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Présidentielle 2017 : zoom sur les attentes du monde agricole

REPORTAGE - Quels sont les attentes et les espoirs des agriculteurs à l'approche de la présidentielle ? Reportage à Thieulloy-l'Abbaye, dans la Somme.

Un agriculteur fauche les blés près de Tours (Illustration)
Un agriculteur fauche les blés près de Tours (Illustration)
Crédit : AFP / Guillaume Souvant
Présidentielle 2017 : zoom sur les attentes du monde agricole
04:01
3 minutes pour comprendre du 20 février 2017
03:47
Céline Landreau & Loïc Farge

Thieulloy-l'Abbaye se trouve à 30 kilomètres d'Amiens. Nous sommes dans la Ferme des quatre vents. Ici la journée commence dès 6 heures avec la traite de 170 vaches. Elle continue ensuite souvent dans les champs : 210 hectares de blé, colza, maïs ou betteraves. Un grand panneau affichant le message "La mort est dans le pré" trône au milieu des bâtiments. Une relique de la mobilisation de l'an dernier.

Faible prix du lait, mauvaises récoltes : 2016 a été difficile. Impossible de dégager du revenu. Romain Dubois et ses quatre associés ont dû puiser dans la trésorerie, les réserves de l'entreprise, pour se payer. "Il nous reste entre 800 et 1.000 euros par mois pour vivre. C'est les week-ends, c’est tout le temps quoi ! Ramené à l'heure, on est ridicule. Enfin de toute façon, on ne compte pas nos heures parce que sinon on le ferait pas", confie-t-il.

Ne plus vivre sous perfusion

À un kilomètre de là, Damien, lui, a choisi de s'éloigner du modèle conventionnel. Il s'est converti au bio et vend sa viande de bœuf à la ferme. Mais tous deux dressent le même constat. "Longtemps le revenu c'était les aides, ça veut dire qu’il y a quand même un souci majeur dans nos exploitations de rentabilité", dit l'un. "Arrêtons effectivement de donner ces aides à la production, à la trésorerie qui n’ont aucun sens, qui font pas avancer le monde agricole. Aujourd'hui on nous enfonce au lieu de nous dynamiser à nous donner des aides comme ça", réplique l'autre.

Ne plus vivre sous perfusion, c’est leur première revendication. Cela implique d’être compétitif. C'est très difficile selon eux, à cause des normes françaises. Installés depuis dix ans, Jean-Benoît et Romain les voient s’empiler. Des règles, qui instaurent à leurs yeux une concurrence déloyale. "On en a ras-le-bol de passer notre temps sur l'administratif, et de pas avoir les mêmes règles entre nous et nos voisins en Belgique ou en Allemagne", regrette le premier.

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"La viande de porc, on n’a pas le droit de la nourrir en France avec des farines animales. Mais vous allez dans les rayons de vos supermarchés, le porc qu’il y a c'est du porc allemand, nourri aux farines animales", dénonce le second, qui poursuit : "Si le ministre français ne veut pas qu’il y ait de farines animales en France, qu’il interdise la vente de viande nourrie aux farines animales, et là il nous laissera travailler !"

Aucun candidat ne les tente

On sent qu’ils en veulent aux responsables politiques. Ils suivent actuellement la campagne présidentielle avec beaucoup de distance. Ils répètent qu'ils ont toujours voté. Mais cette fois, aucun candidat ne les tente. "On n'écoute même plus leur parole, on est complètement désabusés. Les programmes agricoles moi je les ai pas lus. Et de toute façon, ça changera rien sur les cinq ans à venir", avoue l'un d'eux.

"Sur le Salon de l’agriculture, ils vont nous dire qu'on est formidable, qu’on travaille beaucoup, et que c’est la meilleure agriculture du monde et tout ça. Et puis derrière, dans les faits, que ce soit un côté ou de l’autre, on va nous mettre des contraintes sur notre travail quotidien et, quel que soit le président qui sera élu, on sera déçu de cette élection", dit un autre.

Leur message au futur locataire de l’Élysée est donc assez limpide. "S'il vous plait monsieur le Président ou madame la Présidente, laissez nous travailler ! Et arrêtez de nous mettre des normes administratives supplémentaires", clame Jean-Benoît.

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