2 min de lecture Isère

Réfugiés : une commune d'Isère ne veut accueillir que des chrétiens car "ils ne décapitent pas leur patron"

Après Belfort et Roanne, un troisième maire de droite refuse d'accueillir des migrants musulmans.

À Champagne-sur-Seine (Seine-et-Marne), la Croix-Rouge se prépare à accueillir des migrants le 9 septembre 2015.
À Champagne-sur-Seine (Seine-et-Marne), la Croix-Rouge se prépare à accueillir des migrants le 9 septembre 2015. Crédit : THOMAS SAMSON / AFP
Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Après les maires de Belfort et Roanne, celui de Charvieu-Chavagneux, en Isère, ne veut accueillir que des réfugiés chrétiens, car "ils ne mettent pas en danger la sécurité d'autrui".

Un nouvel élu de droite ne souhaite pas accueillir dans sa commune de réfugiés musulmans. Après les maires de Belfort et de Roanne, celui de Charvieu-Chavagneux (Isère) ne recevra des migrants qu'"à la condition expresse que ce soit une famille chrétienne", a indiqué Gérard Dézempte à l'AFP mardi 8 septembre. Parce que "les chrétiens ne mettent pas en danger la sécurité d'autrui ; qu'ils n'attaquent pas les trains armés de kalachnikov, qu'ils n'abattent pas des journalistes réunis au sein de leur rédaction et qu'ils ne procèdent pas à la décapitation de leur patron comme nous l'avons vu à quelques kilomètres de notre commune", justifie la délibération du conseil municipal, approuvée à l'unanimité. La commune de Charvieu-Chavagneux (8.250 habitants) est en effet située à 16 km de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), où Yassin Salhi a décapité son employeur et tenté de faire exploser une usine, le 26 juin dernier. 

Rappelés à l'ordre par Manuel Valls

D'après cette délibération, la mairie divers droite affirme vouloir ainsi "pallier la politique étrangère irresponsable de l'État. Le texte cite l'appel du Pape François à accueillir des réfugiés, mais aussi une promesse de Saint-Louis, en 1250, de protéger les chrétiens d'Orient : "Cette promesse a traversé les siècles, faisant de la France une fidèle protectrice des chrétiens d'Orient", estime la commune.

Le maire de Charvieu-Chavagneux Gérard Dézempte a été réélu en mars 2014 sous l'étiquette divers droite (après RPR et UMP). Il est en place depuis 1983. Il a déjà été condamné pour incitation à la haine raciale et religieuse en 1992, puis pour discrimination, en 2006 - avant que la Cour de cassation n'annule cette condamnation en 2009. Également conseiller départemental, il a été réélu en mars 2015, sous l'étiquette "union de la droite", face au FN qui fait de gros scores sur la commune et dans le canton. 

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Alors que la France se dit prête à accueillir 24.000 réfugiés dans les deux années à venir, deux autres maires d'opposition ont déclaré qu'ils ne souhaitaient accueillir que des réfugiés chrétiens. Le député-maire de Roanne Yves Nicolin (Les Républicains) a expliqué à France Bleu Saint-Étienne Loire qu'il "souhaite (...) avoir l'absolue certitude que ce ne sont pas des terroristes déguisés. C'est la raison pour laquelle demander à ce que ce soit des chrétiens peut représenter une garantie suffisante". Quant au maire de Belfort Damien Meslot (LR), il juge que les chrétiens sont "les plus persécutés". Le Premier ministre Manuel Valls leur a répliqué qu'"on ne trie pas en fonction de la religion. Le droit d'asile, c'est un droit universel". 

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