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Réforme des collèges : "Najat Vallaud-Belkacem saura-t-elle naviguer dans la tempête ?"

REPLAY / ÉDITO - Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'Éducation, est critiquée par des intellectuels et la droite pour sa réforme des collèges. Elle agace aussi certains socialistes.

Elizabeth Martichoux
Elizabeth Martichoux
Crédit : RTL
Réforme des collèges : "Najat Vallaud-Belkacem saura-t-elle naviguer dans la tempête ?"
03:59
Réforme des collèges : "Najat Vallaud-Belkacem saura-t-elle naviguer dans la tempête ?"
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La polémique sur le collège fait beaucoup de bruit. La ministre de l'Éducation, Najat Vallaud Belkacem, est affaiblie mais elle tient debout. Au moins jusqu'à la semaine prochaine. Avec la grève de mardi 19 mai, on mesurera plus précisément le niveau de la mobilisation contre sa réforme.

Si elle est importante, la contestation peut cristalliser et la ministre se retrouver - comme on dit familièrement - "dans la seringue". À l'Élysée on se rassure et on souligne qu'en réalité la réforme et la ministre sont en bien  meilleure posture aujourd'hui que la semaine dernière.

Les critiques de la droite rassemblent la gauche

Pour résumer, plus la droite tape, plus elle aide la gauche. "Pour nous c'est inespéré", me disait mercredi un leader socialiste. Depuis que l'UMP a mis la réforme dans son viseur, depuis que Nicolas Sarkozy en a rajouté une couche en attaquant nommément Najat Vallaud-Belkacem lundi soir, les rangs se resserrent.

Les parlementaires socialistes montent au front. Ils ont mis le temps mais mercredi Bruno Le Roux a lancé la contre-attaque au nom des députés PS. Une pétition signée par des intellectuels (on est curieux d'avoir les noms) devrait bientôt circuler pour contrebalancer les diatribes des Bruckner, Nora, d'Ormesson, Onfray, Finkielkraut ou Ferry. Bref, à gauche, on s'organise pour sauver la réforme et le soldat Belkacem.

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Car la ministre a d'abord ramé un peu toute seule dans la tourmente. Oui, elle a bénéficié du soutien appuyé de l'exécutif. Manuel Valls avec sa fougue à l'Assemblée, le Président la semaine dernière quand il a senti le roussi, a défendu ce texte. Mais les élus ? Les autres ministres ? Vous les avez entendus ? Oui, pour dire que Najat Vallaud-Belkacem avait fait une gaffe dans ce studio de RTL quand elle a dénoncé les "pseudo-intellectuels". Certains ont même dénoncé une faute politique. Mais sinon, ils l'ont laissée dans une solitude inconfortable.

Najat Vallaud-Belkacem a montré des faiblesses

Najat Vallaud-Belkacem agace. C'est la jeune ministre de 37 ans, qui prend toute la lumière sur la photo. Alors, on ne lui pardonne pas grand chose. Et sur ce coup-là, elle a montré quelques signes de faiblesse politique.

D'abord son incapacité à construire un réseau autour d'elle. La règle d'or ! Quand une crise approche, si vous avez une petite armée de fidèles ou d'inféodés capables de monter des digues autour de vous, c'est un sacré atout. Ça, elle ne sait pas faire. Elle, son truc, c'est d'être la bonne élève. La première de la classe. Bien sûr ça prête à la caricature.

Ceux qui jalousent son ascension au gouvernement raillent son côté appliqué, limite fayote. Quand elle était à Sciences Po, ce n'est pas elle qui mettait le bazar dans les amphis, elle passait tout son temps à bosser en bibliothèque. Travailler, travailler... Voilà le moteur de son ambition, c'est ça qui la fait avancer. Aujourd'hui à la tête du mammouth qu'est l'éducation nationale, elle ne veut rien lâcher et surtout ne pas s'éparpiller. Erreur, car si elle avait eu un réseau sur lequel s'appuyer quand les premiers nuages sont apparus, elle n'en serait sans doute pas là.

Elle n'a pas su dégager le sens de la réforme.

Elizabeth Martichoux

Autre faiblesse : elle a laissé se télescoper l'annonce des nouveaux programmes et sa réforme. Elle aurait dû faire dégager la piste avant d'atterrir, la concomitance des deux textes a brouillé la ligne. Ensuite, elle aurait dû être moins technique dans ses premières explications. Toujours son côté scolaire. Elle veut être précise, entrer dans les détails. Elle n'a pas su dégager le sens de la réforme.

Son texte lui-même n'est pas parfait. La question des langues trouble l'opinion, l'interdisciplinarité déstabilise les professeurs. Elle dont Gérard Colomb, son ancien mentor, dit méchamment "qu'elle sait moins produire que vendre" n'a pas réussi à convaincre. Un autre élu ajoute : "Elle est parfaite par temps calme, mais saura-t-elle naviguer dans la tempête ?" Sacré examen de passage pour la chouchoute de la classe.

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