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Présidentielle 2017 : comment Hamon et Mélenchon vont se livrer bataille

ÉCLAIRAGE - Les deux candidats de gauche jouent gros ce week-end à Paris, à la veille du premier débat diffusé sur TF1.

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon
Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon
Crédit : AFP
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier

C'est l'une des données de cette élection présidentielle. À un peu plus d'un mois du premier tour d'un scrutin imprévisible, la gauche est scindée en trois blocs. Outre Emmanuel Macron, qui est parvenu à trouver son espace après la disparition de Manuel Valls du jeu politique, Benoît Hamon, vainqueur de la primaire de la Belle Alliance populaire, se partage l'électorat de gauche avec le charismatique leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Cette semaine, dans une ultime tentative de déstabilisation restée lettre morte, Arnaud Montebourg, comme Yannick Jadot avant lui, a bien essayé de lancer un appel à la candidature unique à gauche. Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, lui a adressé en retour une fin de non-recevoir.

Les deux candidats de gauche n'ont pas fini d'en découdre. Samedi 18 et dimanche 19 mars, ils donnent rendez-vous à leurs partisans lors de rendez-vous qu'ils présentent chacun de leur côté comme une démonstration de force. L'un prononcera un discours en plein air à Bastille. L'autre tentera de remplir la prestigieuse salle parisienne de Bercy. Au-delà de la forme, l'enjeu dépasse cette élection présidentielle : il s'agit du leadership de la gauche dans le futur Hémicycle.

Bercy : le meeting de la dernière chance pour Benoît Hamon

La campagne de Benoît Hamon patine. Charge maintenant au socialiste de montrer qu'il fait partie de la cour des grands. À la veille du premier débat, qui réunira cinq candidats sur TF1 lundi 20 mars, Benoît Hamon a l'intention de montrer les muscles face au trio de tête composé de Marine Le Pen, Emmanuel Macron et François Fillon. En meeting à Bercy dimanche 19 mars, Benoît Hamon sort l'artillerie lourde. En coulisses, son équipe de campagne présente ce discours déterminant comme "notre Bourget", en référence au meeting fondateur de François Hollande du 22 janvier 2012. La communication est rodée. Les SMS et les messages vocaux affluent sur les portables des partisans, afin de faire salle comble.

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Invité des Petits-déjeuners de la présidentielle de RTL, vendredi 17 mars, Benoît Hamon a tenté de s'inscrire dans cette dynamique. La dernière ligne droite n'étant plus très loin, le socialiste a changé de braquet et tiré à boulets rouges sur tous ses adversaires. Mélenchon, Macron, Fillon... Ils en ont tous pris pour leur grade. Difficile pour autant de comparer l'atmosphère de ces deux meetings tant le Parti socialiste est divisé et voit filer petit à petit son aile droite vers Emmanuel Macron. Dans ses rangs, Benoît Hamon est en effet loin de faire l'unanimité. Les Échos ont publié une étude de la fondation Jean Jaurès montrant que, de tous les candidats, le socialiste est le plus mal aimé au sein de son propre camp : 48% des sympathisants PS l'apprécient vraiment. Alors qu'au Front de gauche, ils sont 80% à aimer Jean-Luc Mélenchon.

Ce n'est pas faute de tenter d'apporter des gages à ceux qui prennent la poudre d'escampette. L'apaisement du ton de son discours vis-à-vis du bilan de François Hollande et les quelques amendements apportés au cours de la campagne à son idée phare de revenu universel n'ont pour l'heure pas suffi à faire cesser l'hémorragie. Reste à savoir si l'inversion de la courbe se produira après Bercy.

Hologramme, Bastille... Mélenchon n'en finit plus de créer l'événement

La campagne électorale, le combat d'idées et l'amour des mots sont dans l'ADN de Jean-Luc Mélenchon. Une fois de plus, le leader de la France tente de le prouver avec cette nouvelle "démonstration de force" à Bastille. Cinq ans jour pour jour après son dernier meeting sur la célèbre place parisienne - le 18 mars 1871 est la date de l'insurrection du peuple et du début de la Commune de Paris - il veut montrer qu'il est le plus puissant sur le terrain. 100.000 partisans du Front de gauche l'avaient suivi dans sa "prise de la Bastille" en 2012, il n'en attend pas moins à l'occasion de cette "marche pour la VIe République" entre la place de la Bastille et la place de la République. Une fois encore, la bataille des images aura lieu.

Le leader de la France insoumise avait déjà déployé les grands moyens le 5 février à Lyon. Face à Marine Le Pen et Emmanuel Macron, présents le même week-end dans la Ville des lumières, il avait créé l'événement en se dédoublant grâce à la technologie de l'hologramme. Il apparaissait ainsi à la fois à Lyon, où il était présent physiquement, et Aubervilliers.

Un duel Hamon-Mélenchon entamé fin janvier

Cet épisode n'est que la poursuite d'une série entamée à la fin du mois de janvier, lorsque Benoît Hamon a remporté la primaire de la Belle Alliance populaire. En effet, pour maximiser les chances de la gauche à la présidentielle, le socialiste avait entamé des négociations avec Yannick Jadot, désormais ancien candidat Europe Écologie - Les Verts rallié depuis à Benoît Hamon, et promis au cours des différents débats de la primaire de discuter rassemblement avec Jean-Luc Mélenchon. "Je m'engage", disait-il, "si je suis choisi par les électeurs de gauche le 29 janvier, à faire en sorte que ce dialogue existe. S'il n'est pas conclusif, nous en prendrons acte, mais il doit exister."

Parti en campagne un an plus tôt, le tribun de la France insoumise n'avait aucunement l'intention de lui rendre la tâche facile. Pour ce pourfendeur de la politique de François Hollande, qui n'avait pas de mots assez durs pour qualifier la primaire de la BAP, il est inconcevable d'imaginer une future majorité de gauche avec ceux qui ont adoubé la loi Travail, à savoir Manuel Valls et Myriam El Khomri, deux personnages éminents du Parti socialiste étiquetés parti à la rose aux élections législatives de juin. Un rendez-vous téléphonique et un dîner plus tard, sans surprise, le rapprochement entre les deux candidats est mort-né.

Pour justifier un peu plus cette absence d'unité, ces derniers avaient par ailleurs déclaré leurs programmes incompatibles sur la question de l'Europe. "À cinquante jours du premier tour, il n’est pas possible de régler la différence qui par exemple nous sépare sur la question essentielle de l’Europe", avait détaillé Jean-Luc Mélenchon dans la foulée de son dîner parisien avec Benoît Hamon fin février.

Des intentions de vote loin d'être suffisantes pour entrevoir un second tour

Ce duel à distance est d'autant plus caractéristique que les sondages sont dans l’incapacité d'assurer clairement lequel, entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, se hissera devant l'autre au soir du premier tour. En effet, selon un sondage Ipsos Sopra Steria diffusé vendredi 17 mars, l'écart se resserre entre le candidat socialiste, qui perd 1,5 point en dix jours à 12,5%, et Jean-Luc Mélenchon, stable à 11,5%. Les espoirs de second tour sont pour le moment infimes. Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont en tête des intentions de vote respectivement avec 27% et 26% des voix.

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