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Primaires, ligne politique, finances... Les 5 travaux de Sarkozy à la tête de l'UMP

DÉCRYPTAGE - Élu samedi à la tête de l'UMP, Nicolas Sarkozy doit désormais s'atteler à redresser le parti d'opposition pour le conduire à la victoire à la présidentielle de 2017.

Avant de briguer la succession de François Hollande en 2017, Nicolas Sarkozy doit remettre sur pied l'UMP
Avant de briguer la succession de François Hollande en 2017, Nicolas Sarkozy doit remettre sur pied l'UMP Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Les choses sérieuses commencent pour Nicolas Sarkozy. Comme l'affirme sa fidèle Rachida Dati, l'élection à la présidence de l'UMP ne saurait constituer "un hors d'oeuvre" pour l'ancien chef de l'État, que certains disent tourné tout entier vers la course à l'Élysée. "La résistance, c'est maintenant", assure même l'ancienne garde des Sceaux en référence aux nombreux chantiers qui attendent le nouveau locataire du 238 rue de Vaugirard. Élu avec 64,5% des suffrages, soit vingt points de moins que lors de son premier sacre en 2004, Nicolas Sarkozy doit désormais s'atteler à redresser le parti d'opposition pour le conduire à la victoire en 2017. Un ouvrage conséquent qui passe par plusieurs passages obligés.

1 - Composer une équipe pour rassembler l'UMP

Il promet de jouer "collectif". De retour à la tête d'un parti qui porte encore les stigmates de plusieurs scandales successifs, Nicolas Sarkozy souhaite réaliser le rassemblement le plus large possible. Après une campagne plus difficile et clivante que prévue, le nouveau patron de l'UMP a démarré les consultations afin de constituer son équipe où Daniel Fasquelle est annoncé à la trésorerie, Christian Estrosi à la tête de la commission des investitures et Frédéric Péchenard à la direction générale.

Fort de son bon résultat à l'élection interne du parti, Bruno Le Maire est la première personnalité à avoir été reçue par Nicolas Sarkozy ce lundi matin. En recueillant un tiers des voix, le candidat du renouveau s'est imposé comme une nouvelle voix incontournable à l'UMP. S'il ne souhaite pas rejoindre personnellement l'organigramme du parti, le député de l'Eure incarne une alternative avec laquelle Nicolas Sarkozy doit désormais composer. Bruno Le Maire accompagnera d'ailleurs l'ancien président en Allemagne le 8 décembre pour assister au congrès de la CDU d'Angela Merkel.

Xavier Bertrand, Jean-Pierre Raffarin, Christian Jacob, Laurent Wauquiez, Christian Estrosi, Nathalie Koscisuko-Morizet, Luc Chatele et Gérarld Darmanin doivent également s'entretenir avec Nicolas Sarkozy dans les prochaines heures. Selon Radio Classique, il devrait avoir François Fillon au téléphone lundi après-midi. Un rendez-vous avec Alain Juppé est aussi dans les tuyaux pour la fin de semaine. Selon nos informations, les deux anciens premiers ministres devraient décliner sa proposition d'intégrer un éventuel comité des sages de l'UMP, où seul Dominique de Villepin s'est dit prêt à siéger pour l'instant.

2 - Changer le nom du parti pour solder les affaires

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Pour sonner le glas des affaires qui ont entaché le parti ces deux dernières années, Nicolas Sarkozy a confirmé dimanche sur TF1 son souhait de refonder l'UMP, notamment en changeant son nom. Une manière de tourner la page, pour de bon, sur les affrontements fratricides entre les clans Copé et Fillon, et de lancer la course aux élections départementales et cantonales sous un nouvel étendard, avant de briguer l'Élysée en 2017.

