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Primaire de la gauche : Hamon, cible privilégiée de Valls, Peillon et Montebourg

ÉCLAIRAGE - Le revenu universel, défendu bec et ongles par l'ancien ministre de l'Éducation nationale, est au centre des critiques.

Benoît Hamon en meeting à Paris, le 14 décembre 2016
Benoît Hamon en meeting à Paris, le 14 décembre 2016 Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Envolé le statut de favori un temps accordé à Manuel Valls. L'issue de la primaire de la Belle alliance populaire, autrement dit celle des partis alliés au Parti socialiste, est complètement incertaine. Si l'ancien premier ministre est placé en tête des intentions de vote, selon un sondage Kantar Sofres-Onepoint pour RTL, il n'est en rien assuré de remporter la mise le 29 janvier, jour du second tour. En effet, un match à trois semble se profiler. Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, qui mettent la barre à gauche dans leur programme, sont dans un mouchoir de poche.

Benoît Hamon, jugé convaincant dans L'Émission politique sur France 2, pourrait donc être l'invité surprise du second tour. Sans doute l'une des raisons pour lesquelles ses adversaires directs multiplient les attaques contre celui qu'ils n'ont pas vu venir et qui est parvenu à se démarquer d'Arnaud Montebourg, son premier allié pendant le quinquennat de François Hollande. Les deux hommes avaient quitté ensemble le gouvernement de Manuel Valls en août 2014, après s'être opposés à la ligne sociale-démocrate imposée par le premier ministre.

Le revenu universel "n'a pas de sens" pour Arnaud Montebourg

Le temps où Benoît Hamon et Arnaud Montebourg partageaient "la cuvée du redressement", qu'ils projetaient d'envoyer à François Hollande, sous le soleil estival de Frangy-en-Bresse, serait-il révolu ? Arnaud Montebourg s'en est pris à la proposition phare du programme de Benoît Hamon : le revenu universel, un revenu d'environ 700 euros distribué à tous les Français.

"Les Français peuvent imaginer que beaucoup de personnes qui sont dans le besoin, qui ne peuvent pas vivre, ni eux-mêmes ni leur famille, puissent être aidées, c'est ce qu'on appelle la protection sociale", a déclaré l'ancien ministre de l'Économie sur LCI. "Mais est-ce que vous et moi avons besoin d'un revenu ? a-t-il demandé à la journaliste qui l'interrogeait. Surtout si ce revenu universel a pour conséquence d'augmenter de 50% la totalité des impôts du pays? Ça n'a pas de sens".

En opposition à Hamon, Valls défend "la société du travail"

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Sur France Info, Manuel Valls ne s'est pas montré plus tendre avec le revenu universel de son adversaire mardi 10 janvier. "Je suis pour des solutions solides, réalistes, sociales, je suis pour une société du travail, de la solidarité, je ne suis pas pour une société de l'assistanat ou du farniente", a répliqué celui qui défend l'idée d'un "revenu décent" qui est l'équivalent d'une fusion des minimas sociaux.

Vincent Peillon renvoie au passé la pensée "hamoniste"

Invité de RTL mardi 10 janvier, Vincent Peillon a par deux fois ciblé Benoît Hamon en dix minutes d'interview. L'eurodéputé voit dans le revenu universel une "rupture avec le principe républicain fondamental de solidarité". Il n'hésite d'ailleurs pas à renvoyer au passé la pensée "hamoniste" sur la raréfaction du travail liée à la révolution numérique. "Le début du raisonnement de Benoît Hamon, c'est de nous expliquer que les robots vont nous remplacer. (...) Les études sur lesquelles il se fonde sont des études qui ont été corrigées. Depuis, on s'est rendu compte qu'on avait confondu la tâche et la profession. Des tâches vont disparaître, pas des métiers".

Le prédécesseur de Benoît Hamon au ministère de l'Éducation nationale l'égratigne sur une autre de ses propositions d'envergure : le 49.3 citoyen. Cette mesure, "populiste" pour Patrick Mennucci, vise à donner la possibilité à 400.000 personnes de se mobiliser sous forme de pétition pour stopper une proposition de loi. "Donc 400.000 personnes vont pouvoir bloquer l'application des lois décidé par une majorité (...) "Il faut que cette primaire soit sérieuse. On n'est pas là pour dire des choses qu'on ne fera pas".

L'attaque de François de Rugy

Enfin, François de Rugy, le candidat écologiste de cette primaire, estime que "quand on se saisit de l'écologie, ce n'est pas juste pour une campagne électorale." Il fait ainsi référence à l'attrait de Benoît Hamon et Arnaud Montebourg pour les problématiques écologiques.

Pour le débat de ce jeudi 12 janvier, Benoît Hamon a préparé quelques ripostes, en particulier aux attaques prévisibles de ses adversaires sur le revenu universel. Sur le plateau de Primaire de la gauche : le débat, il défendra mordicus sa mesure emblématique.

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