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Réforme fiscale : "L'exécutif est convaincu d'avoir un 'moment'", décrypte Alba Ventura

ÉDITO - Le Président Macron a repris la main sur l'épineux dossier budgétaire, quitte à corriger son premier ministre.

Édouard Philippe et Emmanuel Macron à Paris, le 23 mai 2017
Édouard Philippe et Emmanuel Macron à Paris, le 23 mai 2017
Crédit : AFP / ETIENNE LAURENT
Réforme fiscale : "L'exécutif est convaincu d'avoir un 'moment'", décrypte Alba Ventura
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Alba Ventura & Loïc Farge

Finalement c'est dès 2018 que seront mises en oeuvre la réforme de la taxe d'habitation et celle de l'impôt sur la fortune, contrairement à ce qu'avait indiqué Édouard Philippe lors de son discours de politique générale. Face aux critiques, Emmanuel Macron a décidé de réagir vite. C'est un couac, qui est vite éteint. Mais on voit bien que le système d'alarme s'est déclenché au sommet du pouvoir et qu'il est urgent de faire machine arrière. Ne pas laisser le sentiment que "les impôts, c'est maintenant", comme avait attaqué la semaine dernière Gérard Larcher, le président du Sénat, sur RTL.

Il s'agit de ne pas laisser l'impression qu'en reportant certaines baisses d'impôts, comme la suppression de la taxe d'habitation ou la réforme de l'ISF, on ne laissait que des hausses (c'es-à-dire l'augmentation de la CSG, notamment). Surtout que pendant toute la  campagne présidentielle, Emmanuel Macron a "justifié" la hausse de la CSG, notamment par la suppression de la taxe d'habitation (et également par la baisse des charges salariales). En gros, il ne fallait pas s'inquiéter, tout était compensé : c'était ça le discours de la campagne.

Retour aux "promesses" de Macron

On revient donc aux "promesses" du candidat Macron. Parce qu'Emmanuel Macron nous a expliqué pendant sa campagne qu'il avait un mantra : tenir ses promesses, être le contre-exemple de ce qu'ont fait ses prédécesseurs. Par ailleurs, il a vu les ravages du ras-le-bol fiscal, de près, quand il était à l'Élysée. Il sait que la fiscalité et les impôts sont un domaine ultra sensible.

Il veut rester le président qui fait attention aux investissements des entreprises, avec la baisse de l'ISF sur les biens immobiliers uniquement, et le président qui fait attention aux ménages les moins aisés, avec la suppression de la taxe d'habitation. Il ne pouvait pas se permettre un retard à l'allumage, surtout quand on a plaidé pour un choc de confiance.

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Le premier ministre aurait donc fait du zèle ? Non. Qui peut croire une seconde que le discours de politique générale prononcé par Édouard Philippe n'a pas été lu et relu (voire corrigé) par l'Élysée ? On nous a même expliqué que les deux hommes avaient travaillé ensemble pour ne pas se marcher sur les pieds, pour se répartir les rôles, compte tenu de la concomitance de leurs discours la semaine dernière, l'un au Congrès, l'autre à l'Assemblée.

Un "moment", ça ne dure pas

Mais on peut aisément imaginer que, compte tenu de l'audit de la Cour des comptes, qui a acté un dérapage supplémentaire des finances de 8 milliards d'euros, et la volonté de respecter le seuil de 3% de déficit, l'exécutif a essayé de se donner un peu d'air. Bien tenté ! Mais même noyé au milieu du paquet de cigarettes, de la réforme du RSI, des états généraux de l'alimentation, du droit d'asile, du bac et on en passe, le report des promesses n'est pas passé inaperçu.

Les remontées de terrain étaient mauvaises après le discours du premier ministre. Emmanuel Macron et Édouard Philippe ont donc été rattrapés par la patrouille, et ils ont dû obtempérer. À Matignon, et même à l'Élysée, on est convaincu d'avoir "un moment". Autrement dit une parenthèse, une brèche. Un moment, dit-on, qu'il faut exploiter. Un moment où la confiance est aussi une affaire de calendrier, de rythme. Mais attention, parce qu'"un moment", par définition, ça ne dure pas.

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