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Qu'est-ce-que la Fondation des œuvres pour l'islam de France que veut relancer Manuel Valls ?

ÉCLAIRAGE - Le Premier ministre souhaite interdire temporairement les financements étrangers des mosquées : il est en quête d'alternatives.

Manuel Valls le 21 mars 2016
Manuel Valls le 21 mars 2016 Crédit : Lewis Joly/SIPA
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Manuel Valls l'a dit et répété cette semaine : il n'est "temporairement" plus question de financer les mosquées par des fonds étrangers, qui représentent moins de 20% des budgets (Maroc, Algérie, Arabie Saoudite). Après un mois de juillet sanglant marqué par les attentats de Nice et de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), Les Républicains et le Front national ont fustigé la politique du gouvernement en matière de lutte contre le terrorisme. Le Premier ministre, qui a dénoncé "le populisme" pratiqué par ses adversaires dans une interview au journal Le Monde le 29 juillet, a appelé à reconstruire l'islam de France dans le JDD du 31 juillet, en relançant notamment la Fondation des œuvres pour l'islam de France (FOIF), qu'il a lui-même qualifié d'"échec total".

Créée par décret le 31 mai 2005, il y a plus de dix ans, par Dominique de Villepin, le Premier ministre de l'époque, l'institution reconnue d'utilité publique avait pour principale mission "la construction et la gestion des lieux de culte, en accord avec les maires des communes concernées", comme le rappelle Jean-Pierre Chevènement qui a consacré une question orale sans débat au sujet au Sénat en octobre 2010. Six ans après, l'activité de la Fondation est au point mort. La relancer est pour le Premier ministre une façon de "montrer que les autorités s'engagent pour "débarrasser ceux qui minent l'islam de l'intérieur", d'après RFI.

Pourquoi les objectifs de cette Fondation n'auraient-ils pas été atteints ?

Le sénateur du Territoire de Belfort demandait dans cette question orale posée en 2010 des nouvelles de la FOIF à l'activité proche de zéro, dans laquelle il voyait déjà "un test pour l'islam de France". Parmi les causes du blocage :  l'impossible formation du conseil d'administration "liée aux équilibres difficiles à trouver au sein du Conseil français du culte musulman (Union des organisations islamiques de France, Fédération nationale des musulmans de France, Fédération nationale de la Grande mosquée de Paris, ndlr)."

Nora Berra, qui avait répondu à la question à la place de Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur absent lors de la séance, bottait en touche et rejetait la responsabilité sur le CFCM. "Force est de constater que, ces dernières années, les fédérations n'ont pas estimé que la Fondation devait être le vecteur privilégié de leur action. Nous en prenons acte : c'est aux musulmans de France eux-mêmes qu'il revient de choisir s'ils souhaitent, ou non, utiliser cet outil." Le Conseil français du culte musulman est donc devenu l'interlocuteur privilégié du gouvernement en dépit de cette Fondation.

Relancer la FOIF : une idée déjà évoquée après le 13 novembre

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Donner un nouveau souffle à la Fondation des œuvres pour l'islam de France n'est pas une idée neuve. En décembre 2015, un mois après les attentats de Paris et de Saint-Denis, la mission d’information sur "l’organisation, la place et le financement de l’islam en France et de ses lieux de culte" s'interrogeait sur l'intérêt d'une rénovation du Conseil français du culte musulman et sur celui de relancer la FOIF. Christian Poncet, haut-fonctionnaire du ministère de l'Intérieur, est d'ailleurs chargé de la préfiguration de la FOIF depuis novembre 2015.

Le quotidien La Croix précisait de plus que cette dernière "devrait avoir pour principale mission de recueillir des fonds privés pour soutenir des projets de financement de mosquées, liés à la formation des imams et aumôniers ou encore à la promotion de la culture musulmane." Une autre piste avait été avancée par le gouvernement après l'attentat contre Charlie Hebdo cette fois. À savoir : l'élargissement de son objet à la "promotion de l'islam" sous l'angle "cultuel" mais aussi "culturel", rappelle Le Figaro. Visiblement, ces initiatives n'ont pas abouti.

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