos.

Rappelons qu'il y a quelques mois à peine, Jean-Christophe Lagarde était formellement opposé à la candidature de Laurent Wauquiez en région Rhône-Alpes. "Si c'était Wauquiez , il y aurait une candidature centriste face à lui" : c'était dit en tapant du poing sur la table. Parce que Laurent Wauquiez, aux yeux de Jean-Christophe Lagarde, c'est "l'extrême-droite".
Par la magie des accords électoraux, Laurent Wauquiez est devenu fréquentable. Mieux : en cinq mois, aux dires de Jean-Christophe Lagarde, Wauquiez "a changé". C'est formidable, non ? 

Par la magie des accords électoraux, Laurent Wauquiez est devenu fréquentable

Alba Ventura
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On dirait les Verts avec Manuel Valls qui, à la veille des élections départementales, organisaient des meetings communs. On était à deux doigts de s'embrasser sur la bouche. 

On est dans des accords. On est dans du marchandage. C'est d'ailleurs pour cela que l'UDI ne s'est pas engagé à participer à la primaire de la droite et du centre, comme le voulait Nicolas Sarkozy, parce qu'il faut en garder un peu sous le pied.

Non contents d'avoir obtenu trois régions, les centristes se disent qu'ils pourront tenter de négocier leur participation à la primaire contre des places aux prochaines législatives. C'est un grand marché la politique.

Sarkozy veut marcher sur ses deux jambes

Qu'est-ce que Nicolas Sarkozy a à gagner dans cet accord ? Il ne vous a pas échappé que les électeurs centristes ont un faible pour Alain Juppé. Cela se voit dans tous les sondages : les sympathisants de l'UDI votent massivement pour l'ancien premier ministre. S'ils décidaient de se déplacer nombreux à la primaire, ce serait un risque pour Nicolas Sarkozy.

Le chef des Républicains se dit qu'il est peut-être temps d'essayer de marcher sur ses deux jambes, lui qui répète partout qu'il veut favoriser le rassemblement le plus large possible de la droite et du centre.

Comme dans ses meetings et dans ses prises de position, il a surtout pris appui sur sa jambe droite, le moment est venu de commencer à donner quelques gages aux centristes. En leur accordant trois têtes de liste et 30% des sièges, il leur dit : "Voyez comme je sais être bon et magnanime". Et il espère bien qu'il sera payé en retour. Ce qui n'est pas si sûr.

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