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Présidentielle 2017 : comment expliquer la lourde défaite de Benoît Hamon

INTERVIEW - Le candidat n'a récolté que 6,35% des suffrages exprimés. Yves Sintomer, professeur de science politique à l'université Paris 8, revient pour "RTL.fr" sur les raisons d'un tel naufrage.

Benoît Hamon après la défaite historique du PS au premier tour de la présidentielle
Benoît Hamon après la défaite historique du PS au premier tour de la présidentielle
Crédit : Martin BUREAU / AFP
Philippe Peyre

"Cet échec est une profonde meurtrissure, je mesure la sanction historique, légitime, que vous avez exprimée envers le parti socialiste". À peine vingt minutes sont passées depuis la proclamation des premières estimations, dimanche 23 avril, que Benoît Hamon a déjà pris la parole pour reconnaître sa lourde défaite lors du premier tour de l'élection présidentielle, avant d'appeler à voter pour Emmanuel Macron

6,35%, c'est le score spectaculairement faible qu'a récolté le candidat socialiste. Un coup de massue pour celui qui n'était pas crédité de plus de 8% d'intentions de vote dans les derniers sondages publiés avant le premier tour. Pourtant, à la fin du mois de janvier, le vainqueur de la primaire a semblé avoir enfin une dynamique favorable pour mener la bataille du premier tour. Celui qui n'avait jamais encore pris le pas sur Jean-Luc Mélenchon s'est vu crédité de 15% et est passé devant le candidat de la France insoumise.

Que s'est-il passé pour Benoît Hamon entre le moment où il est sorti vainqueur de la primaire de la gauche et son écrasante défaite ? RTL.fr a fait le point sur ce qui a conduit à un tel naufrage avec Yves Sintomer, professeur en science politique à l'université Paris 8.

Mauvais départ après la primaire

Il est sorti grand vainqueur de la primaire dite de la Belle alliance populaire (BAP) à la fin du mois de janvier, plaçant les éléphants tels que Manuel Valls et Arnaud Montebourg sur le carreau. Au lendemain de cette nette victoire, la dynamique semblait se confirmer pour le candidat Hamon au regard des sondages. Seulement, il n'a pas profité de cet élan pour lancer véritablement sa campagne. "Benoît Hamon a perdu beaucoup de temps à négocier avec les Verts et Jean-Luc Mélenchon, a analysé Yves Sintomer. Dès lors, l'attention est restée focalisée sur ces tentatives d'accords". Au final, le candidat n'a réussi à conclure un accord qu'avec les Verts et le résultat ne s'est pas vraiment fait sentir.

Une posture "schizophrénique"

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En plus d'un mauvais départ, Benoît Hamon s'est confronté à un paradoxe entre son programme et le parti qu'il a représenté. "Il s'est trouvé en contradiction car son programme était relativement de gauche mais en décalage avec le Parti Socialiste, ce qui l'a placé dans une condition schizophrénique", a décrypter Yves Sintomer, aussi professeur invité à l'université de Harvard (États-Unis), pour RTL.fr.

L'appareil a préféré la défaite

Yves Sintomer

Dès lors, les défections des cadres du parti se sont enchaînées, plaçant le candidat dans une grande difficulté. "Le Parti socialiste n'a pas joué le jeu de le soutenir après la primaire, commente le professeur. Cela ne s'est pas limité simplement à Manuel Valls mais une très large partie du PS. Cela n'est pas sans rappeler la façon dont le Parti socialiste a torpillé la candidature de Ségolène Royal en 2007. Encore une fois, l'appareil a préféré la défaite".

L'adversaire Mélenchon

La lourde défaite de Benoît Hamon s'explique en partie aussi du fait qu'il a fait face à un adversaire de taille : Jean-Luc Mélenchon. Sans dire que son pacte de non agression passé avec le candidat de la France insoumise constitue la seule raison de son affaiblissement face à lui, il n'en demeure pas moins que cela l'a fragilisé. "Il ne pouvait pas d'un côté faire un pacte avec Jean-Luc Mélenchon et de l'autre faire applaudir le bilan du quinquennat de François Hollande dans ses meetings", juge Yves Sintomer.

Dans le même temps, Benoît Hamon a vu sa courbe s'affaisser durablement dans les sondages quand celle de Jean-Luc Mélenchon n'en finissait pas de croître. "Jean-Luc Mélenchon a fait une campagne excellente, estime le professeur en science politique. Quand le vote utile s'est tourné vers lui, cela a été totalement délétère pour Benoît Hamon".

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