2 min de lecture Présidentielle 2017

Présidentielle 2017 : Benoît Hamon ne lâchera pas son "futur désirable"

Dans un entretien au "Monde", le candidat socialiste à l'Élysée se veut l'antithèse d'une classe politique sombre et morose, toxique au débat et à l'avenir de la France.

Benoît Hamon, a gagné la primaire de la gauche
Benoît Hamon, a gagné la primaire de la gauche Crédit : Francois Mori/AP/SIPA
Ambre Deharo
Ambre Deharo

Benoît Hamon est en quelque sorte le Léon Blum de 2017. En avril 1936, ce dernier formait le premier gouvernement socialiste de la IIIème République. C'était l'époque du Front populaire, de la France qui apprend à prendre du plaisir,  de celle qui découvre les loisirs, et du travail qui rend "heureux". Une France dont semble directement se revendiquer le candidat socialiste à la présidentielle d'avril prochain. Dans une interview au journal Le Monde, parue le 4 février, Benoît Hamon semble avoir fait sienne la philosophie politique du gouvernement Blum. Mais 2017 oblige, le tout a été remanié et poli pour se vendre aujourd'hui sous le concept de "futur désirable". Il n'y a qu'à lire le candidat : "Ma réflexion est globale : changer le travail revient à changer la société", déclare-t-il ainsi dans les colonnes du quotidien.

"Quelle est la société que l'on veut organiser en dehors ou à côté du travail ? Je revendique aussi la société du temps libre, du temps libéré, qui nous invite à repenser l'épanouissement des individus en dehors du matérialisme, du consumérisme", explique le candidat. Bien sûr, il souligne que cette volonté politique s'inscrit dans une évolution des besoins, notamment sociaux, d'aujourd'hui, et la nécessité d'une "conversion écologique de l'économie", mais aussi du développement de secteurs porteurs tels la santé, le tout en anticipant ce qu'il appelle la "raréfaction" du travail. "Nous sommes attendus pour penser [ces] transformations". 

Garder le cap et rester positif

Si ces idées font écho mot pour mot, ou presque, à celles de sa campagne pour la primaire, Benoît Hamon ne compte pas les courber pour les adapter à la nécessité du jeu des alliances politiques. Mais il peut envisager de les faire évoluer. "Je ne changerai pas de cap", dit-il ainsi. "Mon projet peut être enrichi. Sur la question européenne par exemple, j'ai beaucoup insisté sur la question d'un traité de l'énergie". Mais cet enrichissement n'inclut pas de renier ses valeurs. "Je ferai ma campagne présidentielle librement. Dans le respect de ma famille politique, mais fort d'une légitimité, celle du peuple de gauche. Je ne serai pas un candidat ligoté", revendique-t-il. Pas de défense d'un bilan socialiste donc, pas de compromis. 

Je veux m'échapper de cette atmosphère toxique

Benoît Hamon
Partager la citation

Pas question non plus de laisser l'atmosphère politique et sociale se dégrader. La rassemblement "serein", il y croît, de même qu'à la gauche vivante, qu'à l'espoir d'un jour meilleur, et qu'à la politique fière. "Marine Le Pen se nourrit de la toxicité du débat politique", dénonce-t-il ainsi dans Le Monde. "Je veux m'échapper de cette atmosphère toxique (...) je veux me concentrer sur une vision moins sinistre de la politique", poursuit-il ainsi, attaquant par la même occasion ses principaux opposants à la présidentielle. "Les projets politiques de M. Fillon, comme de Mme Le Pen, sont sinistres car ils ne proposent finalement qu'une option négative, angoissée, anxiogène", lance-t-il. Et pour Benoît Hamon, le futur désirable, le "futur possible', ne comprend pas l'angoisse.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Présidentielle 2017 Benoît Hamon Parti socialiste
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants