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Primaire de la droite : que doivent faire les candidats pour se démarquer lors du débat ?

Sept candidats, six hommes et une femme, vont s'affronter pour représenter la droite et le centre en 2017. Mais avant cela, il faut convaincre les électeurs de la primaire.

Le plateau du premier débat pour la primaire de la droite
Le plateau du premier débat pour la primaire de la droite Crédit : RTL, "Le Figaro", TF1
Michael Ducousso Journaliste

Ce jeudi 13 octobre RTL et TF1, en partenariat avec Le Figaro, retransmettent en direct le premier des trois débats de la primaire de la droite et du centre. Un débat qui a été minutieusement préparé par les sept candidats.

Si les militants et cadres de la droite espère que l'exercice ne va pas tourner au pugilat, les sept adversaires vont bien devoir marquer les esprits pour pouvoir gagner les faveurs des électeurs appelés à voter les 20 et 27 novembre prochain. Chacun a sa stratégie pour sortir du lot au cours de cette émission de 120 à 150 minutes qui constituera une grande première pour Les Républicains, peu coutumiers des primaires. Quel ton les prétendants à l'investiture vont-ils donc adopter pour s'illustrer ? Voici quelques pistes de réflexion sur les stratégies les plus probables de chacun.

Alain Juppé : rester au-dessus de la mêlée

Grand favori de la primaire, le maire de Bordeaux va devoir jouer de ses atouts : sa sérénité et son sérieux. Il y a trois jours encore, le sondage Kantar-Sofres-OnePoint lui donnait 14 points d'avance sur son premier concurrent, Nicolas Sarkozy. C'est notamment lié à son tempérament plus calme qui lui permet de se distinguer, en particulier aux yeux des électeurs du centre. Comme l'explique l'un de ses proches : "Juppé n'est pas dans la punchline, il n'est pas dans la tradition marketing pour faire du buzz". D'ailleurs, il a lui-même fustigé la "nullité du débat politique" après la polémique lancée par son adversaire sur les ancêtres gaulois des Français. Ce soir, il va devoir continuer sur cette lancée.

Nicolas Sarkozy : rester calme

Contrairement à Alain Juppé, le calme et la sérénité ne font pas partie des qualités dont les Français créditent habituellement l'ancien président. La température sur le plateau ne dépassera pas les 19 degrés, mais on sait que Nicolas Sarkozy a le sang chaud. Cependant, même si le maire de Bordeaux estime qu'il "y a un peu de panique à bord" dans le camp de l'ex-chef d'État, il y a peu de chances pour que ce dernier perde ses moyens. D'abord, il l'a dit lui-même aux lecteurs du Parisien : "Vous avez vu comme je suis calme maintenant ? Un vrai toutou..." Mais attaqué par ses adversaires, Nicolas Sarkozy réussira-t-il à garder son calme ?

Jean-François Copé : se montrer offensif

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Avec son slogan "On ne recule plus !", Jean-François Copé a d'emblée donné le ton de sa campagne. Mais le député-maire de Meaux reste bloqué à 2% des intentions de vote au premier tour de la primaire. Il y a donc fort à parier que l'élu opte pour la solution offensive durant le débat. Il pourrait même se montrer agressif contre "la bande des quatre" composée de Sarkozy, Juppé, Le Maire et Fillon. Dans le lot, il en est un qui risque de s'attirer certainement les foudres de Jean-François Copé : Nicolas Sarkozy. Selon le Monde, les "fillonistes" s'attendent à "une confrontation physique" entre les deux hommes au sujet de l'affaire Bygmalion. Placé juste à côté de l'ancien président, Copé pourrait en profiter pour régler ses comptes avec celui qui voudrait être élu, selon lui, pour "ne pas aller au tribunal".

François Fillon - Bruno Le Maire : se distinguer l'un de l'autre

Les deux candidats vont se battre ce soir pour la place de 3e homme. À en croire les derniers sondages, ils seraient au coude à coude, entre 10% et 12% des intentions de vote. Si Bruno Le Maire a lancé sa campagne sur une meilleure dynamique que l'ancien premier ministre, il n'a cessé de reculer dans les sondages tandis que son adversaire progressait doucement. Tous les deux sont d'anciens ministres - François Fillon était chef du gouvernement - et très libéraux. Ils tentent néanmoins de jouer leurs cartes en proposant une alternative au duel Juppé-Sarkozy.

Nathalie Kosciuzko-Moriset : séduire au centre et à gauche

La seule femme du débat ne fait pas partie des favoris, loin de là. Après avoir obtenu les parrainages nécessaires grâce à l'intervention d'Alain JuppéNKM se voit désormais créditée de 4% des intentions de vote. Elle pourrait tirer son épingle du jeu en ne misant pas sur l'électorat des Républicains pur et dur. Les électeurs du centre et de gauche - qui risquent de voter à la primaire - pourraient se laisser tenter par cette femme mariée à un homme de gauche et qui s'est ouvertement opposée à Nicolas Sarkozy. Ses positions sur l'écologie et le numérique lui donnent clairement une image progressiste, tout comme son côté "Girl Power" au milieu des hommes de la droite. Elle sait d'ailleurs qu'elle peut jouer là-dessus : "Je suis une femme, n'est-ce pas la subversion ultime aujourd'hui ?" Elle a tout intérêt d'appuyer sur ces points-là pour séduire l'électorat à la gauche des Républicains. En revanche, ses positions sur l'impôt sur le revenu généralisé, la limitation des mandats de délégué syndicaux ou la fin du statut de fonctionnaire risquent de lui faire perdre des points.

Jean-Frédéric Poisson : se mesurer à un ténor

Le président du Parti chrétien-démocrate jouera les outsiders durant le débat. Il n'aura pas d'autre choix que de s'attaquer à un plus gros poisson que lui pour exister. L'avantage, c'est que son profil atypique va lui permettre de s'opposer à tous les autres. Ultra-conservateur sur les questions sociétales et plutôt anti-libéralJean-Frédéric Poisson a de quoi se démarquer. En plus, l'homme n'est pas timoré. Dans le portrait que lui consacre Libération, le député des Yvelines est décrit comme un orateur qui sait s'imposer. À en croire le socialiste Régis Juanico, "quand il intervient dans l'Hémicycle, ce n'est pas pour bavasser, il fait autorité."

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