4 min de lecture Présidentielle 2017

Présidentielle 2017 : ces 4 moments qui compliquent la campagne de Macron

ÉCLAIRAGE - Le candidat qualifié pour le second tour de la présidentielle doit faire face à un difficile entre-deux-tours.

Emmanuel Macron à Arras, le 27 avril 2017
Emmanuel Macron à Arras, le 27 avril 2017
JulienAbsalon1
Julien Absalon
Journaliste RTL

Du plomb dans l'aile. Le début de campagne de l'entre-deux-tours n'est pas sans répit pour Emmanuel Macron, confronté à une pluie de critiques et quelques couacs de communication. En meeting à Arras, mercredi 26 avril, il a prévenu qu'il n'allait pas laisser "un centimètre d'espace, pas une seconde de répit, pas une once d'énergie" à Marine Le Pen.

Reste que les Français semblent très partagés par ces trois premiers jours de campagne du leader du mouvement "En Marche !". Selon un sondage Harris Interactive, ils sont 61% à penser que Marine Le Pen réussit un meilleur début de campagne, tandis que 52% considèrent que celui de l'ancien ministre n'est pas à la hauteur. Si beaucoup lui reprochent notamment d'avoir célébré son score du premier tour au restaurant parisien La Rotonde, il y a des chances pour que les images de son déplacement mouvementé à Whirlpool marquent aussi certains esprits de façon négative. Ces deux événements font partie des quatre moments qui illustrent le redémarrage compliqué d'Emmanuel Macron.

Le discours du premier tour

Les faits. Au soir du dimanche 23 avril, peu après 22 heures, Emmanuel Macron prend la parole devant ses partisans à la Porte de Versailles (Paris). Il dit "merci" aux 8,6 millions d'électeurs français qui lui ont fait confiance, pendant que ses militants scandent "Macron président" ou alors le prénom de sa femme "Brigitte !". Le candidat axe grandement son discours sur sa victoire. "Le sentiment profond, organique, millénaire, qui a toujours porté notre peuple, l'engagement pour la patrie, l'énergie pour l'intérêt collectif, au-delà des divisions, l'ont emporté ce soir", lance-t-il, notamment.

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Les conséquences. Emmanuel Macron a été critiqué, en premier lieu par François Hollande, pour ne pas avoir clairement mis le cap sur le barrage contre le Front national comme avait pu le faire Jacques Chirac en 2002. Dès le lundi suivant, le chef de l'État lance son avertissement sur le fait de ne pas se voir élu avant l'heure : "Rien n'est fait. (...) Je pense qu'il convient d'être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n'est fait parce qu'un vote ça se mérite, ça se conquiert, ça se justifie, ça se porte". Interrogé sur la question en début d'interview, sur le plateau de France 2, Emmanuel Macron a dû s'expliquer : "Dimanche soir, j'étais heureux d'être en tête de ce premier tour, ce qui me semble légitime, normal et sincère (...) Je ne peux pas m'en réjouir mais je suis devant Marine Le Pen et je veux consolider cette avance".

La soirée à la Rotonde

Les faits. Au soir du premier tour, après son discours, le candidat se rend dans une brasserie du sud de Paris, La Rotonde, pour célébrer sa qualification. Il se trouve avec son équipe de campagne et plusieurs personnalités telles que des artistes. Jacques Attali, François Berléand, Stéphane Bern, Daniel Cohn-Bendit, Erik Orsenna ou encore l'actrice Line Renaud faisaient partie des personnalités au rendez-vous.

Les conséquences. Rapidement, ce déplacement est comparé à la fête que Nicolas Sarkozy avait organisée en 2007 au très chic Fouquet's, un restaurant du VIIIe arrondissement de la capitale. Au sortir de la soirée, Emmanuel Macron répond une première fois aux critiques : "Si vous n'avez pas compris que c'était mon plaisir, ce soir, d'inviter mes secrétaires, mes officiers de sécurité, les politiques, les écrivains, les femmes et les hommes qui, depuis le début, m'accompagnent, c'est que vous n'avez rien compris à la vie". L'ancien ministre doit néanmoins se justifier à plusieurs reprises dans ses interviews.

Le déplacement à Garches

Les faits. Mardi 25 avril, Emmanuel Macron se déplace à Garches (Hauts-de-Seine) pour s'exprimer sur le thème de la "prise en charge des patients en situation de handicap". L'un des porte-parole, Arnaud Leroy, veut clairement faire de cette sortie une réplique aux attaques répétées de Marine Le Pen : "La campagne reprend ses droits".

Les conséquences. Annoncé à la dernière minute, le déplacement subi un couac d'organisation : faute d'accord de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, aucun journaliste ne peut le suivre au sein de l'établissement, comme prévu initialement par l'équipe de campagne. Résultat, sa visite de deux heures passe quelque peu inaperçue, les médias étant dans l'impossibilité de diffuser du son ou des images. Pour montrer qu'il est à la rencontre des Français, le candidat doit se contenter de séquences diffusées par ses équipes sur les réseaux sociaux.

La visite à Amiens

Les faits. Mercredi 26 avril, l'ancien conseiller de François Hollande se rend à la Chambre de commerce d'Amiens. Il y rencontre, dans une salle de réunion, une intersyndicale représentant les salariés de l'usine Whirlpool se trouvant à quelques encablures. Le site de construction de sèche-linges doit être fermé en juin prochain pour une délocalisation en Pologne : "Je suis venu pour voir les représentants des salariés comme je m'y étais engagé. Je suis venu ici à l’écoute des salariés pour parler de manière efficace pour accompagner de manière responsable et ne faire aucune démagogie".

Les conséquences. À la mi-journée, c'est le choc des images. Pendant que le candidat est filmé à la télévision en pleine discussion avec les délégués syndicaux, Marine Le Pen effectue une visite surprise d'une dizaine de minutes à l'usine Whirlpool. Elle prend des selfies avec eux et en profite pour s'en prendre à son rival : "J'ai trouvé que c'était une preuve de tellement de mépris à l'égard de ce que vivent les salariés de Whirlpool que j'ai décidé de sortir de mon comité stratégique et de venir vous voir". Des images de BFMTV montrent alors un contraste saisissant entre les deux atmosphères. Ni une ni deux, Emmanuel Macron dénonce une "utilisation politique" du conflit social et décide de se rendre sur place à son tour. Il est cependant accueilli de façon houleuse par les salariés et des militants frontistes. Il tente alors d'expliquer son projet et se refuse à promettre tout sauvetage d'emplois : "Je ne vais pas vous raconter des cracks".

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