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Les militants du parti devraient être consultés dès le mois de janvier 2015 lors d'un congrès pour décider du nom et des nouveaux statuts de la nouvelle formation. Nicolas Sarkozy et ses proches ont laissé filtré quelques indices sur la tonalité du nouvel intitulé du parti qui devrait comporter les termes de "rassemblement" et l'idée de "parti de la France". Selon Le Figaro, Nicolas Sarkozy a confirmé ce lundi devant les permanents du siège de l'UMP que le parti changera de nom avant les départementales de mars prochain. "Les candidats se présenteront sous la nouvelle appellation à laquelle sera accolé l'acronyme UMP", écrit le site du quotidien.

3 - Amorcer une cure d'austérité pour rétablir les finances du parti

S'il hérite de la trésorerie de l'UMP, le député sarkozyste du Pas-de-Calais Daniel Fasquelle aura fort à faire. Selon un audit financier publié au mois de juillet dernier, le parti accuse un déficit de plus de 74 millions d'euros. Si 43 millions correspondent à l'achat du siège du parti dans le XVe arrondissement de Paris il y a trois ans, l'affaire Bygmalion et le supposé système de fausses factures payées par l'UMP pour financer la fastueuse campagne présidentielle de 2012 de Nicolas Sarkozy ont largement contribué à plomber la dette du parti. Charge à la nouvelle direction de suivre "les exigences fortes" préconisées dans les conclusions de l'audit financier afin de ramener la dette de l'UMP à 55 millions d'euros en 2017.

4 - Organiser la primaire ouverte de 2016

Il l'a promis à ses concurrents. Le candidat de l'UMP à la présidence de la République en 2017 sera désigné par une primaire ouverte en 2016. Pour l'heure, seuls Alain Juppé, François Fillon et Xavier Bertrand se sont portés candidats. Nicolas Sarkozy souhaitait éviter d'en passer par là mais son score de samedi, loin du plébiscite escompté, l'oblige à s'y astreindre. Reste à définir les contours du scrutin. Chargée de réfléchir à la refondation des statuts du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet doit rendre des conclusions en ce sens dans les prochaines semaines.

Nicolas Sarkozy a déjà fait savoir qu'il était opposé à une ouverture au centre. Sauf dans le cas où ce dernier se déclarerait ouvertement opposé au Parti socialiste au pouvoir. Une fin de non-recevoir opposée au MoDem de François Bayrou qui laisse malgré tout la porte entrouverte pour l'UDI. Mais pour l'instant, la question d'une participation aux primaires de l'UMP n'est pas à l'ordre du jour, assure Jean-Christophe Lagarde, le successeur de Jean-Louis Borloo à la tête du parti centriste.

5 - Trancher la ligne politique pour les prochaines élections

Une fois soldés les problèmes internes de l'UMP, Nicolas Sarkozy pourra s'atteler au dessein qui est au cœur de son retour dans l'arène politique, la reconquête du pouvoir. Mais le nouveau président du parti le rappelait récemment, pas question de penser à 2017 avant d'avoir réussi les élections départementales et régionales de 2015. Face au pouvoir socialiste empêtré dans son échec sur le front du chômage, celui des impôts et plombé par l'impopularité record du président Hollande, ces deux scrutins s'annonceraient sous les meilleurs auspices pour l'UMP si le FN ne menaçait pas grignoter son électorat, comme il l'a fait lors des dernières élections. 

Dans cette perspective, Alain Juppé attend des gages du nouveau patron de l'UMP, qu'il appelle à le rejoindre sur le terrain du rassemblement de la droite et du centre contre les extrêmes. Si Nicolas Sarkozy s'est dit favorable à l'idée d'un rapprochement avec un centre "qui serait avec nous matin, midi et soir", il a défendu pendant la campagne des thèmes droitiers clivants qui n'ont pas manqué de rappeler la ligne inspirée par Patrick Buisson lors de la campagne de 2012. Un terrain sur lequel l'attendent toujours certains de ses fidèles, à l'instar de Rachida Dati qui a réclamé ce lundi sur RTL un retour "aux valeurs de droite" que sont "le travail, l'autorité, la sécurité et l'Europe".

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