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Présidentielle 2017 : pourquoi l'alliance entre Jadot et Hamon semble compromise

INTERVIEW - Si le candidat écologiste se rallie à Benoît Hamon, il ira contre la décision prise par son parti l'an dernier de ne plus s'associer au Parti socialiste.

Benoît Hamon et Yannick Jadot
Benoît Hamon et Yannick Jadot
Crédit : SIPA
Léa Stassinet

Benoît Hamon lui avait tendu la main dès le soir de sa victoire à la primaire de la gauche. "S'il existe des différences, les idées en partage sont si nombreuses. Jamais les forces de progrès ne perdent à se parler, à construire ensemble", avait-il déclaré, avant de proposer à Yannick Jadot, mais aussi à Jean-Luc Mélenchon de "construire une majorité gouvernementale sociale, économique et démocratique". 

Si le candidat de la France insoumise a dit a plusieurs reprises qu'il ne se retirerait pas, le doute subsiste à propos de la position de l'écologiste. Mardi 31 janvier, Yannick Jadot a passé plus d'une heure avec Benoît Hamon, dans une brasserie près de la tour Montparnasse, à quelques mètres du QG du désormais candidat socialiste à l'élection présidentielle.

Le directeur de campagne de Benoît Hamon, confiant, n'a pas hésité à parler de "point de départ", expliquant à Libération que les deux candidats allaient se revoir pour continuer un rapprochement qui devrait mener à une alliance. Mais tout n'est pas si simple.

Si l'alliance se concrétise, Hamon pourra bénéficier des 2 ou 3% de voix écologistes, décisives pour le qualifier au second tour

Daniel Boy

Pour Daniel Boy, directeur de recherche au Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences-Po), Benoît Hamon a tout intérêt à ce que Yannick Jadot le rejoigne. "Il pourrait ainsi bénéficier des 2 ou 3% de voix écologistes, qui seraient décisives pour le qualifier au second tour", estime le politologue joint par RTL.fr. Si le rassemblement était acté, cela poserait-il un problème aux électeurs socialistes ? "Au contraire", dit le spécialiste de l'écologie politique. "Même si la partie la plus à droite est moins 'écolo', ce choix sera bénéfique. On l'a vu dans le passé, lorsqu'il y a eu des alliances entre les Verts et le PS pour les législatives de 1997 ou en 2002, l'électorat a très bien répondu, en votant pour un candidat écologiste, dans les circonscriptions où le Parti socialiste avait laissé sa place aux Verts".

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Reste que si Benoît Hamon veut conclure cet accord au plus vite, il lui faudra faire des concessions. "Si Benoît Hamon est prêt à s’émanciper d’un Parti socialiste qui n’a jamais fait sa conversion écologiste, je militerai à ses côtés", avait expliqué dans un premier temps Yannick Jadot au lendemain de la victoire de Benoît Hamon, sur BFMTV. Il souhaite maintenant que le candidat socialiste s'engage sur la sortie du nucléaire mais pas seulement. Les deux hommes ne seraient pas d'accord sur une des règles de démocratie. "Les Verts demandent une représentation proportionnelle intégrale alors que Benoît Hamon en propose une partielle. C'est une vraie différence et un point incontournable pour les écologistes", affirme Daniel Boy. 

EELV ne voulait plus d'alliances avec le PS

Mais cette divergence ne serait pas le point le plus problématique. Yannick Jadot se retrouve confronté à un dilemme. L'an dernier, avant le congrès d'Europe Écologie-Les Verts, il avait été décidé qu'il n'y aurait plus d'alliances avec le PS. "Est-ce qu'ils peuvent tourner casaque en disant 'finalement', ce n'est pas le même PS ?", se demande le politologue. 

Il faut savoir que les Verts ont toujours présenté un candidat écologiste à la présidentielle depuis René Dumont en 1974. Pourquoi ? "Parce qu'ils pensaient que si ce n'était pas le cas, on ne parlerait pas d'écologie", explique Daniel Boy. Mais aujourd'hui, la donne a changé. Jean-Luc Mélenchon aborde le sujet dans son programme, Benoît Hamon encore davantage.

Yannick Jadot doit donc faire un choix. "Soit il continue de 'témoigner' dans l'élection avec un faible pourcentage, soit il choisit de rallier Benoît Hamon et, en cas de victoire, il assure plusieurs postes ministériels à son parti", estime Daniel Boy. Cette décision ne serait pas sans conséquences. Il faudrait également penser à une alliance pour les législatives. "Ce sera très difficile techniquement, sachant que les investitures sont quasiment déjà bouclées", ajoute le directeur de recherche du Cevipof. 

Quoi qu'il en soit, pour le politologue, "il faudrait que les dirigeants du parti songent à consulter les adhérents. Ils sont a minima obligés de faire un référendum interne, pour savoir si les quelque 6.000 adhérents écologistes sont d'accord avec ce retournement de posture, motivé par le fait qu'il ne s'agit plus du même partenaire et que le candidat socialiste est devenu 'écolo-compatible'". 

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