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Présidentielle 2017 : pourquoi l'électorat d'Emmanuel Macron hésite encore

INTERVIEW - Selon une dernière étude, seuls 36% des Français ayant l'intention de voter pour le candidat de "En Marche !" sont certains de leur choix. Ils étaient 49% le 7 février.

Emmanuel Macron, le leader de "En Marche !"
Emmanuel Macron, le leader de "En Marche !"
Crédit : AFP / Soeren Stache
Léa Stassinet

Léger tassement dans les sondages mais surtout baisse dans la sûreté du vote de ses électeurs, la dynamique d'Emmanuel Macron est-elle en train de s'étioler ? Critiqué de toutes parts après ses propos sur la colonisation française qu'il a qualifiée de "crime contre l'humanité", le candidat de "En Marche !" doit aussi faire face à l'hésitation de son électorat. Selon une étude réalisée par l'Ifop-Fiducial réalisée pour Paris Match, iTélé et Sud Radio, seuls 36% de Français ayant l'intention de voter pour Emmanuel Macron se disent sûrs de leur choix, alors qu'ils étaient 49% le 7 février dernier

Si certains pensaient que l'affaire Fillon aurait pu lui être bénéfique, "la solidification de son électorat" ne s'opère pas, observe pour RTL.fr Jérôme Fourquet, le directeur du département Opinion de l'Ifop. "Il y a peut-être eu un tournant lors de son meeting à Lyon où beaucoup de commentateurs influents sont restés sur leur fin concernant le contenu programmatique", poursuit-il. Jérôme Fourquet estime également que ses thèmes de prédilection, à savoir les questions économiques et sociales ont moins leur place dans la campagne depuis quelques jours. "On parle davantage de terrorisme avec le démantèlement d'une cellule dans l'Hérault, mais aussi de sécurité avec ce qu'il se passe dans les banlieues. Et là-dessus, Emmanuel Macron est moins dans le cœur du débat". 

"Un électorat qui se constitue sous nos yeux"

Jérôme Fourquet évoque quatre raisons principales pour expliquer la faiblesse dans la sûreté du choix de ses électeurs. D'abord, elle s'explique par la nouveauté de son électorat. "Il n'a pas d'antériorité étant donné que c'est la première fois qu'Emmanuel Macron se présente à une élection. C'est un électorat qui se constitue sous nos yeux", estime le directeur du département Opinion de l'Ifop. Les partis traditionnels ont, eux, une histoire électorale beaucoup plus ancienne, et de fait, une fidélité beaucoup plus importante.

Autre élément lié à cette première explication, les électeurs d'Emmanuel Macron ne viennent pas de nulle part, ils ont eu des préférences politiques par le passé. "Le tour de force de Macron, qui est aussi sa faiblesse, c'est de parvenir à agréger des électeurs qui viennent d'horizons divers. Une partie provient du centre, une autre de la gauche et une dernière de la droite". Ce qui implique une homogénéité bien moins grande de son électorat. "Pour faire tenir tout ce monde-là ensemble, Emmanuel Macron s'en est tenu à des discours très généraux et n'est pas rentré dans le détail de son programme, pour ne pas créer de clivages, explique Jérôme Fourquet. Ces électeurs hétéroclites peuvent encore hésiter entre la tentation que représente Macron ou un vote plus classique, en revenant vers leur parti habituel". 

Un programme qui se fait attendre

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L'absence de programme (il devrait lever le voile le 2 mars, ndlr) serait également un facteur d'hésitation pour les possibles électeurs d'Emmanuel Macron, selon le sondeur. "S'il ne le dévoile pas, certains peuvent se demander si c'est parce qu'il n'est pas prêt. Il entretient une ambiguïté qui peut renforcer le doute", analyse Jérôme Fourquet. 

Enfin, la dimension du vote utile semble aussi entrer en compte dans la réflexion des personnes interrogées. "Des électeurs de gauche se sont par exemple ralliés à lui parce qu'ils pensent qu'il est le seul à pouvoir représenter une certaine gauche au second tour. D'autres peuvent nous dire : 'C'est celui qui m'intéresse parce qu'il sera le plus en capacité de rassembler face à Marine Le Pen'".

Mais cet argument ne tient que si le candidat d'"En Marche !" est effectivement qualifié pour le deuxième tour. "Or aujourd'hui, même s'il bénéficie d'une dynamique, il n'a pas fait le break avec François Fillon, par exemple. Donc on a une partie de ses électeurs qui le suivent un peu par calcul stratégique qui peuvent encore hésiter en se disant 'si François Fillon remonte et que je viens plutôt du centre-droit je parierai plutôt sur lui'". Même chose pour les électeurs de gauche, qui pourraient être tentés de rallier Benoît Hamon, si ce dernier fait une bonne campagne. "Tout un pan de l'électorat socialiste qui soutient Emmanuel Macron aujourd'hui pourrait ainsi revenir à son vote habituel en se disant que le vainqueur de la primaire a redonné des couleurs et de l'espoir à la gauche", conclut Jérôme Fourquet. 

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