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Primaire de la gauche : pourquoi l'équipe de Hamon menace de saisir la Haute autorité

ÉCLAIRAGE - Les soutiens de Manuel Valls flinguent la position de Benoît Hamon sur la laïcité depuis le soir du premier tour. Une situation qui déplaît au favori de la primaire de la gauche.

Benoît Hamon et Manuel Valls, qualifiés pour le second tour de la primaire de la gauche
Benoît Hamon et Manuel Valls, qualifiés pour le second tour de la primaire de la gauche
Crédit : JOEL SAGET / AFP
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier

Soixante-douze heures après le premier tour, Manuel Valls, passé du statut de favori à celui de challenger de cette primaire de la gauche, lâche ses coups. Sa cible : Benoît Hamon, le frondeur, ostracisé pendant le quinquennat et désormais en position de force. Les récentes accusations de Malek Boutih d'abord, qui imagine Benoît Hamon "en résonance avec une frange islamo-gauchiste", et d'un ministre anonyme ensuite, qui assure dans Libération que le vainqueur du premier tour est "le candidat des Frères musulmans", ont fait sortir de leurs gonds l'équipe du socialiste.

Mardi 24 janvier, Mathieu Hanotin, directeur de campagne de Benoît Hamon, a adressé un courrier à Jean-Christophe Cambadélis, porte-parole du Parti socialiste, lui demandant "instamment d'intervenir afin de maintenir un climat serein et apaisé dans nos débats de la primaire", sous peine d'être contraint de saisir la Haute autorité. Le député de Seine-Saint-Denis accuse les équipes de son adversaire de commettre des "dérapages qui me semblent totalement inacceptables (...) habituellement portés par l'extrême droite". Par ailleurs, ce premier soutien de Benoît Hamon estime que ces attaques "constituent une violation de la charte éthique des primaires signée par l'ensemble des candidats."

Un débat impitoyable qui va aller jusqu'au bout

Malek Boutih, soutien de Manuel Valls

Pour comprendre pourquoi la situation s'est envenimée à ce point entre les deux camps, il convient de revenir trois jours en arrière. Dimanche 22 janvier, Malek Boutih, soutien de Manuel Valls, annonçait clairement la tournure qu'allait prendre la suite des événements. Sur RTL, le député de l'Essonne, connu pour son franc-parler, a dégainé le premier : "Il va falloir dire la vérité, il va falloir expliquer pourquoi des femmes n'ont pas le droit d'entrer dans des cafés, expliquer pourquoi les islamistes, ce n'est pas si dangereux que ça, ce n'est plus de la rigolade".

À écouter

Malek Boutih et Pascal Cherki débattent âprement au soir du premier tour de la primaire
00:10:57

Le débat de ce mercredi 25 janvier s'annonce donc électrique. "Un débat impitoyable qui va aller jusqu'au bout", surenchérissait le député de l'Essonne. "Dans ce débat, Benoît Hamon, cette fois-ci, il ne viendra pas faire le mec de 18 ans et qui découvre la politique, et qui dit que "nous les jeunes, on a des nouvelles idées, parce qu'il va falloir qu'il assume. Pourquoi il est contre la laïcité ? Pourquoi il caresse dans le sens du poil les extrémistes ?" Invité de France Inter ce mercredi 25 janvier, Manuel Valls a approuvé Malek Boutih : "Il a raison de pointer ce qui se passe dans les quartiers, il faut l'aborder franchement et avec détermination".

Que reproche-t-on à Benoît Hamon ?

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L'origine de ces interrogations remonte au mois de décembre 2016. Dans l'émission de France 3 12-13 en politique (à voir à partir de la 26e minute), Benoît Hamon était invité à réagir à un reportage de France 2, montrant l'absence de mixité dans certains cafés de banlieue, comme à Sevran (Seine-Saint-Denis). Et son commentaire ne convainc pas ses opposants. "Historiquement, dans les cafés ouvriers, il n'y avait pas de femmes, souligne-t-il d'abord. Là en l’occurrence on parle de cafés à Sevran, parce qu'on estime que l'espace public est confisqué aux femmes parce qu'il serait à majorité musulmane (...) Remettons des questions sociales avant de mettre des questions religieuses sur ces sujets-là."

Si le favori de la primaire a reconnu l'existence d'"une pression faite sur certaines femmes par un certain nombre de fondamentalistes religieux", il ne condamne pas explicitement la pratique constatée dans ce café de Sevran. "La République doit être forte pas simplement dans le fait de punir, mais dans le fait de garantir à chacun la possibilité de s'épanouir." Et de répéter sa définition de la laïcité. "Je serai le garant de la laïcité telle qu'elle a été pensée en 1905, une laïcité qui visait à ce que ceux qui croient et ne croient pas puissent librement le faire, et en assurant la neutralité de la puissance publique de l'État."

Des propos de Benoît Hamon condamnés par Florian Philippot et Valérie Pécresse

Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, avait noté que "le déni du problème par la gauche est choquant." Florian Philippot, vice-président du Front national, avait, quant à lui, qualifié les propos de Benoît Hamon de "honteux". Manuel Valls, en revanche, n'avait pas réagi à cette interview sur son compte Twitter.

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