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Primaire Les Républicains : la ligne incarnée par Alain Juppé en 7 citations

PAROLES DE CANDIDAT (2/7) - Les personnalités qui batailleront lors de la primaire Les Républicains sont désormais connues. Retour sur leurs parcours, leurs idées et leurs sorties en quelques déclarations phares.

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Primaire LR : la ligne incarnée par Alain Juppé en citations Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL.fr | Date :
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Alain Juppé se décrit lui-même comme étant un "homme de droite mais ouvert et porté au rassemblement". Et c'est ainsi qu'il entend mener sa campagne pour remporter la primaire Les Républicains qui se déroulera les 20 et 27 novembre prochains. Dans un livre sorti uniquement en version numérique, l'ancien premier ministre dévoile les raisons de son engagement et n'hésite pas aborder les clichés qui l'entourent, comme son aspect austère. Lors de la campagne législative de 1978, Alain Juppé a l'image d'un "techno froid et insensible" qui finira par rester. Jacques Chirac lui conseille alors de "s'arrondir", comme l'explique le candidat à la primaire de la droite, qui confie avoir continué de souffrir de cette image. 

Mais cela n'a pas empêché Alain Juppé de devenir la personnalité en laquelle les Français ont le plus confiance "pour garantir la sécurité des Français face à la menace terroriste", selon un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche. Il arrive en tête du classement avec une cote de confiance à 58%, devant Nicolas Sarkozy (50%), Manuel Valls (49%), François Fillon (48%), Emmanuel Macron (45%) et Marine Le Pen (42%). À noter que François Hollande  n'arrive qu'à la 8e place de ce classement avec 33%.

1. "Je veux une France heureuse"

Contrairement à Nicolas Sarkozy, qui aborde la campagne à travers un ton autoritaire, Alain Juppé a choisi de tenir un discours optimiste. Lors de l'université d'été des Républicains, qui s'est tenu à la Baule le 3 septembre dernier, le candidat à la primaire de la droite a déclaré : "Je veux une France fière de ses valeurs, fidèle à son histoire, à sa culture et qui n'a pas peur de l'avenir. Je veux une France heureuse. J'ose employer ce mot. Je veux une France heureuse d'avoir su retrouver l'harmonie et ce qui fait son identité profonde, c'est-à-dire sa diversité et son unité. Voilà ma vision de la France, vive la République et vive la France". 

Alain Juppé met ainsi en avant une idée phare de son programme : l'identité heureuse. Sur son blog, le rival de l'ancien chef de l'État explique : "Je refuse d'avoir l'identité malheureuse, frileuse, anxieuse, presque névrotique. Pour moi, identité ne rime pas avec exclusion ni refus de l'autre. Je veux faire rimer identité avec diversité et unité : respect de notre diversité, affirmation de notre unité. Naïveté, me dira-t-on... Ma longue expérience du terrain me protège de ce risque. Je sais bien que la France dont je rêve n'est pas la France d'aujourd'hui, pas toute la France d'aujourd'hui". 

2. "Je ferai tout ce que je peux pour aider NKM"

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Cette phrase a marqué un tournant pour Nathalie Kosciusko-Morizet dans la course aux parrainages pour participer à la primaire de la droite. À quelques semaines de la date limite, la candidate annonçait n'avoir que deux tiers des signatures nécessaires. Alain Juppé avait épaulé l'ancienne ministre à Hossegor, en plaidant sa cause. "Ce serait déplorable qu'il n'y ait pas de femmes à la primaire. Mais ce n'est pas la seule raison, elle doit être candidate aussi pour ses qualités, indiquait-il . Elle comprend mieux que quiconque la révolution numérique. Elle a pour elle sa jeunesse et sa modernité".

François Fillon et Nicolas Sarkozy ont ensuite appelé leurs parrainages à soutenir la candidate. Cette dernière avait posté un message sur Twitter : "Merci cher Alain Juppé pour tes mots chaleureux lors de ton passage sur le stand de ma tournée d'été".

3. François Hollande, "premier émetteur de chèque en bois en France"

François Hollande est l'une des principales cibles d'Alain Juppé, qui ne cesse de rappeler son bilan. Dans son dernier livre, De vous à moi, il consacre quelques mots au président de la République. "Le pouvoir est déjà profondément discrédité. Par une politique qu'inspirent l'idéologie et le besoin de revanche. Bouclier fiscal, énergie nucléaire, politique européenne, audiovisuel, retraite, lutte contre le chômage ou l'insécurité : pendant un an, François Hollande aura entrepris de détricoter consciencieusement ce qui avait été réalisé sous le quinquennat précédent et pour la seule raison que cela l'avait été par son prédécesseur". 

