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Propos de Jean-Marie Le Pen contre les Roms : deux mois de prison avec sursis requis

Le parquet de Paris a requis une peine de deux mois de prison avec sursis contre Jean-Marie Le Pen pour des propos contre les Roms, qui voleraient "naturellement", "comme les oiseaux".

Jean-Marie Le Pen devant les journalistes et sa fille Marine, en septembre à Marseille. (archives)
Jean-Marie Le Pen devant les journalistes et sa fille Marine, en septembre à Marseille. (archives) Crédit : BERTRAND LANGLOIS / AFP
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Jean-Marie Le Pen mérite une peine de deux mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende, selon les réquisitions du parquet ce jeudi 14 novembre. Le président d'honneur du Front national était jugé pour ses propos selon lesquels "comme les oiseaux", les Roms voleraient "naturellement".

La représentante du parquet, Annabelle Philippe, a estimé devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris que le délit d'injure publique à caractère racial était "parfaitement constitué" et a souligné la "gravité des faits". Le procureur a estimé que le tribunal devait tenir compte du "passé" de Jean-Marie Le Pen et de ses antécédents judiciaires. Il avait entre autres été condamné à trois mois de prison avec sursis pour contestation de crime contre l'humanité pour ses propos sur l'Occupation qui n'aurait pas été selon lui "particulièrement inhumaine".

Le 22 septembre 2012 à l'université d'été du Front national à La Baule (Loire-Atlantique), Jean-Marie Le Pen avait enchaîné les provocations sur l'immigration, thème fétiche du parti, sous les yeux de sa fille Marine. Moquant les Roms, il avait suscité rires et applaudissements nourris en leur attribuant la phrase : "Nous, nous sommes comme les oiseaux, nous volons naturellement".

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Sentiment de haine


"Jean-Marie Le Pen croit certainement que les Roms sont une race inférieure", a dénoncé Pierre Mairat, avocat et co-président du Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples). "Il leur prête un attribut de vol génétique, héréditaire", qui nourrit un "sentiment de haine et de détestation", a-t-il poursuivi, rappelant que des camps de Roms ont été incendiés en France. "Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit", a-t-il rappelé, dénonçant une "politique de bouc émissaire", qui "participe d'un climat délétère absolument abominable".

L'avocat de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), Me Stéphane Lilti, a évoqué le "profond sentiment de dégoût" qui peut surgir en voyant la "jubilation de Jean-Marie Le Pen" face à ce "calembour raciste". Essayant de contrer par avance les arguments de l'avocat de Jean-Marie Le Pen, il a ajouté : "Si c'est un humoriste, c'est un humoriste à la Dieudonné".

Répartition des rôles

Pour son confrère Mario Pierre Stasi, conseil de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), il ne s'agit ni d'humour, ni de controverse politique, mais de "propos nauséeux". "On attise la haine", a renchéri son confrère Me Patrick Klugman, pour SOS Racisme, estimant "facile" de désigner les Roms à la vindicte. Dans l'entreprise de "dédiabolisation" du FN, l'avocat a décrit la "répartition des rôles" suivante chez les Le Pen : la fille se chargerait de la "vitrine", le père du "fond de commerce" du parti. L'avocat, candidat aux municipales dans le 17e arrondissement de la capitale, où se présente également l'avocat du FN Wallerand de Saint-Just, a ajouté que Jean-Marie Le Pen occupe "peut-être son dernier rôle", celui de "paratonnerre" judiciaire.

Me Wallerand de Saint-Just a plaidé la relaxe, estimant que "non seulement c'est humoristique", mais "c'est anodin, dérisoire". Ce "jeu de mots", cette phrase doit être "absoute", a soutenu l'avocat.

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 19 décembre. Le tribunal se prononcera également à cette date sur des problèmes de procédure concernant d'autres poursuites engagées par les associations de lutte contre le racisme au sujet de la même phrase. L'une d'elles concerne des poursuites contre Marine Le Pen, poursuivie en tant que directrice de la publication du site du FN, qui avait diffusé sur son site le discours de son père.

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2013-11-14 21:48:00
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