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Primaire Les Républicains : les dilemmes de François Fillon en 7 citations

PAROLES DE CANDIDAT (3/7) - Les personnalités qui batailleront lors de la primaire Les Républicains sont désormais connues. Retour sur leurs parcours, leurs idées et leurs sorties en quelques déclarations phares.

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Primaire Les Républicains : les dilemmes de François Fillon en citations Crédit Image : DAMIEN MEYER / AFP | Crédit Média : RTL.fr | Date :
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Il est le troisième homme de cette campagne pour la primaire de la droite. François Fillon tente de s'imposer comme une alternative au duel entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. Selon un dernier sondage Harris Interactive pour France Télévisions, les deux personnalités politiques sont à égalité, tous les deux à 37% d'intentions de vote au premier tour. Au second tour, le maire de Bordeaux l'emporterait de justesse face à Nicolas Sarkozy (52% à 48%). François Fillon recueillerait 10% des intentions de vote et se placerait en troisième position.

François Fillon a fait basculer la campagne lors de la primaire en dénonçant les affaires judiciaires qui viennent ternir l'horizon de Nicolas Sarkozy. "J'existais avant Nicolas Sarkozy, je crois même avoir largement contribué à le faire élire en 2007 car il n'y avait pas beaucoup d'hommes politiques qui le soutenaient à cette époque-là", expliquait l'ancien premier ministre sur France Info. Plus tôt, il avait attaqué directement l'ancien président : "Il ne sert à rien de parler d'autorité quand on n'est pas soi-même irréprochable. Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ? Avoir une haute idée de la politique signifie que ceux qui briguent la confiance des Français doivent en être digne. Ceux qui ne respectent pas les lois de la République ne devraient pas pouvoir se présenter devant les électeurs". 

1. "Il faut augmenter le temps de travail pour être plus compétitif"

"Il y a bien un jour où il faudra payer notre dette et réduire notre déficit. Cela suppose de travailler un peu plus et d'être plus compétitif" expliquait François Fillon à l'antenne de RTL. Selon le candidat à la primaire de la droite, les 35 heures doivent être remises en cause, mais pas question de demander de travailler 39 payées". Il appelle ainsi à la mise en place de "négociations" au sein de la fonction publique. "On leur demande de faire en 35 heures, ce qu'ils faisaient en 39 heures auparavant. Il y a un accord possible dans les hôpitaux entre une augmentation du temps de travail et des perspectives à améliorer".

2. "Il faut pouvoir passer par-dessus les syndicats"

Les manifestations contre la loi Travail avaient atteint un point de non retour avec de nombreuses arrestations et des blessés lors d'affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants. En juin dernier, François Fillon dénonçait un "comportement presque factieux" qui va à l'encontre des "règles de la démocratie". L'ancien chef du gouvernement de Nicolas Sarkozy considère que les manifestations contre la loi adoptée par l'utilisation d'un 49.3 n'était que dans le but de "protéger le dernier avantage" des syndicats. 

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"Ils sont terrorisés à l'idée que les salariés puissent négocier directement avec la direction des entreprises parce que ça fera la démonstration qu'il y a un autre dialogue social possible. Ils essaient de bloquer le système qui date de 1945. C'est un vrai handicap pour le pays", explique-t-il. Il prône ainsi la mise en place d'un "référendum d'entreprise, ce que la loi El Khomri commençait à proposer, même si au fil des amendements cela a été considérablement affaibli".

3. "Je viens casser la baraque"

En avril dernier, les sondages n'étaient pas en faveur de François Fillon qui était en dessous de la barre des 10% et se plaçait à la quatrième position. Afin de contrer Alain Juppé, mais aussi Bruno Le Maire, il assurait : "Moi, je ne suis pas le candidat de la revanche, je ne suis pas celui du consensus. je viens sérieusement casser la baraque pour la reconstruire autrement".

Le ton est alors donné et le candidat à la primaire de la droite ne mâche pas ses mots à l'égard de François Hollande qui a plongé le pays dans une crise "grave". "On ne s'en sortira que pas une transformation de notre modèle économique social. Tout le reste, n'est que ficelles, dérobade et démission".

4. "Manuel Valls est un petit manœuvrier sans envergure"

Pour critiquer l'action du gouvernement depuis 2012, François Fillon ne s'en prend pas seulement à François Hollande mais aussi à Manuel Valls. En plein débat sur la déchéance de nationalité, Manuel Valls a pointé la responsabilité de la droite sénatoriale. Une critique qui ne passe pas pour l'ancien premier ministre qui juge les propos de Manuel Valls "indignes". D'après lui, "le texte que le président de la République avait promis concernait les binationaux, c'est vrai qu'avec cela, Salah Abdeslam n'aurait pas pu être déchu de sa nationalité". Celui de l'Assemblée nationale concernait les Français".

François Fillon estime ainsi que le "gouvernement fait voter une révision qui permet la déchéance pour tous les Français, mais en même temps, fait en sorte que les Français qui ne sont pas binationaux ne puissent pas être déchus de leur nationalité". 

5. "J'ai fait l'autocritique de ma propre action au gouvernement"

En annonçant sa candidature à l'élection présidentielle, François Fillon s'est placé dans la délicate position de devoir critiquer le bilan de Nicolas Sarkozy auquel il est associé. À l'antenne de RTL, il confiait avoir "travaillé en harmonie" avec l'ancien président de la République "par moment et aussi avoir travaillé avec des tensions. Personne de raisonnable ou de sérieux n'imagine qu'un premier ministre et qu'un président de la République ne connaissent pas de moment de tensions".

Dans La France pour la vie, Nicolas Sarkozy confiait avoir fait certaines erreurs lors de son mandat. En réponse François Fillon estimait que l'ancien chef de l'État avait raison" et confiait avoir aussi fait l'autocritique de son action au gouvernement. Il n'envisage pas se retrouver dans une situation où il serait à nouveau le premier ministre de Nicolas Sarkozy : "Il faut une équipe entre le président de la République et le premier ministre qui partage les mêmes convictions politiques".

6. "On a cinq millions d'emplois publics, c'est insoutenable"

François Fillon l'assure : "J'aime les fonctionnaires, ils sont à l'origine de la force de ce pays. Mais simplement, on a cinq millions d'emplois publics en France. C'est insoutenable". Mais il concède que "on a l'impression d'être dans un véhicule qui fonce dans le brouillard. Selon lui, la réalité économique et la question de la fonction publique sont en "choc frontal". 

Il explique que le "statut de la fonction publique sera passé à la paille de fer. C'est pourquoi il souhaite réduire le nombre d'emplois dans la fonction publique en "supprimant environ 500.000 emplois sur la durée du quinquennat". 

7. Bonus : "Je n'ai pas dit que j'allais voter pour Fillon"

Cette phrase a été prononcée par le chanteur Renaud. Ce dernier avait sous-entendu qu'il pourrait voter pour François Fillon lors d'un entretien au Journal du Dimanche. Jean-Luc Mélenchon s'était indigné de ces déclarations. Renaud avait ensuite précisé sa pensée : "En aucun cas je n'ai soutenu la candidature de François Fillon. j'ai simplement dit que je n'était pas un être borné, ni sectaire et qu'il m'arrive de trouver des gens de droite très bien et notamment François Fillon". 

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