Mais Alain Juppé aura marqué en affirmant que le chef de l'État est le "premier émetteur de chèques en bois de France". Dans une interview accordée au Figaro, il déclare qu'une "politique culturelle digne de ce nom, ce n'est pas du racolage préélectoral. C'est une vraie conviction et une vision durable". Concernant la politique qu'il compte lui-même mettre en place, le candidat à l'élection présidentielle assure "il faudra un homme ou une femme qui aime la matière, qui soit cultivé, qui ait une passion pour la littérature, le spectacle, la musique et qui tienne la maison", au poste de ministre de la Culture.

4. "Il faut prêcher en français dans les mosquées"

Après l'assassinat d'un couple de policiers à Magnanville, dans les Yvelines, par Larossi Abballa, Alain Juppé a fait part de sa volonté "d'expulser" sans "aucune hésitation", les imams radicaux. Au micro de RTL, il expliquait qu'"il y en a assez de ces subtilités. Est-ce que véhiculer ce genre de propos est conforme aux valeurs de la République ? La réponse est non. Il faut véritablement lutter contre la radicalisation partout". Il ajoute aussi qu'il souhaite que les imams "prêchent en Français dans les mosquées (...) On doit également fournir, lorsque l'on est imam, un diplôme qui atteste que l'on sait ce que veut dire la laïcité, la liberté, l'égalité, la fraternité et la liberté entre les hommes et les femmes".

Sur la radicalisation dans les écoles, Alain Juppé souhaite "permettre aux enseignants de résister à tous les comportements négationnistes, sur Internet, dans les prisons et dans les salles de prière. Une lecture moderne du Coran et une religion musulmane qui respecte la République ont leur place en France et il faut négocier cela avec les musulmans pour fixer des règles précises".

5. "Si on faisait la liste de tous ceux qui ont trahi, ça ferait du ménage !"

En mai dernier, Alain Juppé prônait déjà le rassemblement. "Je veux rassembler le plus largement possible, s'il y a des déçus du 'hollandisme' qui veulent nous rejoindre, qu'ils viennent ! S'il y a des déçus du FN qu'ils viennent ! C'est dans cet esprit que je veux travailler". Invité à répondre aux questions des auditeurs, et notamment sur la stratégie de François Bayrou qui avait "trahi" la droite aux deux tours de l'élection présidentielle de 2012, Alain Juppé avait répliqué : "Si on faisait la liste de tous ceux qui ont trahi, y compris dans notre camp, ça ferait du ménage".

6. "Amitiés dans les moments difficiles"

En février dernier Nicolas Sarkozy avait été mis en examen pour "financement illégal" de sa campagne lors de l'élection présidentielle de 2002. Après avoir appris la nouvelle, Alain Juppé avait posté un message en soutien à l'ancien chef de l'État sur Twitter : "Je souhaite pour nous tous que Nicolas Sarkozy fasse prévaloir son bon droit. Amitiés dans les moments difficiles. Comme tout citoyen, Nicolas Sarkozy a droit à la présomption d'innocence. Nous devons naturellement respecter ce droit".

Face aux réactions suscitées par ces tweets, Alain Juppé avait ajouté, à l'antenne de RTL, "Nicolas Sarkozy comme tout citoyen a droit à la présomption d'innocence. Ce sont des moments difficiles que j'ai moi-même connus donc je lui ai exprimé mon amitié. Je constate simplement que si je ne dis rien, je suis soupçonné de me frotter les mains et si je dis quelque chose, je suis accusé d'hypocrisie. C'est extrêmement compliqué".

7. Bonus : "La solidité, c'est Juppé"

Parmi les plus fidèles soutiens d'Alain Juppé, on retrouve Jean-Pierre Raffarin. "J'ai toujours été intéressé par ceux qui rassemblaient leur pensée en très peu de mots (...) Il faut trouver en peu de mots l'essentiel. La situation est très grave ? À la gravité qu'est-ce qu'il faut comme réponse ? La solidité. La solidité contre la gravité. La solidité, c'est Juppé", affirmait l'ancien premier ministre. D'après lui, "François Hollande craint plus Alain Juppé que Nicolas Sarkozy (...) Alain Juppé a une épaisseur. Il est maire de Bordeaux, il a été premier ministre, il a eu des engagements profonds".

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