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Réforme de la SNCF : 4 points à retenir des annonces d'Édouard Philippe

ÉCLAIRAGE - Le Premier ministre a présenté les quatre axes de la réforme très attendue de la SNCF, lundi 26 février. Comme pour la réforme du code du travail, le gouvernement aura recours aux ordonnances.

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Réforme de la SNCF 4 points à retenir des annonces d'Édouard Philippe Crédit Image : CHARLES PLATIAU / POOL / AFP | Crédit Média : Éric Vagnier | Durée : | Date :
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Ludovic Galtier
et AFP

L'hypothèse circulait depuis plusieurs jours dans les couloirs de l'Élysée et de Matignon. Sans surprise, la réforme de la SNCF aura lieu à grande vitesse. Comme pour l'emblématique réforme du code du travail du mois de septembre, le gouvernement a choisi de recourir aux ordonnances pour les "seuls aspects techniques".

L'objectif est d'"aller vite", a fait savoir le Premier ministre Édouard Philippe en conférence de presse, lundi 26 février. Le texte est visiblement quasiment rédigé. "Face à l'urgence", le projet de loi d'habilitation sera présenté au Parlement à "la mi-mars" pour une adoption "des principes clés avant l'été". La SNCF, elle, devra présenter "avant l'été" "un projet stratégique d'entreprise", garantissant "une meilleure qualité de service pour les usagers des transports" et "une gestion plus efficace", tout en étant "porteuse d'un nouveau contrat social avec les cheminots".

À n'en pas douter, le passage par les ordonnances ne surprendra en rien les syndicats. Interrogés ces derniers jours sur le sujet, les syndicats CGT, Unsa, SUD-Rail et CFDT estimaient que le choix des ordonnances constituait un chiffon rouge. Certains d'entre eux ont déjà appelé à une journée d'action le 22 mars. Anticipant les critiques, le Premier ministre a indiqué qu'il ne cherchait "l'affrontement avec personne". Pas sûr que cela suffise à apaiser la grogne de ses adversaires politiques. Voilà pour la méthode. Voici maintenant ce qu'il faut retenir du fond de la réforme.

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1. En finir avec la "situation intenable" de la SNCF

Pendant de longues minutes, le Premier ministre a insisté sur l'importance de la dette de l'entreprise ferroviaire. "50 milliards d'euros, c'est l'équivalent du budget de l'Éducation nationale", a estimé Édouard Philippe, qui parle d'une "situation alarmante" voire "intenable" à la SNCF. "Les Français, qu'ils prennent ou non le train, payent de plus en plus cher pour un service public qui marche de moins en moins bien."

2. Pas de "réforme des petites lignes"

L'ancien maire du Havre s'est bien gardé d'engager le gouvernement dans un combat avec les élus locaux. Comme RTL l'indiquait dans la matinée du 26 février, Édouard Philippe ne mènera pas "une réforme des petites lignes".

"Je ne suivrai pas le rapport Spinetta sur ce point. On ne décide pas la fermeture de 9.000 km de lignes depuis Paris sur des critères administratifs et comptables. Dans bien des territoires, le rail est au cœur de la stratégie des régions pour le développement des mobilités."

3. La disparition "à l'avenir" du statut de cheminot

En vue de la manifestation du 22 mars, Emmanuel Macron et Édouard Philippe placent ainsi les élus locaux, très attachés aux petites lignes de trains, de leur côté. La stratégie du gouvernement vise à résumer le combat des cheminots à une défense d'intérêts corporatistes dépassés. En ce sens, "à l'avenir", le statut de cheminot disparaîtra purement et simplement, a indiqué Édouard Philippe, sans préciser la date butoir. "Nous voulons regarder la réalité en face", a-t-il insisté, en estimant qu'"il est temps d'oser mener la réforme que tous les Français savent nécessaire". 

"Aux nouvelles générations, aux apprentis, à tous ceux qui veulent s'engager dans la SNCF, nous disons qu'ils bénéficieront des conditions de travail de tous les Français, celles du Code du travail. À l'avenir, à une date qui sera soumise à la concertation, il n'y aura plus de recrutement au statut", a prévenu le Premier ministre, qui exclut de faire de cette réforme celle du système de retraites des cheminots.

4. Pas de privatisation de la SNCF

Édouard Philippe a aussi joué l'apaisement en assurant que cette réforme du rail ne préparait pas "la privatisation de la SNCF". "La SNCF est un groupe public qui porte des missions de service public. Elle est dans le patrimoine des Français et elle y restera", a promis le Premier ministre.

Constatant qu'"il faut plus d'efficacité et de souplesse à la SNCF", Édouard Philippe a indiqué vouloir réorganiser le groupe public. Il convient, selon lui, d'"examiner calmement" sa transformation en société nationale à capitaux publics, comme l'a préconisé l'ancien patron d'Air France Jean-Cyril Spinetta, dans un récent rapport sur l'avenir du système ferroviaire français.

Une telle transformation serait "l'inverse d'une privatisation puisque l'État y détiendrait des titres incessibles", a-t-il martelé. "La SNCF est dans le patrimoine des Français, et elle y restera."

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