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Primaire Les Républicains : quand Alain Juppé se rebiffe

ÉCLAIRAGE - Le candidat à la primaire Les Républicains passe à l'offensive et attaque ses concurrents dans les médias, de Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron.

Alain Juppé, le 29 septembre 2016
Alain Juppé, le 29 septembre 2016 Crédit : KONRAD K./SIPA
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"Je ne vends pas la peau de l'ours. D'autant qu'il y en a plusieurs sur mon chemin et, lors de mon séjour au Canada, j'ai appris à me méfier d'eux". Alain Juppé creuse l'écart, dans un sondage YouGov pour le Huffington Post publié ce jeudi 6 octobre. Le candidat à la primaire Les Républicains a recueilli 31% de réponses positives et progresse ainsi de dix points en un mois. Il devance Nicolas Sarkozy qui perd 2 à 18 points en six semaines, lors du premier tour de la primaire de la droite. 

L'ancien premier ministre continue d'amasser les soutiens. Après Hervé Mariton, Hubert Falco, le maire de Toulon, a annoncé sur son compte Facebook qu'il estimait qu'Alain Juppé est "l'homme de la situation", car il connaît les difficultés des maires et "possède une autorité naturelle qui doit lui permettre de rétablir la confiance dans notre pays". "Le ralliement de Falco, grand baron du Sud-Est, vient semer un peu plus le trouble dans ces terres acquises jadis à Nicolas Sarkozy", indique Le Point.

Macron "ni compétent, ni loyal"

Dans un entretien au Journal du Dimanche, Alain Juppé a attaqué Emmanuel Macron, pas encore déclaré comme candidat à l'élection présidentielle, mais qui peut lui causer du tort pour la primaire Les Républicains. Il juge l'ancien ministre de l'Économie comme "ni compétent, ni loyal". "J'ai dit que mes critères de choix pour mon premier ministre seraient la compétence et la loyauté. Sa compétence, il ne l'a pas démontrée pour l'instant. Le bilan de son passage à Bercy, c'est quoi ? Les autocars, point barre. Quant à la loyauté, les Français ont bien vu que ce n'était pas sa qualité première !", ajoute-t-il.

Depuis, Emmanuel Macron lui a répondu avec la même violence. Quelques heures avant son meeting de Strasbourg, l'ancien membre du gouvernement a déclaré : "Je porte une vision de la laïcité qui, je crois, est celle d'Aristide Briand, qui est celle de 1905, qui n'est pas le laïcisme dans lequel trop souvent des responsables politiques s'enferment (...) Je ne suis pas dans la même démarche. Moi j'écoute les Français, et je vais commencer justement à construire et proposer avec eux. Nous n'avons pas la même approche des choses, ni du temps démocratique ni de ce à quoi aspirent nos concitoyens".

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Mais Alain Juppé revient à la charge dans un entretien à Paris Match : "Macron a du talent mais je le juge sur les actes. Il a d'abord conçu le programme économique de François Hollande, dont les fameux 75% qui ont fait tant de mal. Puis il a été le fidèle exécutant de l'absurde politique économique de 2012. Seule trace de son passage à Bercy : les autocars. Il quitte le navire après avoir planté un couteau dans le dos du Président. Macron, c'est Brutus qui assassine César."

Attaque directe sur la stratégie électorale de Sarkozy

Contre son principal rival, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ne mâche pas ses mots. L'ancien président de la République avait attaqué le favori des sondages en expliquant que "quand on cherche à se faire élire par les voix de gauche, on se prépare à mener une politique qui donnera des gages à la gauche". Réponse du principal intéressé : "Quand on cherche à se faire élire par les voix du Front national, on risque de mener une politique inspirée du Front national". L'ancien premier ministre peaufine son image et cherche à sortir de son côté conventionnel. 

À l'occasion d'un documentaire diffusé sur France 3, Juppé, le ressuscité, l'ancien premier ministre est interrogé sur ces "gens qui disent 'Juppé, il est très conventionnel, qu'est-ce que qu'on va se faire chier'". Il répond : "Je les emmerde ! Moi je ne m'emmerde pas dans la vie. Alors s'ils se font chier avec moi, qu'ils aillent voir ailleurs, hein ! (...) Est-ce qu'on attend d'un président de la République qu'il vous fasse marrer ? Ce genre d'argument vraiment est absolument insoutenable. C'est ça qui rabaisse la politique". Alain Juppé en profite aussi pour glisser un tacle au bras droit de Nicolas Sarkozy, François Baroin. Il révèle dans Paris Match : "Je me souviens qu'un jour il est venu me voir pour me dire : 'Je vais quitter l'UMP. Je n'en peux plus de cette dérive droitière'". 

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