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Primes en liquide : Claude Guéant et Michel Gaudin entendus en garde à vue

L'affaire des primes en liquide poursuit Claude Guéant, ancien ministre de l'Intérieur. Lui et son actuel directeur de cabinet Michel Gaudin ont été entendus en garde à vue puis relâchés dans le cadre de l'enquête.

L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant le 27 mai 2012.
L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant le 27 mai 2012. Crédit : ancien ministre de l'Intérieur
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et AFP

Deux très proches de Nicolas Sarkozy, son ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant et son actuel directeur de cabinet Michel Gaudin, ont été entendus en garde à vue mardi 17 décembre dans l'enquête sur les primes en liquide versées place Beauvau. C'est la première fois en France que deux anciens responsables de la police de ce niveau sont questionnés dans ce cadre procédural. Les deux hommes ont été relâchés, en fin d'après-midi pour Michel Gaudin, dans la soirée pour Claude Guéant. L'enquête se poursuit, a indiqué le parquet de Paris.

Guéant aurait reçu 10.000 euros mensuels de primes non déclarées

Les faits remontent à la période où l'ancien chef de l'Etat était ministre de l'Intérieur. Claude Guéant était alors son directeur de cabinet, avant de le suivre à l'Elysée comme secrétaire général. Autre homme du premier cercle, le préfet Michel Gaudin était directeur général de la police nationale (DGPN), et donc en charge des fonds d'enquête, dont les policiers cherchent à déterminer s'ils ont été détournés. Il devait ensuite, durant le quinquennat Sarkozy, être nommé au poste très sensible de préfet de police de Paris.

Les deux hommes avaient été convoqués vers 08h00 à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales à Nanterre. Au centre des investigations, les quelque 10.000 euros mensuels de primes non déclarées que Claude Guéant aurait perçues entre 2002 et 2004, lorsqu'il dirigeait le cabinet de Nicolas Sarkozy place Beauvau. Mais la période examinée par les enquêteurs pour cette pratique pourrait être plus large.

L'entourage de l'ancien ministre a expliqué qu'une partie de ces sommes était redistribuée à des membres du cabinet ou des policiers. C'est un des points qui doit être éclairci par les enquêteurs qui ont procédé à plusieurs auditions. Claude Guéant "a rappelé qu'il s'était borné" à pallier "les insuffisances des dotations budgétaires des fonctionnaires", a commenté à l'issue de la garde à vue de l'ancien ministre son avocat Philippe Bouchez-El Ghozi. "Il n'est accusé de strictement rien" et "s'étonne de la façon dont il est régulièrement mis en cause", a ajouté l'avocat. Selon lui, son client a répondu "très complètement à la justice".

Détournement de fonds publics ?

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Une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, complicité et recel avait été ouverte mi-juin à la suite de la publication d'un rapport des inspections générales de l'administration (IGA) et de la police nationale (IGPN, la "police des polices"), selon lequel ces primes en liquide, puisées dans les "frais d'enquête et de surveillance" des policiers, avaient été remises à cette époque à Claude Guéant.

Ancien préfet de police de Paris entre 2007 et 2012, avant d'être limogé par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, Michel Gaudin a été entendu parce qu'il était chargé de la gestion des fonds d'enquête en tant que DGPN. Guéant, qui fut le plus proche collaborateur de Nicolas Sarkozy à partir de 2002 à l'Intérieur puis à l'Elysée avant de devenir lui-même ministre en 2011, avait indiqué avoir bénéficié de ces primes, lorsqu'il était place Beauvau. Il expliquait ainsi le règlement en liquide de factures découvertes lors de perquisitions à son domicile et dans son bureau, en février, dans le cadre d'une autre enquête, portant sur les accusations de financement libyen de la campagne présidentielle victorieuse de 2007 de Nicolas Sarkozy.

Les enquêteurs avaient alors également retrouvé la trace d'un versement de 500.000 euros que Claude Guéant justifie par la vente à un avocat malaisien de deux tableaux d'un peintre flamand du XVIIe siècle, Andries van Eertvelt. Ce mystérieux avocat n'a pu être joint par l'AFP qui a tenté de le contacter à son cabinet à Kuala Lumpur. Rendues publiques le 10 juin, les enquêtes de l'IGA et de l'IGPN indiquaient que le versement de primes en liquide aux cabinets ministériels, supprimé par le gouvernement Jospin en 2002, avait "été rétabli" entre 2002 et 2004 au ministère de l'Intérieur. Manuel Valls avait aussitôt transmis ce rapport à la justice.

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