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Présidentielle 2017 : "Avec Alain Juppé, c'est interdit de rire", analyse Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Les propositions économiques du maire de Bordeaux, candidat à la primaire de la droite, n'ont vraiment rien de "rock'n'roll".

Si Alain Juppé fait la part belle aux entreprises, créatrice d'emplois, l'ancien premier ministre reste profondément étatiste
Si Alain Juppé fait la part belle aux entreprises, créatrice d'emplois, l'ancien premier ministre reste profondément étatiste
Crédit : SIPA
Présidentielle 2017 : "Avec Alain Juppé, c'est interdit de rire", analyse Alba Ventura
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Présidentielle 2017 : "Avec Alain Juppé, c'est interdit de rire", analyse Alba Ventura
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Alba Ventura & Loïc Farge

Après ses livres sur un État fort et sur l'école, Alain Juppé présente son programme économique. C'est un programme économique de droite. Il n'est pas audacieux. L'ancien premier ministre n'est pas un libéral échevelé. Ce n'est pas le Juppé de 1995 qui voulait en finir avec les régimes spéciaux. D'ailleurs dans le sondage Odoxa publié ce jeudi (12 mai), si les mesures qu'il avance sont plutôt bien appréciées, elles ne sont pas jugées suffisantes pour redresser l'économie pour 54% des Français.

Son programme n'est pas révolutionnaire, même si la pilule peut paraître amère pour certains sur la suppression de l'ISF ou la retraite à 65 ans. Et même si réduire le nombre de fonctionnaires de 250.000 ou faire 85 milliards d'euros d'économie c'est beaucoup. Pour le reste, ce sont des mesures qui sont sur la table depuis dix ans. Des mesures qu'un Emmanuel Macron pourrait signer des deux mains, sur la baisse des charges pour les entreprises, sur la durée du travail jusqu'à 39 heures, sur la facilitation des conditions de licenciements, sur le plafonnement des minimas sociaux ou sur la dégressivité des allocations chômage.
Si Alain Juppé fait la part belle aux entreprises, créatrice d'emplois, il reste profondément étatiste. La puissance publique reste un pilier pour lui. À la lecture de ces propositions, on n'a pas l'impression que souffle un vent ultra-libéral, ni même ultra-original. Ce n'est pas pétillant, ce n'est pas pep's, ce n'est pas sexy, "ce n'est pas rock'n'roll" (comme il le dit lui même). Mais c'est lui.

Ni emballement, ni espoir inutile

Alain Juppé, c'est sérieux jusqu'à l'austère. Avec lui, on n'est pas là pour "rigoler". Juppé c'est même interdit de rire. Pour lui, on ne fait pas de l'économie à coup de slogans, de grandes déclarations ou de surenchère. Par exemple, il ne promet pas de baisse d'impôts pour les particuliers. Son raisonnement c'est que l'État du pays ne permet pas de faire cette promesse. Il va même jusqu'à prévoir une hausse de la TVA.

Il y a chez lui l'idée qu'à plus 70 ans, quand on ne postule que pour un seul mandat, il ne faut pas s'inventer des emballements, il ne faut pas créer d'espoir inutile. Cela ne fait pas rêver. Parce que le sérieux ne fait pas rêver, surtout quand il est synonyme de "prudence". Est-ce que cette prudence va se traduire en cohérence et en équilibre aux yeux des électeurs de droite et des Français. Cela sera-t-il suffisant ?

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