3 min de lecture Présidentielle 2017

Présidentielle 2017 : François Hollande s'avance-t-il trop en assurant que la phase de redressement est terminée ?

INTERVIEW - Le chef de l'État a estimé, lors du discours de clôture du colloque de la Fondation Jean-Jaurès, que l'heure de la redistribution était arrivée.

François Hollande au siège de l'entreprise Thalès, le 28 avril 2016
François Hollande au siège de l'entreprise Thalès, le 28 avril 2016
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

La dernière année du mandat de François Hollande a débuté sous le signe de la "redistribution", nouvel élément de langage dans l'escarcelle du chef de l'État qui se démène pour défendre avec l'aide de ses ministres, Stéphane Le Foll et les réunions "Hé oh la gauche!" en tête, le bilan de ces quatre années au pouvoir. Depuis début 2016, l'exécutif multiplie les coups de pouce à l'égard des cibles électorales historiquement favorables à la gauche : les fonctionnaires, dont le point d'indice a été dégelé, les enseignants, qui vont être, pour certains, augmentés de 800 euros par an ou encore les moins aisés, qui pourraient voir leurs impôts baisser en 2017.

Alors que des députés de droite, tels que Les Républicains Valérie Debord et Guillaume Larrivé, et le président du Modem, François Bayrou, sont montés au créneau pour dénoncer une politique clientéliste à l'aube de la campagne présidentielle, François Hollande s'est défendu mardi 3 mai lors de son discours de clôture du colloque de la Fondation Jean-Jaurès. Un discours aux allures de meeting de campagne présidentiel. Le chef de l'État a estimé qu'en 2012, il ne s'était "pas trompé sur le diagnostic". "J'avais prévenu les Français : il fallait redresser pour mieux redistribuer", avant d'assurer que la phase de redressement du pays est terminé.

Il faut avoir une croissance plus robuste avant de redistribuer

Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis Asset Management
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Certes, les indicateurs économiques vont dans le bon sens - le chômage a reculé de 1,7% en mars 2016, une baisse record depuis seize ans, la croissance a été revue à la hausse par l'Insee et le pouvoir d'achat des Français a bondi - mais François Hollande ne s'avance-t-il pas un peu quand il dit que le redressement est terminé ? Contacté par RTL.fr, Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis Asset Management, estime qu'"il est trop tôt" pour penser à la redistribution. "Il faut avoir une croissance plus robuste avant de redistribuer. Il faut que les prix progressent un peu plus vite et que les salaires augmentent plus rapidement. Nous ne sommes pas encore sortis de cette dynamique modeste, médiocre. Il faut consolider la situation actuelle et qu'elle prenne de l'ampleur." 

Par ailleurs, le contexte économique et social ne montre pas encore son meilleur visage. La baisse du chômage ne s'est toujours pas inscrite dans la durée (10,2% en 2016 et 10,1% en 2017, selon les prévisions de Bruxelles) et les oppositions autour de la loi Travail de Myriam El Khomri - Medef, Nuit Deboutfrondeurs socialistes - n'ont jamais été aussi grandes au moment où le texte est débattu à l'Assemblée nationale. 

La Commission européenne contredit les prévisions de Bercy

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En Europe aussi, la méfiance est de mise à l'égard de la politique économique de l'Hexagone. La Commission européenne de Bruxelles se montre bien plus pessimiste quant aux objectifs de réduction du déficit public. Alors que François Hollande prévoyait d'atteindre la limite autorisée par le traité de Maastricht et le Pacte de stabilité et de croissance (3%) à l'horizon 2017, la Commission contredit les chiffres avancés par les services de Bercy. Elle prédit que l'État aura un déficit de 3,4% du PIB en 2016 et 3,2% en 2017 quand la France espère situer son déficit à 2,7% en 2017. De son côté, le seul commissaire européen français, Pierre Moscovici, ancien ministre de l'Économie et des Finances de François Hollande, a encouragé le chef de l'État à poursuivre les réformes et à ne rien lâcher sur la loi Travail. "Le déficit budgétaire de la France devrait pouvoir passer en dessous de 3% en 2017. La France a impérativement besoin d’une réforme du marché du travail, indispensable pour faire reculer le chômage à moyen terme."

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