4 min de lecture Présidentielle 2017

Présidentielle 2017 : Fillon, Hamon, Mélenchon... et si tout pouvait changer ?

Adeline François, dans sa revue de presse du 12 avril 2017, analyse les rebondissements qui pourraient survenir dans la campagne présidentielle.

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Présidentielle 2017 : Fillon, Hamon, Mélenchon... et si tout pouvait changer ? Crédit Image : SIPA | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

Avec des si, on se projetterait au soir du 7 mai. Et si... et si Jean-Luc Mélenchon devenait président ? Cela donne deux unes diamétralement opposées au matin du 12 avril. D'abord, celle de L'Humanité : "Mélenchon, la dynamique qui peut tout changer", puis celle du Figaro : "Mélenchon, le délirant projet du Chavez français". Le journal consacre pas moins de cinq pages au candidat de La France insoumise et à son programme à 270 milliards, avec notamment un édito intitulé "Maximilien Ilitch Mélenchon".

"Dans le panthéon personnel de Jean-Luc Mélenchon trônent en évidence des personnages peu engageants qui vont de Maximilien Robespierre à Hugo Chavez en passant bien sûr par Vladimir Ilitch Oulianov, plus connu sous le nom de Lénine". "Voilà qui situe son homme", écrit Paul-Henri du Limbert qui ajoute : "Il est assez navrant de constater qu'un homme au programme aussi grossièrement démagogique puisse s'attirer autant de sympathie." C'est à lire dans Le Figaro, tandis que Le Parisien-Aujourd'hui en France titre "Mélenchon, nouvelle cible de Fillon". Et donc du Figaro.

François Hollande dans la campagne

"Le Chef de l'État sort de son silence", titre ce matin la matinale du Monde : "Il  va, dans les jours qui viennent, multiplier les mises en garde contre le danger populiste." Avec d'abord une interview le 13 avril dans Le Point : il y déplore que les dynamiques de campagne aient pris le pas sur la raison et le fond et redoute un second tour Mélenchon-Le Pen. "Il y a un péril, dit-il, face aux simplifications et aux falsifications qui fait que l'on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte." Il juge le pari d'Emmanuel Macron audacieux : "Le politique a besoin de renouvellement". "Sans appeler à voter Macron, il semble en tout cas avoir fait une croix sur Benoît Hamon", écrit Solenn de Royer.
 
À moins d'une surprise. Et si... et si Benoît Hamon se désistait ? C'est la proposition très sérieuse d'un philosophe, Patrice Maniglier, dans une lettre ouverte publiée par Libération. "Nous savons tous, écrit-il, combien cette décision paraît invraisemblable, même a priori scandaleuse. Mais seuls les gestes qui trouent la vraisemblance ouvrent des espaces authentiquement politiques."

L'échec de François Fillon envisagé par la droite

Et si... et si François Fillon était éliminé au second tour ? Oui, l'hypothèse est sérieusement envisagée dans son propre camp. "Les sarkozystes préparent l'après-présidentielle", titre L'Opinion, qui révèle ce matin qu'un rendez-vous est programmé le 19 avril entre François Baroin, Laurent Wauquiez, Luc Chatel et Christian Estrosi. 

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L'ordre du jour, c'est de caler précisément le message qui sera délivré le soir du 23 avril en cas d'élimination du candidat Les Républicains. Une idée est en réflexion : demander à Macron, s'il est élu, de s'engager à nommer un Premier ministre issu du groupe parlementaire le plus nombreux à l'Assemblée nationale. Le Canard enchaîné, lui, croit savoir qu'un mot d'ordre salvateur a été trouvé pour cet entre-deux tours, pour éviter le fameux ni-ni. Ce sera "Pas une voix pour Le Pen", un slogan qui permet à l'électeur de voter pour Emmanuel Macron mais aussi de s'abstenir. 

Avec des si, ce serait l'autocratie

Il n' y a pas qu'en France que l'on scrute les élections à venir : la Turquie vote dimanche, c'est la une de L'Express cette semaine. Recep Tayyip Erdogan menace l'Europe, les risques de l'autocratie... "Les Turcs vont-ils accorder les pleins-pouvoirs à leur président ?", se demande l'hebdomadaire. Les Échos, de son côté, titre "La Dernière marche d'Erdogan vers le pouvoir absolu".
 
Ce qu'il faut lire à propos du référendum turc, c'est le formidable reportage d'Emmanuel Carrère pour La Revue XXI, dont le numéro de printemps paraît au matin du 12 avril. L'écrivain est allé à Istanbul pour y rencontrer non pas les opposants au président mais ses partisans, cette moitié de la population qui approuve de grand cœur tout ce qui fait peur à l'autre. Des médecins, des ouvriers, des chauffeurs. L'un se souvient de l'élection d'Erdogan à la mairie d'istanbul : "Avant lui on ne pouvait prendre qu'une douche tous les deux jours, il avait promis l'eau courante pour tout le monde et il a tenu sa promesse."

Emmanuel Carrère a du mal à comprendre : "Ils m’ont paru plus convaincus que convaincants, même si je suis facilement de l’avis du dernier qui a parlé", écrit-il avant d'ajouter : "Ce qui me frappe, c’est à quel point la situation du pays tout entier dépend aux yeux de tous d’un seul homme, qu’on l’aime ou pas. Le grand homme et le destin du pays c’est Erdogan, lui seul. Le mythe du sauveur a ses limites, elles sont à l’œuvre en Turquie, pays asphyxié." "Les petits soldats d’Erdogan", par Emmanuel Carrère, est à lire dans la revue 21. 

On termine avec des lacets ?

Des ingénieurs en mécanique de l'université de Berkeley en Californie viennent de percer l'un des plus grands mystères de la société moderne. Ils publient leurs travaux dans une revue scientifique reprise le 12 avril par Lepoint.fr : pourquoi les lacets de nos chaussures se défont-ils quand nous marchons ? Comment peuvent-ils se dénouer en quelques fractions de secondes, souvent sans aucun signe annonciateur ?  Les trois ingénieurs ont identifié deux forces distinctes responsables du "délaçage". Pour commencer, le choc du pied avec le sol a pour effet de détendre le nœud. Puis, le balancement de la jambe fait glisser la boucle. 

Le tout agissant "comme une main invisible, desserrant le nœud et ensuite tirant sur les extrémités de vos lacets jusqu'à ce que tout se déroule", le pire étant qu'il n'existe aucune technique infaillible pour éviter le délaçage... sauf une : il ne se passera rien si vous ne vous ne déplacez pas. Finalement, il en va des lacets comme de l'abstention.

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