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Rachida Dati : "Le racisme, ce n'est pas de l'humour" (vidéo)

La députée européenne, membre du Groupe du Parti Populaire Européen, répondait mardi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. L'ex-Garde des Sceaux a estimé que les propos de Brice Hortefeux au côté d'un jeune militant UMP d'origine arabe n'étaient pas de "l'humour", mais "une maladresse", jugeant toutefois qu'après "les regrets" du ministre de l'Intérieur, il fallait "tourner la page". Et d'ajouter : "Pour moi, le racisme, c'est pas de l'humour, c'est une infraction pénale, donc on n'est pas là-dedans". Elle a confié qu'elle envisageait une éventuelle candidature pour les législatives de 2012, jugeant que ce serait "naturel".

Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
Journaliste RTL

Ecouter aussi : Brice Hortefeux exprime ses "regrets" après ses propos équivoques (vidéo)


Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Rachida Dati.

Rachida Dati : Bonjour

Le Parlement européen votera, demain, la reconduction ou non pour cinq ans de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne. Votre groupe parlementaire et celui du Parti Populaire Européen va voter pour la reconduction de José Manuel Barroso. Donc, vous aussi, Rachida Dati. Pourquoi ?

En tant que membre du groupe PPE, je soutiens la politique et la reconduction et la candidature de Barroso. Ceci étant, ce qui a un peu changé, il faut quand même le dire, c'est que Barroso a été obligé de présenter son programme, y compris au groupe PPE qui le soutenait. Et je peux vous dire que - puisque j'y ai assisté - j'ai posé moi-même des questions à Barroso, il a été obligé de s'expliquer très clairement, très précisément sur son programme.

Mais cet homme qu'on critiquait beaucoup ; on disait : il est libéral, il a été totalement passif pendant la crise. Pourquoi le reconduire si on n'est pas content ?

Il faut lui reconnaître quand même quelques qualités. Il a permis l'intégration des anciens pays de l'Est au sein de l'Union européenne, sans trop de difficultés. D'autre part, il faut aussi lui reconnaître que pendant la présidence française de l'Union européenne, avec le soutien actif de Nicolas Sarkozy, il a contribué à l'adoption de ce qu'on appelle le paquet énergie-climat. Donc, il a quand même été très actif lors de cette présidence française. Mais c'est vrai aussi, je suis aussi honnête en le disant, on a mis un visage sur la commission européenne au moment de la présidence française de l'Union européenne.

C'est une manière de souligner l'absence de José Manuel Barroso !

Non, c'est parce que je crois que pendant trop longtemps, il faut dire la réalité (on l'a vue d'ailleurs pendant la campagne des Européennes), l'Europe est très éloignée des citoyens européens. D'ailleurs le terme générique de la Commission, on l'appelle "Bruxelles". On dit : "Bruxelles nous empêche..." On a l'impression que Bruxelles empêche ou entrave. D'ailleurs, c'est ce que j'ai demandé à Barroso lors des échanges, en lui disant : "Je vous demande, et est-ce que vous seriez d'accord pour mieux expliquer votre action ?". Il s'est rendu compte, d'ailleurs, dans son programme, il met un peu plus de politique. Ca veut dire quoi ? Ca veut dire qu'à un moment donné, il faut se mouiller un peu plus, tenir compte des préoccupations des citoyens européens pour prendre des mesures et ne pas être en vase clos.

C'est un vote sans enthousiasme, Rachida Dati, pour José Manuel Barroso ?

Non, parce que je trouve qu'il a été très courageux dans la manière de défendre son programme.

On n'a pas senti beaucoup d'enthousiasme dans sa défense, à l'instant ; mais enfin, bon ! Si vous dites que vous en avez ! C'est comment le Parlement européen ? On peut s'y perdre ? Ca a un intérêt d'y siéger, Rachida Dati ?

Le Parlement européen, il faut quand même rappeler que c'est la seule institution démocratique en Europe. C'est le seul endroit où on est élu au suffrage universel direct. Donc, c'est important. Je trouve que pendant trop longtemps, ça a été un parlement... Moi je m'en rends compte. Alors, je l'ai connu par le biais de la présidence française à l'Union européenne en tant que Garde des Sceaux.

C'est un Parlement qui a été, pendant très longtemps, vu très technique ; ou alors un parlement de compromis. C'est-à-dire que tout se négocie en coulisses entre groupes politiques ; et finalement, le député est fondu dans son groupe politique. Je crois que ça va changer parce qu'il faut savoir que plus de la moitié des députés européens ont été changés. C'est nouveau, c'est un nouveau profil ; et je crois qu'aujourd'hui justement, ça désinhibe les députés européens pour pouvoir mieux prendre la parole et défendre l'intérêt des citoyens européens.

Vous savez que si vous siégez régulièrement au parlement européen, si vous y allez tout le temps, si vous allez en commission, dans un an Daniel Cohn-Bendit vous offre des fleurs ! Vous savez ça ? Il l'avait dit pendant la campagne. Il avait dit que vous y seriez jamais ; et si vous y étiez, il vous offrirait des fleurs !

Justement, moi je trouve que c'est un petit peu...! L'Europe c'est sérieux, voilà.

Et Daniel Cohn-Bendit, ce n'est pas sérieux !

Ses commentaires, moi j'ai trouvé que ce n'était pas sérieux.

"Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes". Ce sont les propos controversés de Brice Hortefeux. Faites-vous partie des personnes qui ont été choquées par ces propos, Rachida Dati ?

