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Présidentielle américaine : qui sont les soutiens de Donald Trump en France ?

INTERVIEWS - Leur action n'a pas d'impact concret sur les urnes mais la cinquantaine de membres du comité Trump France veut propulser le candidat républicain à la tête de la première puissance mondiale.

Donald Trump lors d'un meeting aux États-Unis
Donald Trump lors d'un meeting aux États-Unis Crédit : SIPA
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin
Journaliste

Ils ne pourront pas voter mais veulent provoquer une "trumpisation du débat politique" dans l'Hexagone. À vingt jours de l'élection présidentielle américaine, les soutiens de Donald Trump en France multiplient les messages sur les réseaux sociaux pour encourager l'accession du milliardaire américain Donald Trump, candidat du Parti Républicain, à la Maison Blanche. Ces derniers se sont constitués en une association, le comité Trump France, installée dans un bâtiment cossu de l'avenue des Champs-Élysées. Le comité est composé d'une cinquantaine d'adhérents, dont l'importance est amplifiée par le suivi de près de 2.500 abonnés sur Twitter et un peu plus de 1.500 sur Facebook.

Pas question pour le comité Trump France de se focaliser sur la personnalité du candidat, largement décriée ces dernières semaines par les médias du monde entier. "Nous sommes dans une situation géopolitique générale, en France comme en Europe, qui est très dangereuse", justifie auprès de RTL.fr le président du Comité Trump France, Georges Clément, convaincu que l'inexpérience politique de son candidat permettra de changer la donne aux États-Unis, mais également de l'autre côté de l'Atlantique. Si certains associent directement ce groupe de soutien, transformé en association au cours de l'année, à l'extrême droite française et au Front national, le Comité Trump France réfute ce lien. De toute façon, "il n'y a pas d'extrême droite en France", selon Georges Clément.

Culte de la personnalité ?

"Ce qui nous a plu, c’est sa position politique, ce n’est pas Donald Trump, prétend Georges Clément, qui refuse de considérer ce comité de soutien comme un fan-club. C’eût été quelqu’un d’autre que Trump, on l’aurait approuvé". Mais si les idées semblent l'emporter sur le caractère fantasque du candidat, résumer celles-ci s'avère compliqué pour le président de Trump France. Selon lui, le candidat du Grand Old Party (GOP) s'est déjà distingué "sur le plan politique, à la fois sur les plans intérieur et extérieur, et sur le plan économique, en mettant en cause les traités internationaux signés ou en cours de signature par les États-Unis". Georges Clément prétend également avoir été séduit par "son analyse de la situation au Moyen-Orient qui, en ce moment, frise la guerre nucléaire avec l’URSS .. Enfin... Avec la Russie", se ravise-t-il. 

Si la méconnaissance de Donald Trump en politique en effraie certains ou sert de contre-argument aux soutiens d'Hillary Clinton, le comité Trump France y voit un atout "pour sortir de l’incapacité à faire de la politique". "Il est hors du champs professionnel de la politique, il est libre par rapport aux finances extérieures et intérieures de l’État fédéral. Donald Trump n’attend pas de l’État américain, il est libre de sa parole", considère Georges Clément, qui met un point d'orgue sur la "déprofessionnalisation" de la politique. "Il est le seul outil possible pour casser le système politique, cette masse d’hommes et de femmes liés les uns aux autres par des intérêts financiers", poursuit-il.

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Mais à quoi bon soutenir un candidat outre-Atlantique ? En fait, aucun candidat à la présidence de la République française pour 2017 n'est, selon Trump France, capable de se mesurer à Donald Trump. Sur les réseaux sociaux, des élus frontistes comme Wallerand de Saint-Just ou la conseillère régionale Aline Bertrand suivent l'actualité du candidat, mais pour Georges Clément, pas question de se ranger derrière Marine Le Pen. "Elle est financée, comme les autres, par la fameuse loi sur les fonds électoraux. C’est une fonctionnaire de la politique et, un jour où l’autre, un fonctionnaire politique est tenu par son salaire", estime-t-il. D'ailleurs, le Front national refuse également d'être associé à Trump France, "un comité dont je ne connaissais même pas l'existence", assure Florian Philippot, joint par RTL.fr. 

Georges Clément se dit "de droite" et "patriote". Également président du comité de Lépante, qui se présente comme un "observatoire de l'islamisation des sociétés européennes", Georges Clément, 73 ans, a fondé sa réputation sur des accointances avec les milieux identitaires et ultra-libéraux. "Nous avons une civilisation de haut niveau et nous devons la maintenir et la développer, affirme-t-il. Pour lui, le comité de Lépante n'est ni plus ni moins qu'un "groupe d’amis informel, fondé en 2003 sur la base du refus d’entrée de la Turquie dans l’Union européenne et de l'islamisation, puis de l'expression de la pensée libérale de l'économie de marché". 

Et après le 8 novembre ?

Réunions, conférences de presse, présence dans les médias... "Notre but est d’informer le public français, ignare en la matière, car une partie est contre Donald Trump mais, surtout, une autre partie n’y connaît rien", estime Georges Clément. Le comité compte organiser une soirée spéciale, le 8 novembre, "dans un lieu tenu par des Américains" à Paris, pour regrouper des partisans de Trump. Certains de ses membres ont prévu de se rendre aux États-Unis à titre personnel pour suivre, sur place, le résultat de l'élection.

D'autres groupes, comme “La Bretagne pour Trump”, montrent un soutien hyperlocal au candidat, mais le comité Trump France les rallie progressivement à sa cause et espère atteindre une centaine d'adhérents avant l'élection. "Cela prouve que l'idée de soutenir Trump en France et dans le monde est venue dans la tête de beaucoup de gens", se réjouit Georges Clément, qui considère toutefois que son comité est voué à disparaître après le 8 novembre... À moins que le scrutin ne soit favorable à son candidat. "S’il est élu, notre groupe continuera, pour soutenir sa politique, pour qu’elle puisse être implantée en France", poursuit-il.

En un mois, Donald Trump a été rattrapé par des déclarations compromettant sa capacité à devenir chef d'État. Une vidéo dans laquelle il enchaîne les obscénités sur les femmes lui a desservi et a provoqué la désolidarisation de certains de ses proches. “Il parle comme on parle dans tous les vestiaires sportifs hommes. J’ai fait du sport en compétition, ce n'est pas mieux, le défend Georges Clément. Les hommes sont comme ça entre eux, point. Les gens qui s'offusquent de cela ne savent pas comment les mâles vivent, ou bien ils tombent de la dernière pluie", lâche ce dernier, avant de recentrer la discussion sur "Crooked Hillary" - "Hillary la corrompue" comme l'appellent les soutiens de Trump. "Elle a des suicides sur la conscience, sans parler du nombre de viols par son mari”, attaque Georges Clément. En France, comme aux États-Unis, les supporters des deux candidats, qu'ils puissent voter ou non le 8 novembre, ne semble pas décidés à baser leurs soutiens sur les programmes politiques.

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