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Présidentielle 2017 : comment Benoît Hamon tente de sauver sa campagne

En panne de soutiens, éclipsé par l'affaire Fillon, Benoît Hamon lance une offensive pour redonner un second souffle à sa candidature.

Benoît Hamon
Benoît Hamon
Léa Stassinet

Le 9 mars, ou le premier jour du reste de sa campagne. Cantonné à la 4ème place du 1er tour de l'élection présidentielle dans tous les sondages, un rassemblement qui peine à se concrétiser, une campagne de terrain passée presque inaperçue, occultée par l'affaire Fillon, Benoît Hamon estime qu'il est temps changer la donne. 

"Je n'en peux plus moi !", le candidat socialiste n'avait pas masqué son agacement lundi 6 mars, lors d'un déplacement en Corse. Celui qui souhaitait parler de son programme s'est retrouvé à devoir répondre à des questions sur les déboires de François Fillon. "À chaque fois que je veux parler de service public, on me ramène au feuilleton interminable de François Fillon et ses amis", a déploré le candidat. Une situation que dénonce son porte-parole Alexis Bachelay : "Le débat public est tiré vers le bas par ces semaines que nous passons à commenter des procédures judiciaires, les divisions d'une famille politique". 

Mais il n'y a pas que la droite qui est divisée. Depuis sa victoire à la primaire de la gauche, Benoît Hamon peine à rassembler son camp. Au sein du PS, beaucoup lui reprochent son accord avec l'écologiste Yannick Jadot, "totalement disproportionné", pour Jean-Marie Le Guen. "Il ne peut pas s'adresser simplement à 20% des Français qui, pour telle ou telle raison, sont sensibles à des thèmes d'une gauche radicalisée", avait ajouté le secrétaire d'État chargé de la Francophonie. 

Le projet du candidat socialiste ne séduit pas l'aile droite du parti. Certains membres du PS ont même déjà sauté le pas et se sont dirigés vers Emmanuel Macron. C'est le cas de Bertrand Delanoë, l'ancien maire de Paris qui a tout récemment apporté son soutien au candidat du mouvement "En marche !". Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone hésite encore entre les deux hommes, comme il l'a confié mardi 7 mars au journal Le Monde. "J'ai du mal à me reconnaître dans la campagne de Benoît Hamon", expliquait-il. 

Le camp Hamon en ordre de marche

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Alors pour inverser la tendance, le socialiste emploie les grands moyens. Il a commencé par rassembler ses troupes mercredi, selon Franceinfo. Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Yannick Jadot, la ministre Najat Vallaud-Belkacem, mais aussi Martine Aubry, en "conf call" depuis Lille avaient pour mission de préparer l'offensive à mener ces prochains jours. 

Ce 9 mars 2017 est censé marquer un tournant dans sa campagne. Benoît Hamon a ainsi choisi ce jour pour sortir son livre, intitulé Pour une génération qui vient. Et c'est au journal Le Monde qu'il a décidé d'en détailler le contenu, et notamment les grandes lignes de son projet européen. Et sa tournée médiatique ne fait que commencer puisqu'il sera ce soir l'invité de l'Émission politique, sur France 2. Un passage obligé pour le candidat à la présidentielle, qui lui donnera l'occasion de redonner un coup de projecteur sur ses propositions

Un revenu universel revu et corrigé

Il devrait notamment revenir sur plusieurs points sensibles de son programme comme le 49-3 citoyen, la sortie du nucléaire, et même le revenu universel, sa mesure phare. "Le dispositif va être revu", avait expliqué dans les Échos Julia Cagél'économiste présente au sein de l'équipe de Benoît Hamon. Une nouvelle mouture devrait donc être présentée aux téléspectateurs. 

Et puis c'est aussi ce 9 mars que Bernard Cazeneuve devait officialiser son soutien en faveur du candidat socialiste. Les deux hommes se sont entretenus pendant trois quarts d'heure au QG de Benoît Hamon. À la sortie, pas de soutien franc et massif de la part du Premier ministre mais son souhait de voir le candidat  "rassembler toute sa famille politique". "Cela signifie qu'il faut inscrire l'espérance qu'il incarne dans la continuité de ce qui a été fait de positif pendant ce quinquennat", a poursuivi Bernard Cazeneuve. 

Un seul mot d'ordre : rassembler

Le message semble avoir été entendu du côté de Laurence Rossignol. Invitée sur France 2 ce jeudi, la ministre des Familles a déclaré : "Le programme de Benoît Hamon se situe dans les valeurs de la gauche. Moi, parce que je suis de gauche, j'ai participé à ce gouvernement de gauche et parce que je suis de gauche, je soutiens la candidature de Benoît Hamon, je voterai Benoît Hamon au premier tour", a-t-elle martelé. La ministre s'est dite "désolée des ralliements à Emmanuel Macron et de voir Benoît Hamon qui n'arrive pas à renouer avec ceux qui n'ont pas voté pour lui à la primaire". 

Elle a d'ailleurs invité le socialiste à s'adresser à tout le parti, et le temps presse. Selon Le Figaro, l'aile droite du PS publiera vendredi 10 mars une tribune appelant à rallier Emmanuel Macron. Le document a été rédigé par deux élus socialistes, Gilles Savary et Christophe Caresche, qui ont affiché leur soutien au candidat du mouvement "En Marche !" et qui encouragent leurs collègues du pôle réformateur à faire de même. Mais que Benoît Hamon se rassure, plusieurs parlementaires ont affirmé qu'il ne la signeront pas.

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