2 min de lecture Économie

Présidentielle 2017 : les conséquences du retour au franc prôné par Marine Le Pen

ÉDITO - Le Front national veut redonner à la France une souveraineté monétaire qu’il considère perdue. La Banque de France s'est penchée sur cette proposition.

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Christian Menanteau : quelles seraient les conséquences du retour au franc prôné par Marine Le Pen ? Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Christian Menanteau
Christian Menanteau et Loïc Farge

La Banque de France anticipe finalement des conséquences financières douloureuses pour nos entreprises, nos finances publiques et les contribuables. Le coût global du retour au franc serait proche de 650 milliards d'euros. Le chiffre surprend, mais c’est parce que l’on parle toujours de la dette publique alors qu’il y a aussi une forte dette privée. Pour la première, que l’on pourrait rembourser en franc dévalué de 20 à 30%, la note serait de 30 milliards d'euros par an.

Pour la seconde, avec nos entreprises qui portent un endettement équivalent à 265% de la production de richesse du pays, c'est plus grave encore : ils devront rembourser une dette alourdie avec des recettes dévaluées. Pour elles, le spectre d’une crise financières et sociale est évident.

Le FN considère que la Banque de France peut remplacer les marchés financiers. C’est techniquement possible. Il suffit pour faire de la dette "100% tricolore", et donc de revenir sur l’interdiction du financement du Trésor public par la Banque de France. Concrètement, il faut faire tourner à plein la planche à billets et créer de la monnaie, même sans lien avec les capacités économiques du pays.

Perspective d'une crise financière

Mais c’est à très haut risque. D'abord parce que nos 200 milliards d'emprunts annuels sont actuellement à 60% fournis par des étrangers. Ce serait donc la fin des financements internationaux. Ensuite parce que cette pratique se traduit toujours (l'Histoire le montre) par une hyperinflation qui rogne le pouvoir des salariés et dissout la valeur du patrimoine et de l’épargne.

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Enfin parce que les dévaluations massives, qui sont liées à cette pratique, augmentent le prix des importations. Or la France est un pays structurellement importateur, comme le prouve nos 50 milliards annuel de déficit commercial.

La perspective d'une crise financière est une hypothèse crédible. Elle est dans tous les scénarios des grands acteurs internationaux. La séquence est connue. La France a déjà procédé à 17 dévaluations durant le XXe siècle : une perte de crédit de la monnaie qui entraîne une forte hausse des taux d’intérêt, une charge de remboursement très lourde et, dans le pire des cas, la fermeture des marchés financiers.

L'Allemagne avant-guerre et l’Argentine il y a quinze ans ont connu cet enchaînement. Ces pays se sont profondément appauvris. Avec les conséquences que l’on connait.

Le bloc-notes

- Le Medef revient à la table de négociations sur l'Assurance-chômage. On ignore exactement sa stratégie.

- Décathlon a franchi la barre des 10 milliards de chiffre d'affaires en 2016.

La note du jour

13/20 à Transavia. La filiale low cost d'Air France-KLM est, pour la deuxième année consécutive, sacrée meilleure compagnie bas coûts d’Europe, selon le Flight report.

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