4 min de lecture Éducation nationale

Réforme du collège : "Une lettre des députés UMP pour demander son retrait à Hollande", révèle Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - La droite a trouvé dans la lutte contre la réforme des collèges un sujet de consensus. Une centaine de députés UMP ont envoyé à l'Élysée un courrier demandant le retrait du texte.

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Réforme du collège : "Une lettre des députés UMP pour demander son retrait à Hollande", révèle Alba Ventura Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura Journaliste RTL

Ça gronde autour du projet de la réforme du collège. La droite est clairement à l'offensive. Mardi 5 mai sur RTLFrançois Fillon est venu demander la suspension du texte. Ce mercredi, Nicolas Sarkozy en remet une couche dans Le Figaro.

Sans trahir le secret postal, RTL vous révèle que François Hollande va trouver ce jour dans sa boîte aux lettres un courrier signé par près de 100 députes UMP. Une lettre ouverte au président de la République pour lui demander non pas la suspension, mais le retrait de la réforme du collège. C'est  l'ancien ministre Bruno Le Maire qui en a pris l'initiative. Il a fait un tabac mardi en réunion de groupe des députés à l'Assemblée. Il a même été chaleureusement félicité par Nicolas Sarkozy.

On peut dire que la droite s'est trouvée un sujet qui les rassemble tous. Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez ont même signé une tribune ensemble. C'est dire qu'il y a consensus.

Interrogations légitimes

Sur le fond, il y a des choses défendables dans cette réforme. On pense notamment au fait de consacrer plus de temps à l'accompagnement des élèves en difficulté, quand on sait que le niveau en français, en maths et en histoire s'est effondré en dix ans en France. Mais il y a aussi des interrogations légitimes.

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Quand on laisse aux établissements la possibilité d'organiser 20% du temps de l'enseignement, il va forcément y avoir des choix à faire. Selon que les profs seront plus attirés par la culture ou par le développement durable, on n'apprendra pas la même chose partout. Il y a un risque de carence de l'enseignement.

Si on veut défendre la République, il faut commencer par défendre ceux qui ont défendu la République

Alba Ventura
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C'est certainement très intéressant d'apprendre le fonctionnement des éoliennes avec le prof de physique, de techno et de SVT. C'est sans doute très utile d'organiser une débat sur le dessin de presse et les caricatures, ou de faire venir un urbaniste pour comprendre les territoires et les périmètres de la ville de Seattle, aux États-Unis et de faire son exposé en anglais (bonjour le vocabulaire qu'il va falloir acquérir en anglais en 5ème !). Tout ceci figure dans le dossier de presse du ministère de l'Éducation nationale.

Tout cela est loin d'être d'idiot. Mais, au risque de se faire traiter de réac ou de pseudo intello (au choix), une question se pose : où est donc le fond de la culture commune ? Où sont les bases ?

Maîtriser les fondamentaux

Il ne s'agit pas de faire des enfants des intellectuels, mais de leur donner des références. Si on veut leur transmettre les valeurs de la République, il faut d'abord qu'ils maîtrisent la langue. Vous vous rendez compte qu'on enseignait 6 à 8 heures de français auparavant, contre environ 5 heures aujourd'hui. Molière a du mal à se frayer un chemin. Et on ne vous parle pas de Hugo ou de Voltaire.

Si on veut défendre la République, il faudrait peut-être commencer par défendre ceux qui ont défendu la République.

La droite est aussi montée au créneau sur l'enseignement du latin, du grec et de l'allemand. Au passage, il n'est pas sûr que l'on aurait tenté de modifier l'enseignement de la langue de Goethe sous Jean-Marc Ayrault, ancien prof d'allemand.
Pour ce qui est du latin et du grec, ce n'est pas une affaire de gens privilégiés. Certes il y a des parents qui font le choix pour leurs enfants d'une classe latiniste ou grecque, pour qu'ils soient dans une bonne classe. Mais il y a aussi des parents qui veulent tout simplement que leurs enfants acquièrent un enseignement rigoureux, l'apprentissage d'une langue certes morte, mais qui est la racine de notre civilisation, et qui "accessoirement" nous apprend plus tard à mieux orthographier certains mots.

Pas de formule magique

C'est toujours la même histoire avec les réformes dans l'Éducation nationale : on a le sentiment que chacun croit avoir trouvé la formule magique. On a surtout le sentiment que l'Éducation nationale est irréformable. On a pourtant un système éducatif en perte de vitesse, avec des résultats médiocres, des profs que l'on balade de réforme en réforme à chaque fois qu'un nouveau ministre apparaît.
 
Souvenez-vous. Xavier Darcos a sauté sur la réforme du lycée. On a mis Luc Chatel ensuite, qui n'a touché à rien. Claude Allègre, qui voulait tout changer, a vite été mis sur la touche. C'est Jack Lang qui lui a succédé, avec ordre de ne pas mettre le bazar.

On a le sentiment que l'Éducation nationale est irréformable

Alba Ventura
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C'est sans doute plus facile à dire qu'à faire. Comme dit un jeune professeur : "Dans l'éducation, il faut faire simple. À l'école, il faut apprendre à lire, écrire et compter. Au collège, il faut acquérir les enseignements fondamentaux. Au lycée, il faut commencer à développer l'esprit critique".

C'est simple, mais plein de bon sens.

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