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Présidentielle 2017 : comment Macron veut exonérer les Français de la taxe d'habitation

ÉCLAIRAGE - Le candidat à la présidentielle veut faire en sorte que 80% des ménages ne paient plus cette taxe en 2020.

Emmanuel Macron à Paris, le 22 mars 2017
Emmanuel Macron à Paris, le 22 mars 2017
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Julien Absalon
Julien Absalon

C'est peut-être devenu la mesure phare de son programme. Afin de soulager les classes populaires et moyennes, Emmanuel Macron s'est engagé à exonérer 80% des ménages français de la taxe d'habitation. Une proposition qu'il est allé défendre mercredi 22 mars devant l'association des maires de France qui craignent une déperdition importante dans leurs budgets.

À payer chaque année par les propriétaires et les locataires pour leur résidence principale au 1er janvier, son montant est déterminé par la valeur locative brute du lieu imposé (base nette d'imposition) et par un taux multiplicateur décidé par la collectivité locale.

En 2016, un palmarès établi par Le Figaro montrait que le prix de cette taxe avait grimpé de 1% en moyenne. Une hausse sans doute censée combler un manque à gagner au sein des collectivités locales, privées par l'État de deux milliards d'euros de dotations. C'est dans les Hauts-de-France que les taux étaient les plus forts, avec des communes appliquant un taux supérieur à 50%. C'est en revanche dans le sud de la France que les foyers étaient les plus épargnés, avec des coefficients sous le seuil des 10%.

Quel est le plan de Macron ?

Dans son programme, consultable sur le site Internet de son mouvement "En Marche !", Emmanuel Macron donne un calendrier pour sa mesure. Ce n'est seulement qu'à partir de 2020 qu'il promet à 4 Français sur 5 de ne plus payer la taxe d'habitation. Avant cela, à partir de 2018, il prévoit simplement d'alléger "sensiblement" le montant à payer.

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Concrètement, lorsque l'exonération sera effective pour la majorité des Français, un couple avec deux enfants n'aura plus cette charge fiscale à régler tant que son revenu sera inférieur à 5.000 euros par mois. "Le seuil sera fixé à 20.000 euros par an par part fiscale", précise un communiqué. Pour justifier sa proposition, Emmanuel Macron évoque un "impôt injuste" pour 80% des ménages. "On paye souvent beaucoup plus quand on vient dans une commune populaire, que dans une commune riche", explique-t-il. 

Quel financement ?

D'après le chiffrage de l'ancien ministre de l'Économie, une telle mesure coûtera chaque année 10 milliards d'euros à l'État car c'est lui qui "paiera la taxe d'habitation en lieu et place des ménages". Avec cette prise en charge, les collectivités territoriales sont en principe assurées de ne pas perdre le moindre euro dans cette opération.

Une mesure qui irrite les maires

Si cette proposition pourrait donc intéresser bon nombre de Français, elle ne fait absolument pas rêver les élus locaux qui craignent malgré tout de perdre de l'argent en plus de leur autonomie fiscale. L'association des maires de France dénonce ainsi une mesure "démagogique", "non financée par l'État" et "attentatoire aux libertés locales". Son président François Baroin et son vice-président délégué André Laignel estiment que "42% des Français" bénéficient déjà de "nombreux dispositifs d’allègements, de dégrèvements, d’exonération ou de plafonnement" de la taxe d'habitation. Ils estiment en outre qu'il s'agit d'une remise en cause de leur "libre administration".

Cette fronde concernant non seulement des petites villes mais aussi les plus grandes. "L'État va nous enlever une partie de nos ressources propres. Ça sert à faire fonctionner des écoles, la cantine, les bibliothèques...", s'inquiète Françoise Gatel, maire UDI de Châteaugiron (Ille-et-Vilaine). Constat similaire chez Anne Hidalgo, édile socialiste de Paris, dénonçant un "marché de dupes" qui va aspirer les ressources de la capitale : "Pour une ville comme Paris, la taxe d'habitation, c'est 800 millions d'euros. Vous croyez vraiment que l'État va verser 800 millions d'euros alors qu'il me doit déjà ce que je verse en son nom, sans qu'il compense, sur l'aide pour les personnes âgées pour la perte d'autonomie et au titre du RSA ?"

Face aux maires de France, lors d'une audition à la Maison de la Radio dans le XVIe arrondissement de Paris, Emmanuel Macron a tenté de rassurer. Ce qui lui a valu des sifflets de l'assistance.

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