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Primaire Les Républicains : les 7 raisons montrant que Nicolas Sarkozy va se déclarer candidat

L'ancien président affirme qu'il ne se prononcera pas "avant l'été" sur sa candidature à la primaire de la droite et du centre. Plusieurs éléments laissent penser qu'il devrait bien être de la bataille.

Nicolas Sarkozy, le 6 avril 2015
Nicolas Sarkozy, le 6 avril 2015
Crédit : CHAMUSSY/SIPA
Julien Absalon
Journaliste

À sept mois du premier tour de la primaire de la droite et du centre, programmé au 20 novembre, la liste des candidats officiellement déclarés est conséquente. Sous réserve d'obtenir le nombre de parrainages nécessaires d'ici le 9 septembre, date limite du dépôt des candidatures, ils sont pour l'instant 11 à s'être engagés sur cette route menant à l'élection présidentielle de 2017. Si tous les ténors du parti Les Républicains sont d'ores et déjà entrés en campagne, Nicolas Sarkozy n'a toujours rien officialisé malgré les ambitions qui lui sont prêtées.

Régulièrement interrogé à ce propos, l'ancien chef de l'État ne cesse de faire durer le suspense. Pendant que son principal rival Alain Juppé assoit son leadership dans les sondages, lui se contente d'affirmer qu'il annoncera "autour de l'été" s'il sera de cette bataille ou non. De quoi faire planer le doute sur ses réelles intentions. Des voix comme François Fillon, lui aussi en lice dans cette primaire, ne cachent d'ailleurs pas leur scepticisme concernant l’éventuelle candidature de Nicolas Sarkozy. Malgré tout, plusieurs indices portent à croire que le président des Républicains ne restera pas sur la touche et ne laissera pas passer cette occasion de rendre possible son retour à l'Élysée.

1. Sa campagne est déjà en marche

À défaut d'annoncer publiquement sa candidature, Nicolas Sarkozy semble tout mettre en oeuvre en coulisses pour être prêt le moment venu. En plus de renforcer sa présence numérique, en signant son arrivée sur Snapchat et LinkedIn, plusieurs éléments montrent que l'ancien président mène activement une récolte de dons afin de financer sa campagne pour la primaire. En début d'année, son micro-parti "L'association de soutien à l'action de Nicolas Sarkozy" a été réactivé et rebaptisé "La France pour la vie", comme le titre de son dernier livre. La relance de cette machine n'est pas anodine, car elle s’est accompagnée de la création d'une association de financement permettant de récolter des dons.

Au vu des mails envoyés par l'équipe de Nicolas Sarkozy à plusieurs militants et élus Les Républicains, difficile de ne pas faire le lien avec la primaire. "Nicolas Sarkozy est le seul capable de bâtir et de proposer à nos compatriotes un véritable projet d'alternance. [...] Dès maintenant, il nous faut construire la plus grande organisation possible de soutiens ayant en partage la même vision que celle portée par Nicolas Sarkozy. L'alternance pour 2017 se construit dès aujourd'hui", peut-on lire dans un message envoyé le 13 avril et dévoilé par Challenges.

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Son entourage ne cache d'ailleurs pas sa volonté de préparer la campagne pour la primaire. Car à sept mois de la clôture des candidatures, en sachant que chaque personne ne peut donner plus de 7.500 euros maximum par an, le temps presse. "On n'a pas le choix. On ne peut pas attendre sans rien faire", prévient le trésorier du micro parti dans les colonnes du Monde.

2. Un discours tourné vers 2017

Après avoir repris en main son parti, Nicolas Sarkozy a dominé l'actualité politique de fin janvier avec la sortie de son livre La France pour la vie dans lequel il fait principalement le bilan de son quinquennat. Mais cet ouvrage lui a également permis d'aborder l'avenir, autrement dit 2017. S'il assure dans ces pages qu'il n'est nullement question d'une "déclaration de candidature", il prend soin d'affirmer tout de même que "tout dire avant le grand rendez-vous de 2017 pour tout faire après, telle est bien (...) la seule stratégie possible pour être à la hauteur des défis qui attendent la France".

Que ce soit dans son livre, dans ses tribunes ou ses prises de parole en qualité de chef de l'opposition, Nicolas Sarkozy dessine au fur et à mesure l'esquisse de ce qui pourrait bien être son programme présidentiel : retraite à 64 ans en 2025, non-abrogation du "mariage pour tous", abolition de l'impôt sur la fortune (ISF), mise en place obligatoire du service militaire adapté pour les jeunes décrocheurssuppression de 300.000 à 350.000 postes de fonctionnaires... Il préconise également un allègement immédiat de l'impôt sur le revenu à hauteur de 10% en faisant savoir dans son livre que "ce programme de baisse d’impôt massif devra être engagé dès l’été 2017".

3. Il reste la première alternative à Juppé

Depuis le début de l'année 2016, tous les sondages d'intention de vote confèrent à Alain Juppé un statut de grand favori de la primaire. Le maire de Bordeaux est en effet régulièrement crédité de plus de 40% des voix au premier tour et plus de 60% pour le second tour. Même s'il est largement distancé, Nicolas Sarkozy est perpétuellement donné deuxième.