Moi je n'aime pas accabler les gens qui sont au cœur de polémiques, pour des tas de raisons. Il a présenté ses regrets, hier. Je trouve que c'est courageux. Et d'ailleurs, Claude Guéant sur votre antenne, hier, le disait encore en disant qu'il regrettait les conséquences de ces propos. Pour autant, je rappelle les propos du Président de la République. Il a demandé à son gouvernement, à ses ministres de s'impliquer totalement dans les missions qu'ils ont et qu'ils s'occupent beaucoup plus des préoccupations des Français ; et en terme de sécurité, c'est un enjeu important.

Comment il faut comprendre vos propos, Rachida Dati ?

Que maintenant, il faut tourner la page. Il a présenté ses regrets, il faut tourner la page.

C'est une manière de dire que Brice Hortefeux se laisse distraire par des choses anecdotiques et qu'il n'est pas assez à son travail, c'est ça que vous voulez dire ?

Pas du tout. Je dis simplement qu'il a présenté ses regrets, ça a été sans doute une maladresse. Moi je ne suis pas d'accord pour dire que c'est de l'humour. C'est une maladresse, il en a tiré les conséquences puisqu'il les a regrettés. Voilà, moi je trouve que tout ça est derrière nous, maintenant.
   
C'est Fadela Amera qui a dit : "C'était de l'humour". Ce n'est pas juste ?

Non, mais moi je trouve que vu la polémique qu'il y a eue en partant de propos hors d'un contexte de vidéo exploitée. En plus, de vidéo qui enfin vous êtes filmé à votre insu, je ne trouve pas ça très honnête comme procédé. Mais pour autant... Après, on a parlé de racisme. Pour moi, le racisme, ce n'est pas de l'humour. C'est une infraction pénale, il faut aussi le rappeler. Donc, on n'est pas là-dedans. Donc, maintenant, je considère que la polémique est derrière nous.

Oui, elle est sans doute derrière nous. Mais comment avez-vous compris le propos du ministre de l'Intérieur : "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes". De quoi parlait-il, à votre avis ?

Moi j'entends les regrets qu'il a présentés, hier, et de manière très courageuse.

Et de quoi parlait-il, à votre avis ?

Ecoutez, moi, pour être franche, je n'étais pas là ce week-end, et donc je n'ai pas visionné la vidéo. Je n'ai vu que la retranscription...

Vous êtes la seule Française à ne pas avoir visionné la vidéo !

Non pas du tout ! Non, parce que j'ai lu la transcription dans le journal "Le Monde"...

C'est en trois clics la vidéo, on la voit. Il n'y a pas de problèmes.

Je dis simplement que j'ai vu la retranscription qui a été faite dans le journal "Le Monde". Je dis simplement qu'aujourd'hui, il a présenté ses regrets. Claude Guéant l'a encore dit, hier : il a regretté et les conséquences de ses propos ; et hier, de manière très courageuse, il a présenté ses regrets suite à cette polémique.

Le débat est de retour sur la scène nationale. Etes-vous favorable à une loi qui règlementerait le port de la burqa, Rachida Dati ?

A titre personnel, je n'y suis pas favorable. Je trouve que le sujet de la burqa est un sujet en soi, c'est vrai que ça n'est pas un mode de vie, ce n'est pas forcément non plus une expression religieuse. Je dis simplement qu'il y a des sujets graves en France : le chômage, la crise financière dont on parlait à l'instant ; et je trouve que pour moi, il y a des priorités beaucoup plus importantes pour les Français et la vie des Français.

Vous êtes maire du VIIème arrondissement, Rachida Dati. François Fillon lorgne sur la mairie de Paris. C'est une bonne nouvelle ou une mauvaise nouvelle, qu'il lorgne comme ça depuis Matignon sur la Mairie de Paris ?

Ecoutez, moi je ne l'ai pas entendu qu'il lorgnait !

On n'entend pas, en général. On voit ça...

Ecoutez, moi je suis maire du VIIème arrondissement, je suis élue de Paris, avant les Municipales de 2014 ; donc c'est très loin ; il y a les législatives de 2012 et puis il y a la Présidentielle quand même avant. Donc, il y a encore beaucoup de temps avant tout cela.

"Le Parisien" du 2 septembre dit que vous avez évoqué une éventuelle candidature pour vous, Rachida Dati, à la mairie de Paris avec Nicolas Sarkozy, au mois de juillet ?

Non, on a parlé des Législatives et éventuellement sur la mairie du VIIème, par rapport aux législatives, sur cette circonscription.

C'est-à-dire : vous souhaitez être candidate ?

Ecoutez, on verra ; mais ça paraît pour moi naturel en étant maire du VIIème, très impliquée dans cet arrondissement, en ayant tenu mes engagements de campagne, je suis élue jusqu'en 2014, donc j'ai encore beaucoup de travail à faire pour les habitants du VIIème arrondissement. On verra en 2012. Mais bien sûr, que ça j'y pense.

Rachida Dati qui y pense, était l'invitée de RTL, ce matin. Bonne journée.

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Rachida Dati : "Le racisme, ce n'est pas de l'humour" (vidéo)
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La députée européenne, membre du Groupe du Parti Populaire Européen, répondait mardi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. L'ex-Garde des Sceaux a estimé que les propos de Brice Hortefeux au côté d'un jeune militant UMP d'origine arabe n'étaient pas de "l'humour", mais "une maladresse", jugeant toutefois qu'après "les regrets" du ministre de l'Intérieur, il fallait "tourner la page". Et d'ajouter : "Pour moi, le racisme, c'est pas de l'humour, c'est une infraction pénale, donc on n'est pas là-dedans". Elle a confié qu'elle envisageait une éventuelle candidature pour les législatives de 2012, jugeant que ce serait "naturel".
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2009-09-15 11:23:00