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Présidentielle 2017 : Benoît Hamon, l'ancien ministre devenu frondeur

DU GOUVERNEMENT À LA CAMPAGNE (3/4) - D'abord soutiens du Président au sein du gouvernement, certains anciens ministres de François Hollande ont désormais leur carte à jouer en vue de la présidentielle de 2017.

François Hollande et Benoît Hamon, le 15 juillet 2014
François Hollande et Benoît Hamon, le 15 juillet 2014
Crédit : PATRICK KOVARIK / AFP
Marie-Pierre Haddad

Cinq mois après le début de l'ère Manuel Valls au sein du gouvernement, Benoît Hamon a décidé de quitter son poste de ministre de l'Éducation. C'est clairement ce qu'il l'a annoncé au Journal télévisé de France 2 : "Je ne participerai pas au nouveau gouvernement de Manuel Valls. Il aurait été incohérent, alors que j'ai exprimé un désaccord, que je reste au gouvernement". Avec ces mots, Benoît Hamon a ajouté son nom à la liste des départs marquants de l'exécutif, aux côtés d'Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti. 

Depuis son départ, le député des Yvelines continue d'afficher ses désaccords avec le gouvernement. L'ancien ministre signera même la motion de censure déposée contre ce dernier lors de l'utilisation du 49.3 pour la loi Travail. En mai 2016, il publie une tribune dans Libération intitulé "frondeur et socialiste". "Je suis socialiste. Député et ancien ministre. Je n'ai jamais revendiqué ni aimé l'étiquette médiatique de 'frondeur'. Mais aujourd'hui, au regard du sens qu'elle prend dans la Ve République, je l'assume", explique-t-il. 

Une candidature pour une VIe République

Après François de Rugy, Jean-Luc Benhamias, Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche, Benoît Hamon est le cinquième candidat à annoncer sa participation à la primaire de la gauche. Proche de l'aile gauche du parti, Benoît Hamon a su "garder un pied dans la jeunesse pour se construire une base de fidèles", raconte un député socialiste dans les colonnes de Libération. La préparation au pré-scrutin en vue de l'élection présidentielle de 2017 a débuté le 19 juillet dernier, "dans un restaurant parisien proche de l'Assemblée, raconte Le Journal du Dimanche. Devant une vingtaine de députés frondeurs, il a sondé la tablée et a fait part de sa détermination". Sentiment partagé par son entourage, qui assure dans le journal que "cette fois-ci, on ne veut pas laisser passer notre tour". L'ancien ministre a d'ailleurs prévu de s'adresser à ses sympathisants lors d'un rassemblement à Saint-Denis, les 27 et 28 août, baptisé "Rassemblement pour gagner 2017".

C'est donc au journal télévisé de France 2, là où il avait annoncé sa démission du gouvernement deux ans auparavant, que Benoît Hamon a déclaré : "Oui, je suis candidat à l'élection présidentielle et je participerai à la primaire organisée par le Parti socialiste. Les quinquennats se succèdent, les hommes providentiels aussi, mais les problèmes essentiels des Français restent sans solution (...) Ma conviction, c'est que le président de la République aujourd'hui, au regard de la déception qu'il a créée dans son propre camp, n'est plus dans cette situation, c'est trop tard, de créer cette relation de confiance avec les Français".

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Benoît Hamon souhaite revoir le modèle démocratique qu'il juge "en crise". "La Ve République, ce modèle démocratique, c'est une machine à trahir", juge-t-il tout en préconisant une sixième République. Parmi ses propositions, le candidat à la primaire de la gauche souhaite une reprise du "processus continu de réduction du temps de travail", ainsi qu'une mise en oeuvre d'un "revenu universel d'existence" et un développement des "formes alternatives d'entrepreneuriat".

Battre Arnaud Montebourg sur le terrain de la primaire

Candidat affiché, Benoît Hamon va devoir affronter les membres de son propre parti et notamment Arnaud Montebourg. La primaire de 2011 a laissé des séquelles chez le député socialiste qui ne souhaite pas voir se reproduire le même schéma : en s'alliant avec Martine Aubry, Benoît Hamon aurait laissé la voix libre à l'ancien ministre du Redressement productif, analyse Le Journal du Dimanche. "S'il reculait, ce serait un suicide politique", reconnaît l'un de ses proches. Arnaud Montebourg n'a pas caché ses intentions. Son retour, notamment marqué par l'ascension du Mont Beuvray, a laissé entrevoir son projet pour la présidentielle de 2017.

Mais selon un fidèle de l'ancien ministre de l'Éducation nationale, le député Régis Juanico, "pendant qu'Arnaud Montebourg était dans le privé, il fallait bien que quelqu'un mène le combat à l'Assemblée". Le député des Yvelines pourrait ainsi miser sur "sa fibre plus écologiste". Interrogé sur une possible alliance avec Arnaud Montebourg, Benoît Hamon répond que "dans un processus démocratique, il faut exprimer ses idées, et si demain il doit y avoir des rassemblements, pourquoi pas".

Dans Le Canard Enchaîné, les proches d'Arnaud Montebourg répliquent : "Benoît va faire le buzz 48 heures, Arnaud durant 48 semaines, jusqu'à la présidentielle". Mais le journal précise que les deux rivaux se sont rencontrés "pour se jauger" et pour "pactiser, bon gré, mal gré. 'Ils ont fait le constat qu'il y avait un espace à la gauche du PS', confie un député qui les fréquente. Face à Hollande, ils savent qu'il y a une place et une seule". 

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