Malgré une dynamique peu flatteuse, Nicolas Sarkozy limite la casse en demeurant la première alternative à Alain Juppé. Un statut qui peut lui permettre de rester à l'affût d'une baisse de popularité chez son challenger. Car à force de voir les sondages plébisciter l'ancien Premier ministre, le camp sarkozyste imagine un remake de la présidentielle 1995, où l'outsider Jacques Chirac avait finalement déjoué les pronostics au dernier moment face au favori Edouard Balladur.

4. L'absence de l'UDI peut lui profiter

Après de longues tractations, la primaire de la droite et du centre est bien partie pour se dérouler sans une bonne partie des centristes. Faute d'avoir trouvé un "accord de gouvernement" avec Les Républicains, l'UDI a invité, par la voix de son président Jean-Christophe Lagarde, ses militants à ne pas participer au scrutin. Un appel entendu par les deux tiers des adhérents qui se sont exprimés lors d'une consultation électronique.

Cette absence peut être considérée comme une bonne nouvelle pour Nicolas Sarkozy. Car ce manque de voix risque de gêner principalement Alain Juppé, dont l'atout principal réside dans sa faculté à fédérer au centre. De plus, l'élu bordelais compte sur la participation d'un nombre conséquent d'électeurs afin que la base militante des Républicains ne profite pas trop à Nicolas Sarkozy. "S'il y a 500.000 votants, Nicolas Sarkozy aura toutes ses chances. S'il y en a 3 millions, j'aurai toutes mes chances", résumait Alain Juppé l'été dernier.

5. Le parti lui permet de préparer le terrain

Deux ans après sa défaite contre François Hollande, Nicolas Sarkozy n'est pas seulement revenu en 2014 pour remettre en ordre une UMP en déliquescence après le duel fratricide entre Jean-François Copé et François Fillon. En prenant la tête du parti, il a ainsi pu mettre la main sur un puissant appareil politique pouvant lui permettre de diffuser plus facilement sa ligne politique auprès des militants. "Le parti, ça reste un avantage", aurait-il d'ailleurs affirmé à des proches selon Le Canard Enchaîné.

La première refonte de l'organigramme de décembre 2014 lui avait alors permis de s'entourer au mieux de ses soutiens. Après avoir remodelé son équipe de porte-parole et nommé de nouveaux représentants dans les instances locales et vu son proche Luc Chatel obtenir la présidence du conseil national du parti, Nicolas Sarkozy compte bien désormais superviser les investitures pour les législatives. Mais cette dernière manœuvre est d'ores et déjà critiquée par ses rivaux qui craignent d'y voir un moyen de pression pour la primaire, comme le relate Marianne.

Reste que Nicolas Sarkozy sait qu'il ne pourra plus s'appuyer sur le parti dès l'instant où il déclarera sa candidature, car les règlements du parti obligent le président à laisser son siège pour participer au scrutin.

6. Il attend le moment propice

Au final, si Nicolas Sarkozy prend son temps pour se déclarer candidat, c'est aussi pour l'éloigner de la kyrielle de candidatures annoncées durant le premier trimestre 2016 (Jean-François Copé, Geoffroy Didier, Frédéric Lefebvre ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet) et qui n'ont pas manqué de susciter bon nombre de commentaires sarcastiques et réprobateurs. Si Thierry Solère, député LR en charge de l'organisation de la primaire, a prévenu au micro de RTL qu'il ne s'agissait pas d'un "casting", Rachida Dati a fait savoir qu'elle trouvait "ridicule" cette "multiplicité de candidatures". Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, est même allé jusqu'à comparer ces candidats à "une équipe de foot".

Dans un entretien accordé au Parisien en mars dernier, le précédent locataire de l'Élysée est lui aussi allé de son commentaire : "Je ne pense pas manquer au débat des primaires. Il y a chaque jour de nouveaux candidats. [...] Pourquoi cette agitation ? Les primaires commencent le 9 septembre et se terminent le 27 novembre". En temporisant, Nicolas Sarkozy pourrait ainsi s'offrir une meilleure fenêtre médiatique. Mais comme le rappelait récemment Roger Karoutchi, proche de l'intéressé : "J'ai toujours dit qu'à un moment, il fallait y aller".

7. Un mail envoyé à certains cadres Les Républicains

Sa candidature se précise d'autant plus qu'un mail a été envoyé par son équipe à certains cadres du parti Les Républicains. Selon Le Parisien, ce message prône la légitimité de l'ancien chef de l'État "parce qu'il a été élu chef de l'opposition et porte la responsabilité de l'alternance, parce qu'il s'est mis au service de sa famille politique, au bord de l'implosion avant son retour à l'automne 2014".

Son entourage incite donc à faire "savoir à Nicolas Sarkozy que vous le soutenez sur le chemin de la primaire à travers votre engagement, vos dons et votre action. Il faut nous tenir prêts à agir dès aujourd'hui pour faire gagner Nicolas Sarkozy demain".

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