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Primaire Les Républicains : le scrutin peut-il être équitable ?

INTERVIEWS - Au micro de RTL, Jean-François Copé a évoqué les avantages des Républicains, dont bénéficierait, selon lui, Nicolas Sarkozy. De quoi menacer le déroulement du scrutin du mois de novembre ?

Sarkozy, Juppé, Le Maire... les candidats à la primaire Les Républicains
Sarkozy, Juppé, Le Maire... les candidats à la primaire Les Républicains Crédit : Montage / AFP
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Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Avant le rassemblement, l'unité et la cohésion que Les Républicains promettent dès le 27 novembre - date à laquelle la primaire de la droite aura rendu son verdict -, les candidats sont à cran et défiants, notamment à l'encontre de Nicolas Sarkozy. Avant la publication de la liste officielle des candidats, François Fillon et Hervé Mariton avaient saisi la Haute autorité sur la double-casquette supposée du "président-candidat" des Républicains. Paniquée à l'idée de ne pas participer à la primaire, Nathalie Kosciusko-Morizet réclamait jusqu'au dernier jour le fichier des adhérents pour arriver à récolter les précieux 2.500 parrainages. Un fichier exclusivement détenu par la direction du parti, piloté jusqu'au 24 août par Nicolas Sarkozy. "Nous n'étions pas à armes égales dans la collecte des parrainages", affirme-t-on chez les proches de Jean-François Copé, contactés par RTL.fr.

Leurs candidatures pour la plupart validées, on imaginait alors les polémiques autour de l'organisation du scrutin terminées. Au micro de RTL, Jean-François Copé a relancé la fronde vendredi 23 septembre, au détour d'une petite phrase : "Nicolas Sarkozy a des moyens et des pouvoirs que les autres n'ont pas, avec le soutien du parti. C'est un fait. Je le regrette, c'est comme ça. Ça fait partie des données de cette campagne." 

Des pressions internes au parti ?

Nicolas Sarkozy serait-il alors avantagé ? "C'est une évidence. Tous les autres candidats le disent. C'est désagréable, nous n'avons pas les mêmes armes au départ", souffle-t-on dans l'entourage de Jean-François Copé, contacté par RTL.fr. Illustration ce dimanche 25 septembre : le député-maire de Meaux devait participer à la Fête départementale des Républicains dans le Rhône. "On lui a expliqué qu'il ne pourrait pas prendre la parole. Nicolas Sarkozy, lui, ne s'y rend pas. Il y a quelques semaines, une Fête départementale avait été organisée à Agen (le 4 septembre, à l’hippodrome) et les candidats avaient pris la parole (Jean-François Copé était présent, Nicolas Sarkozy était représenté, ndlr).C'est désagréable de sentir certaines pressions, de ne pas faire totalement ce que l'on veut." Les équipes de Jean-François Copé tentent toutefois de se rassurer. "Le combat ne se jouera pas là-dessus", répète-t-on.

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Du côté de l'organisation de la primaire, jointe par RTL.fr, on tempère et précise que "tout candidat peut saisir la Haute autorité, qui a à la fois un pouvoir grand et limité. Elle peut rappeler à l'ordre, elle distribue des cartons jaunes mais pas de cartons rouges. Ceux qui composent la Haute autorité sont des gens indépendants", assure-t-on.

Des proches de Nicolas Sarkozy à la direction du parti, un soutien dissimulé ?

Sur le papier, le scrutin est garanti 100% neutre. Dans les faits, les figures du parti ont choisi leur favori. Laurent Wauquiez, propulsé à la tête du parti Les Républicains après l'annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy le 24 août, n'a pas caché sa préférence pour l'ancien président de la République. Christian Estrosi, autre proche de l'ancien chef de l'État, a été maintenu à la tête de la Commission nationale d'investiture. Quant à Frédéric Péchenard, il occupe toujours la direction générale du parti. L'ancien directeur de la police nationale avait été nommé par Nicolas Sarkozy après sa reprise en main du parti en 2014.

Avant d'être accusé de toute complaisance avec l'ancien chef de l'État, Laurent Wauquiez avait pris les devants. Dès le 28 août au Touquet, le président par intérim des Républicains prévenait : "Je serai très exigeant sur le fait que notre famille politique ne soit au service d'aucun candidat à la primaire. Notre service doit être le lieu du collectif", disait-il. De son côté, Thierry Solère, président du Comité d'organisation de la primaire, et donc garant de la neutralité de la primaire, a affiché la couleur en rejoignant Bruno Le Maire. Certains y voient là une habilité de Nicolas Sarkozy, qui l'a nommé à cette fonction.

Une équité stricte entre les candidats, selon la charte

Si les soutiens personnels peuvent perturber la bonne compréhension de la primaire et être source de questions légitimes, le chapitre 3 de la charte créée spécialement pour le scrutin ne laisse que peu de place au doute concernant d'éventuels avantages financiers. "Dans le respect d'une stricte égalité entre les candidats, les organes délibérants des partis et groupements politiques concourant à la primaire fixent le plafond des dépenses de campagne et peuvent décider d’allouer une somme à chacun des candidats à la primaire en vue de la désignation du candidat à la présidence de la République."

Raison pour laquelle l'entourage de Jean-François Copé se montre finalement confiant sur la validité du scrutin. "Il n'y a pas d'inquiétude majeure sur le scrutin de 2016", prévient-on du côté de ses proches, qui précisent que "seul le micro-parti de Jean-François Copé finance cette campagne. Nous n'avons pas reçu de chèque de la part du parti."

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2016-09-24 10:43:00
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