4 min de lecture Laurent Wauquiez

Propos enregistrés : les coulisses de l'échange houleux entre Sarkozy-Wauquiez

En présentant ses excuses à l'ancien président de la République, Laurent Wauquiez a souhaité éteindre l'incendie. Mais "Le Canard Enchaîné" révèle une conversation tendue... Et fleurie entre les deux hommes.

BEGOT 245300 La Revue de Presse Amandine Begot
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Les coulisses du clash Sarkozy-Wauquiez Crédit Image : JEFF PACHOUD / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Amandine Begot

C'était samedi 17 février. Laurent Wauquiez présente ses excuses à Nicolas Sarkozy après la diffusion sur TMC de ses propos devant des étudiants de l'école de commerce de Lyon. Officiellement, l'ancien président dit avoir pris note. Dans les faits, l'échange a visiblement été beaucoup plus houleux. "Je l'ai pulvérisé", raconte Nicolas Sarkozy à ses proches.
C'est ce qu'explique ce matin Le Canard enchaîné qui rapporte quelques-unes des gentillesses lancées par l'ancien chef de l'État à celui qui fut son ministre. Jugez plutôt : "Beaucoup de monde me disait que tu n'étais qu'une grosse merde. Aujourd'hui je n'ai d'autres choix que de penser comme eux".

Autre exemple : "Il paraît que tu as des ambitions présidentielles. Si j'étais toi, je trouverais un autre métier". Ou encore : "Tu prétends que Darmanin n'a plus d'avenir politique mais toi, quand je vois que, si tôt à la tête du parti, tu commences comme ça, tu n'iras pas loin".

Devant ses fidèles, explique le Canard enchaîné, Nicolas Sarkzoy évoque une erreur de débutant. "Quand il demande aux élèves de ne pas reproduire ses propos, sinon il ne sortira que le bullshit qu'il sert sur les plateaux télé, il indique que ce qu'il dit publiquement c'est de la merde. Il légitime ainsi que les étudiants et les journalistes rapportent ses propos off", fin de citation.

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Laurent Wauquiez ne convainc pas

Laurent Wauquiez qui, visiblement, n'a pas vraiment convaincu la presse hier soir si l'on en croit les éditos publiés ce matin. Quelques exemples : "Wauquiez bombe le torse devant son noyau dur, écrit Florence Chédotal dans la Montagne. Mais le parler direct, dont il fait sa fierté, n'implique en rien de verser dans le complotisme et l'approximation. Le peuple de droite a toutes les raisons de désespérer. Car si la forme trahit toujours le fond, assurément, on touche le fond."

Pour Jean Michel Servant du Midi Libre ce discours "sans filtre", en dit long sur la personnalité du président de la Région Rhône-Alpes-Auvergne. Un dirigeant narcissique à côté duquel nos vieux tontons flingueurs du RPR étaient des enfants de chœur.
Alain Dusart enfonce le clou dans l'Est républicain. "Laurent Wauquiez a beau, écrit-il, être décomplexé, sa pensée, même en privé, se révèle d'une sidérante vacuité." Je vous avais prévenu les éditorialistes n'ont pas été convaincus.

La presse pas convaincue non plus par le projet de loi asile immigration qui sera présenté tout à l'heure en conseil des ministres. "Loi Collomb : la machine à expulser les immigrés" titre ainsi l'Humanité. On retiendra aussi la une de Libération. On y voit Emmanuel Macron serrer la main d'un migrant dans un centre d'accueil près de Calais et ce titre : "et en même temps j'expulse".

Libération qui consacre ce matin deux pages au cauchemar de la Ghouta orientale. Située à l'est de Damas, cette dernière enclave rebelle est victime depuis lundi de bombardements incessants du régime syrien. Au moins 250 personnes y ont été tuées depuis dimanche. 127 pour la seule journée de lundi, dont 20 enfants, 106 hier. "La nuit ressemblait au jour tant le ciel était éclairé par les bombes", raconte ainsi un des secouristes sur place. Une nuit d'enfer, d'horreur.

Depuis mai dernier, pourtant, la Ghouta était censée être une zone de désescalade. C'est aujourd'hui tout l'inverse. Comme 400.000 civils, Mohammed est aujourd'hui coincé. Son seul espoir : qu'il y ait enfin une intervention étrangère. Sur twitter il a posté ce message glaçant : "Qu'est-ce que cette humanité qui envoie des navettes sur mars et qui ne peut rien faire pour sauver des vies assassinées".

La crainte des écoles musulmanes hors contrat

Dans Le Figaro, cette proposition de loi pour durcir la législation pour les écoles hors contrat. Allonger notamment les délais pour autoriser leur implantation. Le texte est porté par les centristes de l'UDI et a le soutien de Jean Michel Blanquer. Le ministre, dit l'Opinion, entend ainsi mieux contrôler les établissements musulmans.
 
Le Parisien / Aujourd'hui en France nous présente de son côté  ce matin la toute nouvelle Angela Merkel. Annegret Kramp Karrenbauer. C'est son nom. Pas facile à prononcer Outre-Rhin, on l'appelle AKK, c'est plus simple. Elle a été nommée cette semaine secrétaire générale de la CDU, le parti conservateur. Numéro 2 donc d'Angela Merkel. Cette femme de 55 ans, francophile, mère de trois enfants, est encore peu connue, y compris en Allemagne.
Elle préside pourtant depuis sept ans la région de la Sarre.

Là-bas, on la surnomme mini-Merkel ou Merkel 2.0. Comme la chancelière, elle fait preuve d'un sacré pragmatisme, mène une politique de la force tranquille. Ses propositions sociétales, résolument conservatrices, collent aux attentes de l'aile droite du parti. Pas de mariage pour tous, pas de double passeport, expulsion manu militari des migrants en situation irrégulière. Bref, avec elle, explique un politologue, Merkel a réussi un coup de maître. Faire taire tous ceux qui réclament des changements. Pas sûr pour autant que la question de l'après Merkel soit réglée.

D'après certains analystes, la chancelière n'aurait pas du tout abandonné l'idée de se représenter dans 4 ans. Elle a, écrit Christophe Bourdoiseau, peut-être tout simplement désigné sa dauphine pour mieux étrangler ses ambitions. Et étouffer celle des autres." En Allemagne comme chez nous la politique est d'abord un billard à trois bandes. Une affaire de stratégie. Encore faut-il trouver la bonne.

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