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Primaire de la gauche : le revenu universel de Hamon sous le feu des critiques

Comme il le fait depuis le début de sa campagne, Benoît Hamon a défendu la mesure phare de son programme économique sur le plateau de "Primaire de gauche : le débat" jeudi 12 janvier.

Benoît Hamon, lors du 1er débat de la primaire de la gauche le 12 janvier
Benoît Hamon, lors du 1er débat de la primaire de la gauche le 12 janvier Crédit : Christophe Guibbaud / Sipa Press pour RTL
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

C'est lui qui a lancé l'idée le premier. Si Jean-Luc Bennahmias est en phase avec son projet, Benoît Hamon est bien le seul au Parti socialiste à proposer l'instauration du revenu universel d'existence. En évoquant cette proposition, Manuel Valls avait insisté sur "l'assistanat et le farniente" qu'elle pourrait créer. Sur le plateau de Primaire de la gauche : le débat jeudi 12 janvier, Benoît Hamon a réagi à cette accusation. "Je me souviens quand Michel Rocard a mis en place le Revenu minimum d'insertion, on entendait des arguments semblables sur une société qui encouragerait au laxisme et à la paresse (...), ça n'a pas été vrai", a-t-il rétorqué.

Et de défendre sa mesure phare, qu'il compare à l'arrivée de la Sécurité sociale en 1945. "Le revenu universel ne peut se mettre en oeuvre que par étapes, cette étape des 400 milliards d'euros ne peut être qu'une étape de moyen et long terme. La première étape, ce sera de mettre en oeuvre un revenu universel pour les plus pauvres, éradiquer la pauvreté par l'automatisation du RSA, le revaloriser de 10% en le portant à 600 euros, et le distribuer aux 18-25 ans."

Il justifie la nécessité de l'entrée en vigueur de cette mesure par la raréfaction du travail, engendrée par la révolution numérique. "Le Conseil d'orientation pour l'emploi vient de confirmer qu'à échéance de quelques années, ce sont près de 10% des emplois en France, qui sont menacés de disparition (...) Le revenu universel d'existence est ce nouveau pilier de la protection sociale que je veux pour cette génération."

Manuel Valls répond revenu décent au revenu universel

En lieu et place du revenu universel auquel il est opposé, Manuel Valls propose un "revenu décent", qui équivaut à une fusion des minimas sociaux. "Je veux une société qui mette le travail au cœur. Le travail, c'est la dignité.Je veux que l'on donne une rémunération au travail. Et puis, il faut lutter contre la pauvreté par cette proposition de fusionner les minimas sociaux pour qu'ils soient plus efficaces, qui serait applicable aux 18-25 ans qui ne peuvent pas avoir accès au RSA, toujours sous condition de ressources", assure Manuel Valls qui précise que la Sécurité sociale professionnelle est sur le point de "se réaliser".

Le revenu d'existence n'est précisément pas ce qui pourrait créer des emplois. C'est même l'inverse

Vincent Peillon, candidat PS à la primaire de la gauche
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Vincent Peillon, à droite de Benoît Hamon au Parti socialiste, ne croit pas dans le revenu universel. Il lui préfère un "bouclier fiscal pour les plus modestes". "Le revenu d'existence n'est précisément pas ce qui pourrait créer des emplois. C'est même l'inverse", oppose-t-il. "Il n'est pas praticable. Le revenu universel, philosophiquement, c'est une idée qui pose un gros problème. La solidarité, nous l'avons fondée pendant des siècles sur l'idée que ceux qui ont le plus donnent à ceux qui ont le moins. Là, on dit à tout le monde on donnera la même chose, ça me semble une rupture importante", a-t-il asséné.

"Le raisonnement est basé sur une idée fausse : que la modernité va faire qu'il y aura de moins en moins d'emplois. Le problème de la France, c'est de monter en gamme. Il faut avoir une stratégie de compétitivité française qui investisse sur la connaissance, sur la formation, sur la recherche."

De Rugy veut baisser le coût du travail, Montebourg la CSG

François de Rugy est, lui aussi, contre le principe du revenu universel version Benoît Hamon. À la place, il "propose de supprimer les cotisations familiales et les remplacer par la CSG pour avoir une baisse du coût du travail : moitié baisse du coût du travail, moitié hausse du pouvoir d'achat, c'est soutien aux entreprises, soutien à la consommation." L'écologiste a aussi pour ambition la "régionalisation de Pôle Emploi" et mise sur la "transition écologique" pour lutter contre le chômage.

Pour "redonner du pouvoir d'achat aux plus modestes", Arnaud Montebourg, quant à lui, "propose que nous abaissions la CSG jusqu'à un treizième mois pour les personnes au Smic. Pour moi, la question de la feuille de paie, de l'investissement dans le pays, c'est la clef du redémarrage." L'ancien ministre a enfin contesté qu'en "prélevant 400 milliards on pourra remettre en marche la machine économique".

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2017-01-12 22:17:00
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